Des jeunes JMJistes gonflés à bloc pour Jésus et l’Église!
Le 23 août dernier, j’ai eu le bonheur d’assister au retour d’une centaine de participants aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) âgés de 15 à 35 ans. Les cheveux en bataille et visiblement crevés, les jeunes sont néanmoins débarqués avec des visages pacifiés et des sourires joyeux. Pour une grande partie d’entre eux, ils venaient de vivre la célébration des premières fois: premières JMJ, premier voyage en avion, première fois en Espagne, en France et à Lourdes, premier rassemblement de cette envergure (près de 2 millions de jeunes), premier voyage sans parents… et pour plusieurs, première véritable rencontre avec le Seigneur. Je leur laisse la parole. Leurs témoignages sont éloquents.
Noémie, 16 ans: «Je suis une fille de routine, qui aime organiser les choses d’avance. Mais en pèlerinage, ce n’est pas comme ça que ça se passe. En arrivant au pèlerinage, je me suis rendu compte que le Seigneur m’avait donné une grâce en permettant que je ne sache absolument rien d’avance: pas plus l’heure des repas que les lieux que nous allions visiter. Je suis arrivée en Europe complètement confuse. Mais j’ai pu goûter que Dieu pourvoie. Je n’ai manqué de rien, il avait tout disposé sur la table, sans qu’on s’en rende compte. «Et puis notre groupe a fait escale à Lourdes; dans ma tête c’était comme dans un film. D’y mettre les pieds, de marcher sur tous ces miracles… Parce que tout autour du sanctuaire, les gens ont écrit des témoignages de miracles. De voir toutes leurs souffrances et tous les miracles… Puis, de voir tous ces gens présents qui y croyaient, pour moi ça été une source d’espérance! Ce pèlerinage-là m’a permis de cheminer. Il me donne l’espérance pour changer mon cœur de pierre en coeur de chair».

Marie
Marie, 19 ans: «Le premier jour de notre pèlerinage, à notre arrivée, j’étais malheureuse. J’étais fâchée parce que ça ne fonctionnait pas comme je voulais. J’aurais voulu prendre ma douche, me reposer après un long voyage, mais il fallait plutôt participer à une première rencontre. Je trouvais que le pèlerinage était mal organisé. J’avais le coeur dur. Mais justement, pendant le pèlerinage, on a souvent entendu une parole, une promesse que nous aurions un coeur de chair. Ça m’a touchée. «J’ai eu des moments de grâce où j’ai pu remercier le Seigneur de tout ce qu’il avait fait pour moi, surtout dans les semaines précédant mon départ; j’avais eu beaucoup de surprises. Plus concrètement, j’avais des broches et ça m’agaçait de partir avec ça pour le voyage. Eh bien, juste avant notre départ, on me les a retirées. «Un autre exemple: depuis quelques années, j’avais des troubles alimentaires. Un problème qui était contrôlé depuis un mois et demi seulement. J’avais quelques craintes de rechute pour le pèlerinage. Non seulement ça s’est bien passé, mais je n’y ai même pas pensé!».

Louis-Félix
Louis-Félix, 19 ans: «J’avais dit à mes collègues de travail que je partais en Espagne. Par contre, j’avais volontairement omis de préciser que c’était en pèlerinage. Ils ne savent pas tous que je suis chrétien. J’étais angoissé à l’idée que quelqu’un puisse mettre une photo de moi sur mon Facebook et que cette photo révèle le véritable but de mon voyage. J’avais peur qu’on me voie avec le t-shirt des JMJ avec la petite croix blanche. Je craignais que mes collègues me demandent “c’est quoi ça?”. «Durant le pèlerinage, j’ai pigé la parole du reniement de Pierre. J’ai réalisé que j’étais comme Pierre: Pierre avait été proche de Jésus, il avait vu Dieu agir dans sa vie, et au moment de témoigner, de dire qu’il Le connaissait, il s’est écrasé. Comme moi vis-à-vis mes collègues…«J’avais aussi peur de la chaleur de l’Espagne. C’est que moi, j’ai vraiment chaud l’été. J’ai été étonné d’avoir la grâce de l’accepter sans difficulté. Même si je devais attendre parfois 36 heures avant de prendre ma douche, je ne me sentais pas le besoin d’être malheureux à cause de ça».
Élisabeth, 20 ans: «Avant de partir en pèlerinage, j’avais en tête un garçon qui m’intéressait. Je m’étais dit que je prierais pour connaître la volonté du Seigneur à son sujet. Mais finalement, je n’ai pas pensé à lui une seule fois. C’est déjà une réponse… «À la fin du pèlerinage, j’étais déçue: je pensais que rien ne m’avait touchée. En partageant ma déception avec une autre fille du pèlerinage, elle m’a dit de réfléchir un peu, qu’il y avait certainement deschoses qui m’avaient touchée. C’est ce que j’ai fait. Je me suis rappelé que j’avais été vraiment rejointe par le témoignage d’une jeune à Bayonne, lors de la mission populaire (évangélisation de rue). Et puis la beauté et l’immensité d’une basilique de Saragosse m’ont aussi touchée. Et finalement, les miracles de Lourdes m’ont stupéfiée; j’y crois vraiment. «Un de nos responsables, Francesco, avait dit que si on fait la volonté de Dieu, Dieu va faire notre volonté. La veille du retour, j’avais une déception: celle de ne pas avoir acheté un petit cadeau pour mes parents et il ne restait plus de temps. J’ai alors confié mon problème au Seigneur et j’ai continué à suivre le groupe sans m’inquiéter. Au tout dernier moment, le Seigneur m’a exaucée: il y avait deux belles boutiques souvenirs où j’ai pu trouver ce que je voulais».

Élisabeth et Cassandra
Cassandra, 17 ans: «Lorsque j’ai commencé le pèlerinage, j’étais vraiment dans la mort. À l’aéroport, je ne connaissais pratiquement personne, le voyage promettait d’être long. Je me suis même promis de ne pas aller aux JMJ du Brésil. Ç’a commencé comme ça. Puis, il y a eu la première Eucharistie à Dax. À partir de ce moment-là, mon coeur a changé et mon pèlerinage a réellement commencé. Il y avait un prêtre qui m’a beaucoup frappée tellement il était beau à voir. Il regardait toute notre foule entassée et il était tellement dans l’Esprit Saint que je pouvais presque voir une auréole autour de sa tête. C’était vraiment touchant. Il dégageait quelque chose de puissant. J’ai compris qu’on pouvait avoir une relation intense avec le Seigneur, l’Esprit Saint. «La parole que j’ai pigée durant le pèlerinage est celle de Jean qui baptise dans l’eau, mais qui dit que celui qui vient derrière lui baptise dans l’Esprit Saint. Or, je chemine depuis trois ans et je me sens souvent dans le désert, parce qu’aucune parole ne me parle vraiment. J’ai lu et relu cette parole. Une chose m’a finalement frappée. Jean disait qu’il n’était même pas digne de dénouer la sandale de celui qui baptisait dans l’Esprit Saint. Ça m’a fait comprendre la grandeur du Seigneur et que je pouvais m’en remettre à lui. «C’est dans cet esprit que je suis entrée dans une chapelle et que j’y suis restée à genoux, à prier et à pleurer pendant au moins 20 minutes. J’avais un désir tellement fort en moi de m’abandonner au Seigneur, de juste m’en remettre à Lui pour toute mon histoire. Et le Seigneur a vraiment agi. À partir de ce moment-là, j’ai été dans la paix, comme jamais auparavant. C’était vraiment intense… «Ensuite, j’ai rencontré une Salvadorienne. Comme j’aime bien pratiquer mon espagnol, j’ai commencé à lui parler. J’ai fini par lui raconter des choses que je n’ai jamais dites à personne. Elle m’écoutait sans me juger. Lors de la rencontre avec Kiko (1), elle a répondu à l’appel de donner sa vie au Seigneur dans la vie religieuse. Lorsqu’elle est revenue, je suis allée la prendre dans mes bras pour la féliciter. Mais elle m’a surprise en me disant: “tu sais, Dieu existe…” C’est tellement ce que j’avais besoin d’entendre. Et venant d’elle, c’était encore plus fort puisqu’elle avait entendu mon histoire. Bref, le pèlerinage a été vraiment fort pour moi et c’est exactement ce dont j’avais besoin à ce moment-ci
de ma vie.»

Salvatore
Salvatore, 36 ans: «J’ai vécu deux moments forts pendant ce pèlerinage. Le premier, c’est à Lourdes. Je me suis demandé, en philosophe «Est-ce qu’on marche toujours deux fois sur la même terre? Et est-ce qu’on se baigne toujours deux fois dans la même eau?» Il y a 27 ans, j’étais allé à Lourdes avec ma famille. C’était à une période où notre famille vivait des tribulations. Et moi, j’ai beaucoup d’images négatives de mon père, encore aujourd’hui. «Mais cette image-là, celle de ce jour où mon père m’a pris la main et m’a amené me baigner dans une piscine à Lourdes, geste suivi de la bénédiction du prêtre, c’est une des rares images positives que j’ai de lui. C’était une image forte de sentir la main de mon père me guider. Je n’aurais jamais pensé me retrouver là-bas un jour. «Le deuxième événement s’est passé dans l’autobus. Chacun des pèlerins avait pigé une parole au début du pèlerinage. Puis, à tour de rôle, on devait venir expliquer comment Dieu nous parlait à travers elle. J’ai pigé Mt 28.16-20. C’est le dernier paragraphe de l’évangéliste, lors de la dernière convocation de Jésus. Il est dit que certains des 11 disciples doutaient. «Par contre, Jésus les envoie quand même dans le monde pour faire des disciples, baptiser, tout en promettant que Lui sera avec nous jusqu’à la fin du monde. Pour moi, c’était une confirmation d’un appel au sacerdoce, malgré mes doutes. Lors de la rencontre des jeunes avec Kiko Arguello(1), en Espagne, la veille de notre retour, j’ai pu confirmer cet appel».

Marie-Pierre
Marie-Pierre, 18 ans: «Je ne m’étais pas préparée au pèlerinage, j’avais manqué toutes les rencontres de préparation parce que je travaillais et que je voulais gagner de l’argent. Je n’avais encore rien demandé de particulier au Seigneur pour le pèlerinage. Je l’ai donc prié de m’éclairer pour savoir pourquoi je m’éloignais de Lui. Dans l’autobus, j’ai coupé la parole de la trahison de Judas. Je me suis rendu compte que j’étais un peu comme lui puisque j’avais plus confiance en l’argent qu’en Jésus. J’avais mis l’argent en premier, comme Judas. «Durant le pèlerinage, il y a eu la fête de Marie (L’Assomption). Le Seigneur lui a demandé de porter Jésus et elle a accepté sans hésiter. Ça m’a touchée et ça m’a amenée à voir que lorsque le Seigneur m’a appelée au pèlerinage, je m’étais fait des plans et que je n’avais pas envie d’être dérangée. Entre autres, j’ai des problèmes d’insomnie et j’avais peur que ce soit pire en voyage. Je ne mettais pas les priorités aux bonnes places. Et le Seigneur a exaucé ma prière du début, celle de m’éclairer pour savoir pourquoi je m’éloignais de Lui. Il m’a montré la source du problème».

Nelson et sa petite soeur
Nelson, 19 ans : «Quelque temps avant le pèlerinage, j’ai quitté la maison familiale, en colère
contre ma famille. Pour cette raison, je pensais que je ne méritais pas d’aller au pèlerinage. Mais, tranquillement, le Seigneur m’a montré qu’il avait préparé un pèlerinage pour moi. Alors que moi je voulais dormir, il y a eu beaucoup de témoignages dans mon autobus. Plusieurs d’entre eux m’ont touché. «Puis, quand ça été mon tour, la responsable, Donatella, m’a rappelé la phrase que mon père m’avait dite avant mon départ de la maison: je devais aimer ma famille et l’accepter comme elle est. Depuis, j’ai demandé au Seigneur de me donner cette grâce. «Puis, au début du pèlerinage, j’agissais comme un touriste: je prenais des photos tout le temps au lieu de prier. Mais le Seigneur a permis qu’on me demande de tenir une affiche à chaque déplacement. Je devais toujours être en avant, je ne pouvais plus prendre de photos. Je devais courir pour aller tenir cette pancarte. Mais c’est ce qui m’a fait sortir de cette attitude de touriste et m’a aidé à prier, puis à obéir. J’obéis difficilement à mes parents… mais le Seigneur m’apprend. «La dernière chose que je retiens, c’était mon questionnement sur ma vocation. J’ai demandé au Seigneur de m’éclairer pour savoir si c’était le sacerdoce ou le mariage. J’étais ouvert aux deux. Lors de l’appel vocationnel initié par Kiko Arguello, je n’ai pas senti l’appel au sacerdoce. Par contre, j’ai compris que si j’étais appelé à fonder une famille chrétienne, je n’avais pas besoin de courir après les filles, mais que le Seigneur m’indiquerait celle qu’il voulait pour moi».
1- Certains regroupements religieux profitent de l’occasion des JMJ pour rassembler leurs jeunes. C’était le cas de 300 000 jeunes qui ont participé à la rencontre avec les initiateurs du Chemin néocatéchuménal, Kiko, Carmen et Mario au lendemain de l’Eucharistie avec le pape. Lors de ce rassemblement, Kiko Arguello a demandé aux jeunes garçons qui se sentaient appelés à devenir prêtre -et ensuite aux jeunes filles à la vie religieuse- de le manifester en montant sur l’estrade. Pas moins de 5000 garçons et 3500 filles se sont levés pour répondre à cet appel. Une rivière de jeunes qui déferlait dans la hâte vers l’estrade, saisis par la grâce de l’appel! Un «spectacle» inoubliable pour les participants à la rencontre. Y compris pour les huit cardinaux et 70 évêques présents qui ont béni ces 8500 appelés.
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