Les actualités - Le Vendredi 25 Mai 2012

Cinq guérisons "remarquables" reconnues à Lourdes

Par Communiqué
Canada
Samedi 6 Décembre 2008

Lourdes, le 03 décembre 2008 - (E.S.M.) - Voici un rapport réalisé en novembre 2008 par le Comité Médical International de Lourdes sur les guérisons de Lourdes enregistrées ces dernières années.

Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - A l'occasion de leur rencontre annuelle d'expertise, les membres du Comité Médical International de Lourdes (CMIL) ont retenu cinq guérisons spontanées qu'ils qualifient de « remarquables ». Liées à une démarche de prière à Lourdes, elles concernent quatre femmes et un homme, tous français, dont les dossiers jugés sérieux avaient été ouverts en première instance par le docteur Patrick Theillier, responsable sur place du Bureau Médical. Lors d'une conférence de presse dans les sanctuaires de Lourdes, ce 1er décembre 2008, le professeur Bernard Michel, président du CMIL et membre de l'Académie Nationale de Médecine, a présenté les témoignages de ces personnes guéries, soulignant sa volonté de « sortir du dilemme miracle-pas miracle, par trop dualiste ».


Photo CNS/Reuters

A ses côtés Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes et co-président du CMIL, ainsi que le docteur Theillier, ont explicité leur volonté commune de « libérer les guérisons » jusqu'ici prisonnières d'un processus de reconnaissance du miracle devenu caduc. Il y a vingt ans Mgr Henri Donze, et son coadjuteur Mgr Jean Sahuquet, les deux prédécesseurs de Mgr Perrier, avaient été à Rome pour alerter le pape et ses collaborateurs - les « miracles » étant en danger de disparition - sans obtenir aucun changement.

Les sept critères canoniques imposés pour la proclamation d'un miracle, élaborés d'abord pour les processus de canonisation, datent en effet du XVIIIème siècle… Ils ne peuvent plus être strictement appliqués, notamment celui disant que la personne guérie ne doit pas avoir été traitée durant sa maladie… Allait-on fermer le Bureau Médical de Lourdes, où pourtant cette année encore une soixantaine de cas de guérisons ont été signalés?

Sur plus de 7000 guérisons authentifiées à Lourdes depuis un siècle et demi, 67 seulement ont obtenu le label « miracle » décerné par l'autorité ecclésiastique du diocèse dont est originaire la personne guérie. Gênés, de plus, par le mot très galvaudé, quels évêques prendraient encore le risque de reconnaître le « miracle » selon les anciens critères? Affrontant la difficulté de front, l'évêque actuel en charge des Sanctuaires de Lourdes a audacieusement décidé d'une réforme, en 2006, après en avoir présenté les grandes lignes à la congrégation romaine pour la doctrine de la foi. Désormais les personnes dont la guérison a été constatée à Lourdes, et confirmée par le CMIL, peuvent, si elles le désirent, témoigner de cette « grâce survenue dans un contexte de foi et de prière ». Cette réforme porte ses premiers fruits en cette année du 150ème anniversaire des apparitions de la Vierge à Bernadette. « Les récits de Lourdes et ceux de l'Évangile ont des points communs », note Mgr Perrier, désireux de mettre en lumière le cheminement profond des personnes et non plus seulement les « cas » médicaux. Par exemple Madame B a abandonné son fauteuil roulant en 2004, après six pèlerinages à Lourdes. « La guérison redonne la santé, mais aussi la paix intérieure…, et elle ouvre à une vie spirituelle nouvelle », écrit-elle dans le document distribué à la presse, ajoutant que « le Christ passe dans nos vies comme au milieu des foules de l'Évangile: il continue à se laisser toucher ». (François Vayne)

Les guérisons de Lourdes, 5 observations remarquables

En 2006, une nouvelle manière d'envisager les guérisons de Lourdes a été établie. Ces nouvelles dispositions amènent à mieux appréhender la problématique « guérison-miracle » et à sortir du dilemme « miracle-pas miracle » par trop dualiste et ne correspondant pas à la réalité des faits relevés.

En outre, elles font mieux prendre conscience que les guérisons apparentes, corporelles, physiques, visibles, sont signes des innombrables guérisons intérieures et spirituelles, non visibles, que tout un chacun peut vivre.

En 2008, le Comité Médical International de Lourdes communique sur 5 guérisons par la voix de ses co-présidents.

LES INSTANCES MÉDICALES DE LOURDES

Dans le cadre d'un sanctuaire religieux comme celui de Lourdes, traditionnellement « terre de miracles », des pèlerins peuvent estimer avoir bénéficié d'une guérison exceptionnelle et souhaitent en témoigner.

LE BUREAU MÉDICAL

Le Bureau Médical de Lourdes a pour mission, conférée par l'évêque de Tarbes et Lourdes, de recevoir les témoignages des personnes se disant guéries par l'intercession de Notre-Dame de Lourdes, en vue de les authentifier.

Un peu d'histoire

En 1859, le professeur Vergez, agrégé à la faculté de médecine de Montpellier, est chargé du contrôle des guérisons. Sept guérisons sont ainsi homologuées avant 1862 et servent d'argument pour la reconnaissance des Apparitions par Monseigneur Laurence. En 1905, le pape Pie X demande de « soumettre à un procès régulier » les guérisons les plus spectaculaires. Le Bureau des constations médicales est constitué à cet effet.

Fonctionnement

L'expression « Bureau Médical » a deux sens. Elle désigne d'abord un local dans les Sanctuaires et des permanents, dont un médecin en exercice. Ce médecin, le docteur Patrick Theillier actuellement, reçoit les déclarations et commence un travail critique.

Si le cas paraît sérieux, le médecin organise un « Bureau Médical » proprement dit, c'est-à-dire une consultation à laquelle peuvent participer tous les médecins présents à Lourdes, quelles que soient leurs convictions religieuses.

Si le médecin de Lourdes et le Bureau Médical qu'il aura réuni portent un jugement favorable, le dossier est transmis au Comité Médical International de Lourdes.

LE COMITÉ MÉDICAL INTERNATIONAL DE LOURDES

Le Comité Médical International de Lourdes (C.M.I.L.). est constitué d'une vingtaine de membres, tous éminents dans leurs spécialités respectives, qui examinent les dossiers de guérisons spontanément déclarées au Bureau Médical. Ces déclarations de guérisons concernent des maux très divers, des plus bénins aux plus graves. Les membres du C.M.I.L. sont animés par l'exigence scientifique qui régit leurs pratiques, fidèles en cela au professeur Jean Bernard : « ce qui n'est pas scientifique n'est pas éthique ». Eux-mêmes croyants, ils ne mêlent cependant pas dans leurs débats science et foi. Ils rappellent que prononcer le mot "miracle", n'est pas de leur fait, mais de celui de l'évêque du diocèse où est enregistrée la guérison.

Les jugements et avis du C.M.I.L. sont rendus plus complexes au XXIe siècle par suite des avancées thérapeutiques efficaces, sinon curatrices. Il n'est pas une maladie grave qui ne soit, aujourd'hui, traitée par des thérapeutiques majeures (un cancer par la chimiothérapie).

Dès lors, les membres du C.M.I.L. sont souvent confrontés à l'interrogation suivante : dans une guérison déclarée à Lourdes, quel est l'effet de la thérapeutique, quelle est la place d'une éventuelle intervention surnaturelle ? Les membres du C.M.I.L. se refusent à ergoter sur les qualificatifs de guérison « exceptionnelle, inattendue, inexpliquée ou inexplicable en l'état actuel de la science ». Ils se fondent sur un dossier médical complet et considéré avant et après une guérison qui n'avait pas obtenu les meilleures thérapeutiques disponibles et dont les probabilités statistiques étaient extrêmement réduites.

Les membres du comité n'ignorent rien du fait psychosomatique dans la genèse autant que la guérison des maladies. Ils ne refusent pas pour autant de prendre en compte telle guérison, au motif qu'elle inclurait parmi ses causes un facteur psychosomatique. Ils n'ignorent pas non plus, que des guérisons spontanées de telle ou telle maladie sont possibles, comme en témoigne la littérature médicale internationale.

Ce comité existe depuis 1947. En 1954, Monseigneur Théas voulut qu'il prît une dimension internationale.

Fonctionnement

Le comité est présidé conjointement par l'évêque de Tarbes et Lourdes et par un de ses membres, désigné par l'évêque pour un mandat à durée déterminée, mais renouvelable. Le médecin de Lourdes assure le secrétariat du comité. Le comité juge du cas sur dossier. L'un ou plusieurs de ses membres sont chargés de l'étudier en profondeur, notamment en se renseignant sur tout ce que la littérature médicale mondiale a publié sur des sujets avoisinants. Les personnes chargées du dossier peuvent consulter des confrères extérieurs au comité. Ordinairement, la personne guérie n'est pas elle-même convoquée.

Le comité se réunit une fois par an, à l'automne. Il examine les dossiers en cours. Quand tous les éléments sont réunis (ce qui peut être fort long), par vote, le comité déclare ou refuse d'affirmer que cette guérison est inexpliquée, dans l'état actuel de la science. Une majorité des deux tiers est requise pour que le vote soit considéré comme affirmatif.

CINQ OBSERVATIONS REMARQUABLES

En novembre 2008, le Comité Médical International de Lourdes a fait le point sur les guérisons de Lourdes enregistrées ces dernières années.

Parmi celles-ci, il en a jugé 5 remarquables :

Madame A., actuellement âgée de 40 ans, a été reconnue atteinte de façon certaine d'une sclérose en plaques au mois d'avril 1993. Diagnostic formel confirmé par les examens habituels, y compris de radiologie. Malgré les traitements, l'évolution a été marquée par 13 poussées successives entre 1993 et 2004 avec aggravation importante durant la dernière année l'amenant à utiliser une chaise roulante. Le 20 mai 2004, lors d'un pèlerinage à Lourdes suscité par une amie, cette personne, au départ incroyante, a constaté subitement aux piscines la disparition de l'impotence de ses membres inférieurs et des autres symptômes. Depuis, elle n'a éprouvé aucune autre difficulté de santé. Les examens cliniques effectués par 2 fois par des membres du C.M.I.L. se sont révélés totalement asymptomatiques.

Madame B., actuellement âgée de 53 ans, a souffert depuis l'enfance d'une faiblesse musculaire des membres inférieurs, évoluant en asthénie majeure douloureuse, avec chutes. À 34 ans, elle est en fauteuil roulant. Un bilan hospitalier approfondi n'a pas conclu à une myopathie nettement caractérisée. Madame B. a effectué six pèlerinages à Lourdes. C'est au terme du sixième, en 2004, qu'elle a été définitivement guérie et a abandonné le fauteuil roulant.

Monsieur F., actuellement âgé de 62 ans, souffrait de lombalgies tenaces depuis février 1990 à l'âge de 44 ans, résistant au traitement médical se compliquant d'une sciatique gauche en 1991. En 1993, deux scanners mettent en évidence une hernie foraminale gauche L5-S1. Deux interventions en 1993 et 1997. Le patient continue à souffrir. Un scanner de 1997 évoque une fibrose post-opératoire. Devant l'intensité des algies, mise en place d'un site intrathécal pour injection locale de solumedrol et dérivé morphinique. Malheureusement, la symptomatologie douloureuse ne va pas changer. Le 12 avril 2002, après avoir souffert 5 ans, il ressent subitement, au cours d'un pèlerinage à Lourdes, une impression de bien-être. À partir de là, tout revient en ordre. Depuis lors, Monsieur F. mène une vie normale sans aucun traitement. En 2007, il a effectué seul le pèlerinage complet de Saint Jacques de Compostelle.

Madame M., 69 ans, souffrait en 1992 d'un lymphome malin avec atteinte plurale, traité par six cures de chimiothérapie. Dans le cours de l'évolution, une névralgie cervico brachiale et une paralysie occulo-motrice avaient manifesté une localisation méningée avec infiltration néoplasique du nerf optique, révélatrice d'une leucémie myéloblastique. En aplasie sous chimiothérapie, la malade a présenté un syndrome de détresse respiratoire aiguë nécessitant intubation et réanimation cardio-vasculaire. Après une démarche de prière à Lourdes, elle est sortie du coma et guérie définitivement à ce jour comme en attestent des contrôles médicaux aujourd'hui inutiles.

Madame P. est guérie à Lourdes le 15 août 2004, à l'âge de 47 ans, de séquelles algiques et fonctionnelles d'un traumatisme du rachis cervical survenu lors d'un accident de la voie publique, le 18 février 1983, à l'âge de 26 ans. Ce syndrome douloureux, non influencé par les traitements médicamenteux ou physiques reçus, évoluant depuis 21 ans et ayant motivé une invalidité professionnelle, a complètement disparu.

DEUX TÉMOIGNAGES DE PERSONNES GUÉRIES

Madame B.

En juin 2004, j'ai participé avec les malades, au pèlerinage organisé par mon diocèse, j'utilisais un fauteuil roulant pour tous mes déplacements extérieurs. C'était mon sixième pèlerinage. Le thème de cette année était « le Seigneur est mon rocher ».

Avant le départ, pendant le pèlerinage, puis au retour, un évangile s'est imposé à moi à quatre reprises, celui de la guérison de la femme hémorroïsse, dans l'évangile de Marc. (Marc 5, 25- 44)

À la quatrième rencontre avec cet évangile, le 5 juillet au matin, j'ai enfin réalisé qu'il y avait quelque chose à comprendre pour moi-même.

Pourquoi cette femme qui ne touche que la frange du manteau de Jésus était-elle guérie alors qu'il n'arrivait rien aux personnes qui entouraient Jésus et le pressaient de toute part ? J'ai relu plusieurs fois le texte et j'ai enfin compris de façon lumineuse, la foi de cette femme, son désir d'en finir avec la maladie, la souffrance physique et morale, l'exclusion... Sa foi en Jésus qui pouvait la guérir, sa confiance sans borne, lui ont donné l'audace de vaincre les difficultés, de s'approcher de Jésus, de toucher son manteau, c'est à dire de lui demander par ce geste, de la guérir.

Stupéfaite, j'ai réalisé que je rentrais pour la sixième fois de pèlerinage à Lourdes, et que je n'avais rien demandé pour moi-même. Chaque fois, j'avais prié pour les autres et demandé des forces spirituelles mais jamais je n'avais prié pour demander ma guérison physique. Je me suis immédiatement tournée vers Notre-Dame de Lourdes et je lui ai dit : « Tu vois je rentre de Lourdes et je n'ai jamais demandé ma guérison. Maintenant je suis prête, demande à ton Fils de me guérir, s'il le veut. »

J'ai terminé ma prière. Il ne s'est rien passé de particulier. Simplement je me suis levée, j'ai commencé ma journée, j'ai travaillé, marché, bougé..., sans m'arrêter de la journée. Je n'avais plus aucune fatigue, plus aucune douleur, j'avais retrouvé toutes mes forces. J'ai rangé mon fauteuil roulant et je ne n'ai plus jamais eu besoin de l'utiliser.

Cela s'est passé sans spectateur et sans bruit, mais en moi cela a été une joie inexprimable et un grand bouleversement. Je savais avec certitude que cette transformation immédiate était une réponse de Dieu à ma prière par l'intercession de Notre-Dame de Lourdes.

Depuis cet instant, avec Marie, mon cœur ne cesse de chanter « Magnificat ».

Quand Dieu guérit une personne, il ne guérit pas uniquement son corps malade, mais tout son être, physique, psychique, spirituel, qui subissait lui aussi les effets destructeurs de la maladie. La guérison redonne la santé, mais aussi la paix intérieure, une vie sociale normale, une vie relationnelle équilibrée..., et elle ouvre à une dimension spirituelle nouvelle.

Puis je me suis demandé pourquoi cela m'arrivait à moi. Il y a tant de malades à Lourdes et dans les évangiles et tous ne sont pas guéris. Cette guérison est un signe que Dieu a donné, qui est passé par moi, mais qui est pour tous les hommes.

Il y aura sans doute beaucoup encore à découvrir à travers ce signe et à la lecture de cet évangile.

Ce que je peux en dire :

- L'évangile n'est pas une lettre morte, on y rencontre le Christ vivant, présent, dans son humanité et dans sa divinité, qui s'adresse personnellement à chacun d'entre nous.

- Aujourd'hui le Christ est présent, il passe dans nos vies comme au milieu des foules de l'évangile, il continue à se laisser toucher et émouvoir.

- Dieu est un Dieu d'amour et de miséricorde. Dieu est tout puissant mais il attend notre consentement pour agir dans nos vies, et éventuellement sur notre corps. Il attend patiemment que nous lui exprimions nos demandes et nos souffrances, il ne fait rien contre notre volonté, il respecte notre liberté et notre cheminement.

- Nous avons tous besoin de guérison, ou nous en aurons besoin demain, car si nous ne sommes pas tous malades dans notre corps, tous nous rencontrons des difficultés, des peines, des adversités... Tous d'une manière ou d'une autre nous sommes des êtres blessés qui avons besoin de la miséricorde divine.

- La guérison physique est un signe visible, une résurrection partielle, pour nous rappeler l'autre résurrection, celle de l'âme. Cette guérison ne m'a pas rendue immortelle, mais elle me donne l'assurance que c'est la foi qui nous sauve.

- La foi et la prière, la confiance, l'abandon, touchent le cœur de Dieu. L'évangile, l'Eucharistie, les sacrements nous font toucher Dieu, ils nous le rendent réellement présent.

- Dieu seul sait pourquoi il guérit certains de leurs souffrances physiques, mais ce que je sais c'est que Dieu donne sa paix et son esprit en abondance à qui s'en remet totalement à lui dans la confiance.

- Que dire de la sainte Vierge ! Elle est ma mère et mon guide, celle qui me montre le Fils et me conduit à lui. Elle est celle par qui toute grâce arrive, celle qui a intercédé pour moi comme elle l'a fait pour les époux à Cana. Comme elle le fait pour chacun dès que nous nous en remettons à sa maternelle et affectueuse protection.

Madame P.

Suite à un accident de voiture, je souffrais depuis environ 25 ans d'une arthrose cervicale qui allait en s'aggravant. Elle me causait de violentes migraines, m'empêchait de dormir et m'obligeait à porter un collier de Thomas (cela ressemble à une minerve) fréquemment. J'étais inquiète pour mon avenir car je me voyais de plus en plus invalide.

En août 2004, je me trouvais en vacances dans les Pyrénées lorsque j'apprends que le pape Jean-Paul II doit venir à Lourdes le 15. J'étais une croyante très peu pratiquante pourtant je me sens à ce moment-là très fortement poussée à y aller avec ma famille. À la fin de la messe, le pape Jean-Paul II nous dit : « Je vous bénis tous » et là je suis parcourue d'un frisson d'émotion et de joie. Avant de repartir je vais à la source pour m'y mouiller.

Au matin, je suis étonnée de ne plus avoir mal et d'avoir passé une excellente nuit, puis je me rends compte que je n'ai plus aucune douleur et que mon cou a retrouvé toute sa liberté de mouvement ; je comprends alors que je me suis réveillée guérie… Ressentant l'évidence, je loue le Seigneur…

Quatre années se sont écoulées et ma guérison physique est toujours totale. Ma guérison spirituelle, quant à elle, ne fait que croître et s'affirmer. Ma foi et ma joie ne cessent de grandir et je m'épanouis dans la prière et l'eucharistie quotidiennes et les actions caritatives dans ma paroisse.

Regardant cette grâce avec recul je pense que la guérison physique est un signe fort mais qu'elle est peu en regard de la guérison du cœur : je me sens le devoir de témoigner des deux.

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RÉFLEXION APRÈS LE C.M.I.L.[/b]

La réunion du C.M.I.L. qui vient de se tenir a, pour la première fois, appliqué la réforme introduite en 2006. Dans les cinq cas qui lui ont été soumis et qui ont fait l'objet d'expertises approfondies, ayant pour but de confirmer ou d'invalider un premier constat de guérison, le comité a conclu qu'il s'agissait d'observations remarquables.

Incontestablement, ces personnes allaient mal, voire très mal : le dossier médical en témoigne. Non moins incontestablement, aujourd'hui, elles vont bien et rien n'indique que le mal puisse reprendre.

Ce changement d'état, qui fut soudain, est lié à Lourdes, le plus souvent lors d'un pèlerinage. Cet événement inattendu a changé la vie de ces personnes, à tous les plans, y compris dans leur foi, dans leurs engagements d'Église et dans le service des autres.

Voilà les faits. Chacun est libre, ensuite, de leur interprétation. Ils n'auront jamais une évidence contraignante.

N'oublions pas qu'un fait aussi remarquable que les Apparitions de Lourdes n'est pas un objet de foi sur lequel tous les catholiques devraient s'accorder. Monseigneur Laurence s'était contenté de dire que les fidèles étaient « fondés à croire » en leur authenticité.

Question

Pourquoi le C.M.I.L. n'invite-t-il pas l'évêque du diocèse où habite chacune de ces personnes à proclamer un « miracle » ?

Parce que l'application de certains des critères de Lambertini (voir page 12) est aujourd'hui presque toujours impossible : les diagnostics se prétendent rarement infaillibles ; tout malade a bénéficié d'un traitement ; une dimension psychique est toujours impliquée.

Et pendant ce temps-là, en 2008, soixante personnes se sont présentées au Bureau Médical, se déclarant guéries.

Jacques Perrier Évêque de Tarbes et Lourdes


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