Les actualités - Le Jeudi 24 Mai 2012

"Bébé-médicament" : évaluation requise avant approbation du projet de loi

 Gènéthique.org
Par Gènéthique.org
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Fevrier/20110222.2.asp
Mardi 22 Février 2011

Jean-René Binet, professeur de droit privé à l'université de Franche-Comté et membre de l'Institut universitaire de France, rappelle que la pratique du "bébé-médicament", autorisée à titre expérimental depuis 2004, nécessite d'être évaluée avant d'être pérennisée ainsi que le propose le projet de loi adopté par l’Assemblée nationale.


Photo Gènéthique

Cette pratique, revenue depuis quelques jours sous les feux de l'actualité (Cf. Synthèse de presse du 08/02/11) consiste à procéder à une fécondation in vitro (FIV) pour concevoir un enfant le plus compatible possible avec son frère aîné, atteint d'une maladie génétique. Le but est de permettre le prélèvement et la greffe de cellules souches de sang de cordon, susceptibles de le guérir. Cette conception médicalement assistée requiert la réalisation d'un double diagnostic préimplantatoire (double DPI) pour identifier les embryons indemnes de la maladie d'abord puis, parmi ceux-ci, sélectionner le plus compatible pour la greffe. Ce dernier est alors implanté dans l'utérus de la mère. La conception de cet enfant est donc, au moins en partie, "envisagée comme une perspective thérapeutique" au profit d'un premier enfant. De là vient la popularité de l'expression, inexacte, de "bébé-médicament" dont il convient d'interroger la légitimité.

La perspective d'une guérison de l'aîné étant directement liée à la conception délibérée d'un petit frère destiné à le guérir, cette pratique pose problème du point de vue de l'éthique et elle oblige "le législateur à rechercher l'équilibre entre des intérêts divergents". Il est nécessaire d'appliquer le principe de précaution et de s'interroger : "venu au monde dans de telles conditions, comment l'enfant vivra-t-il la révélation de ces informations ?"

Le premier enfant conçu par double DPI en France n’étant venu au monde que quelques jours avant le débat parlementaire sur le projet de loi relatif à la bioéthique, Jean-René Binet interroge : comment le législateur "peut-il être certain de son choix sans disposer des données que seule une évaluation aurait pu fournir ?" Alors que tout indique qu'il faudrait prendre le temps de la réflexion, ce choix n'est guère raisonnable.

Enfin, si la collecte du sang de cordon n'est pas assez développée actuellement, la France se donne pour objectif un fort accroissement du nombre de greffons stockés. Avec une plus grande diversité de greffons disponibles, ne peut-on espérer qu'une "réponse positive pourra être donnée à tout patient et finira par réduire à néant l'intérêt du recours à la pratique du double DPI ?"


Partager

Vos commentaires

Ajouter un commentaire


Votre nom complet :

Question mathématique : 5 + 5 =

Votre commentaire :


Identification des abonnés à La vie est belle! (Le NIC)
Vous ne connaissez pas La vie est belle!?

Si vous ne connaissez pas encore notre magazine, il nous fera plaisir de vous faire parvenir gratuitement la version électronique d'un de nos numéros pour que vous puissiez en prendre connaissance. Envoyez votre demande à: info@mlveb.com.

Et bonne lecture!

Les pensées de nos blogueurs

Articles les plus récents

- 768 : un chiffre qui fait rêver! par Sophie Bouchard


- Sélection des sexes en Angleterre! par Sophie Richard


- Le Courrier du Lecteur


Facebook

Quand j'étais petit je voulais...

Inscription au flux RSS
Bref, je suis catho

Pour rire un peu...


Le référenceur des

meilleurs sites catholiques francophones