« Ne tirez pas sur des gens innocents »
Mgr Antonios Aziz Mina a condamné la répression de l’armée égyptienne qui a tiré sur des gens innocents et utilisé la violence envers des manifestants pacifiques. L’évêque copte catholique de Gizeh, une ville importante près du Caire, a déclaré que chrétiens et musulmans étaient unis sur la Place Tahrir pour la défense des droits de l’homme. C’est pourquoi il a ajouté: « Les autorités n'ont pas le droit de tirer sur des gens pacifiques et l’utilisation de la violence contre eux n'est pas acceptable. Les autorités doivent expliquer leurs actions. »
Ces propos de l'évêque ont été recueillis hier, le 22 novembre, dans une entrevue accordée à l'Aide à l'Église en Détresse (AED) à la suite d’une dépêche rapportant qu'au moins 26 personnes avaient perdu la vie et des centaines d’autres avaient été blessées après trois jours d'affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre.
«…ils ne font pas de politique, ils demandent justice »
Des milliers de personnes ont envahi les rues craignant que le régime militaire, ayant pris le contrôle après la chute du président Hosni Moubarak en février, ne reste au pouvoir après le processus électoral qui doit débuter la semaine prochaine.
Puis, Mgr Aziz, qui s’exprimait depuis l’Égypte, a dit à l’AED : « L'armée n'a pas appris la leçon que plus ils tirent sur les gens, plus ils vont réagir. » Il a ensuite défendu les manifestants, en disant: « Les gens ont le droit de s'exprimer de cette façon. C’est la seule façon dont ils peuvent faire valoir leur point de vue. Les droits du peuple doivent être défendus. En manifestant, ils ne font pas de politique, ils demandent justice. »
Il a ajouté: « Les jeunes, qui ont commencé la révolution [qui a conduit à la chute du président Moubarak] ne font plus confiance à l'autorité, plus particulièrement aux militaires. Ils étaient remplis d'espoir au début de la révolution, mais plus maintenant. »
Les relations entre l'Église catholique et le régime ont régressé le mois dernier après qu’un membre du haut clergé ait accusé le gouvernement d'être impliqué dans les attaques contre les chrétiens lors de la manifestation au Caire qui a fait 25 morts et des centaines de blessés.
Chrétiens et musulmans ensemble sur la Place Tahrir
L'évêque a déclaré que le régime avait défié les manifestants dans leurs demandes d’être libérés des restrictions quant à leur pratique religieuse, surtout en ce qui concerne la législation draconienne pour la construction d'églises.
En septembre dernier, l'Union européenne des organisations de droits de l'homme a publié un rapport affirmant que près de 100 000 chrétiens d’Égypte avaient émigré depuis la chute du président Moubarak.
Mgr Aziz a affirmé que de nombreux musulmans s’étaient joints aux chrétiens pour s'opposer au style du régime de gouvernement : « Les chrétiens et les musulmans sont ensemble sur la place Tahrir aujourd'hui. Ils poursuivent le même but d’avoir un avenir meilleur. »
En attendant, les dirigeants militaires, le Conseil suprême des Forces armées (CSFA), est en pourparlers avec les dirigeants politiques au lendemain de la démission du cabinet civil, nommé par le régime militaire.
Les Frères musulmans, le mouvement religieux de la ligne dure, prennent également part aux pourparlers, eux qui sont considérés comme favoris pour les prochaines élections. Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, le chef du CSFA, a fait une déclaration indiquant que l’armée allait lâcher du leste, mais cela n’a visiblement pas suffi et les manifestations se poursuivent.
(NDRL.: Cet article a été réalisé par John Pontifex, AED Royaume-Uni, et adapter par Robert Lalonde, AED Canada.)












