"Nous manquons de tout"
Dans un message qu’il a fait parvenir à l’Aide à l’Église en Détresse (AED), le Nonce apostolique en Haïti, Mgr Bernardito Auza fait part de la détresse que vit présentement la population Haïtienne, ainsi que les ouvriers pastoraux : prêtres, religieux, religieuses et séminaristes. « Nous sommes dans de grandes difficultés pour des raisons évidentes de logistique. Nous n’avons pas de réserve d’eau et les stations-services sont fermées. » Selon Mgr Auza, le centre des opérations de secours pourrait être transféré aux Gonaïves (plus d’une centaine de km au nord de Port-au-Prince), parce qu’ « ici à Port-au-Prince, les choses sont difficiles. Nous manquons de tout! »
Le Nonce revient également sur la mort de celui qu’il nomme « le bon et le souriant » archevêque de Port-au-Prince, Mgr Joseph Serge Miot, mort alors qu’il aurait été, selon le Nonce, projeté du balcon où il se trouvait par la force du séisme. Il y attendait quelqu’un avant d’aller participer à une cérémonie. Il serait mort sur le coup.
« Il n’y a pas d’électricité, et par conséquent, nous avons décidé hier (mercredi 13 janvier), de transférer son corps à Saint-Marc, aux Gonaïves. J’ai suggéré de l’enterrer immédiatement, mais ici, avec la tradition, ce serait une insulte », indique le Nonce. Comme il l’a aussi indiqué à l’Agence Fides, « combien de prêtres et de religieux sont morts, alors que certains sont toujours [vivants] sous les décombres ». Même situation pour le Vicaire général et le Chancelier de Port-au-Prince, respectivement père Charles Benoit et le frère Chérie. « Le chancelier est définitivement mort, mais nous ne sommes pas sûrs à propos du père Benoit ». Il pourrait être toujours vivant sous les décombres de l’archevêché de quatre étages, « maintenant réduit à une pile de ciment. »
« La nuit dernière, j’ai visité le Séminaire Majeur, lequel est [maintenant] un amoncellement de béton, excepté pour un seul édifice. » Un membre de l’équipe du Séminaire a réussi à se sortir des décombres, trois ou quatre séminaristes manquent toujours à l’appel et la mort de neuf autres est confirmée ». Le Nonce indique qu’il essaie de « rassembler tous les prêtres, religieux et religieuses qui n’ont plus rien ».
« J’ai aussi visité des maisons et endroits pour voir, mais aussi exprimer la préoccupation du Saint-Père », écrit le Nonce. Benoît XVI a lancé un appel à la solidarité internationale, hier, lors de l’audience générale du mercredi, et a assuré de son soutien spirituel tous ceux qui souffrent, implorant « Dieu pour le soulagement de leurs souffrances ».
« Nous voulons donner la priorité à ceux qui sont encore enterrés sous les décombres. Pour l’instant (jeudi matin 14 janvier), aucune aide n’est arrivée par la voie des airs ». Mgr Auza rapporte que la tour de contrôle de l’aéroport s’est effondrée. « Un navire de guerre avec de l’aide devrait arriver dans peu de temps des États-Unis. Santo Domingo est notre porte sur le monde pour le moment. Tant de gens attendent à la frontière pour obtenir de l’aide! »
« Hier, quelques évêques ont été capables de venir à la Nonciature pour coordonner et prendre des décisions », concernant l’aide qu’ils apporteront. « Nous nous rencontrerons demain (vendredi 15 janvier), avec les responsables du service de secours catholique et la Caritas, à la Nonciature », indique enfin le Nonce.
Des photos qui parlent d’elles-mêmes
Par ailleurs, le père Maurice Piquard, religieux Montfortain qui œuvre à Port-au-Prince, nous a fait parvenir quelques images de la Chapelle de la Croix-Després et de l’œuvre Notre-Dame-de-Lourdes, un jardin d’enfant dont les religieux ont la responsabilité.

Dans la cour des religieux, des survivants attendent les secours.
Photo M.P.

Ce qu’il reste d’une école.
Photo M.P.

La dalle de béton qui servait de toit à la chapelle de la Croix-Després, s’est complètement effondrée.
Photo M.P.







