Les actualités - Le Samedi 11 Février 2012

Les mères porteuses : "une aliénation biologique"...

www.genethique.org
Lundi 11 Mai 2009

Le président de la république "fera une synthèse des propositions à l'été prochain" sur la révision des lois de bioéthique et notamment sur le sujet des mères porteuses, a déclaré Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille.

Alors que le Conseil d'Etat (CE) vient de se prononcer contre la légalisation des mères porteuses (cf. Synthèse de presse du 06/05/09), y opoosant des "objections très fortes" dont celle du "risque de marchandisation du corps humain", Nadine Morano a réitéré sa position en faveur de la légalisation de cette pratique.


La philosophe Elisabeth Badinter s'est dite "déçue" de l'avis du CE, alors que le gynécologue René Frydman l'a jugé "très sage". Pour lui "on ne peut pas mettre le petit doigt dans ce qui est de l'exploitation des femmes pour d'autres, parée de toutes les vertus de la générosité".

Enfin, la philosophe Sylviane Agacinski vient de publier le livre "Corps en miettes" (Flammarion), véritable réquisitoire contre les mères porteuses. "L'instrumentalisation du ventre féminin n'est rien d'autre qu'une forme grave d'aliénation qui ne peut trouver un alibi dans une finalité thérapeutique", écrit-elle. Elle dénonce le principe même de la location d'utérus qui porte atteinte à la dignité de la personne. Selon elle, l'industrie procréative instaure une forme inédite d'"aliénation biologique". Elle rappelle que c'est l'accouchement et non le projet, le contrat ou la volonté, qui font la mère.

Alors que les partisans de la gestation pour autrui (GPA) présentent cette pratique comme un acte généreux, Sylviane Agacinski explique que "la générosité est l'alibi du marché des ventres". "Nulle part la maternité pour autrui n'est autre chose qu'un commerce", souligne-t-elle.

Elle explique que "le marché des mères porteuses n'est pas régi par la liberté, mais par le besoin" et que l'on est en train d'inventer un nouveau métier : "la gestatrice".

Enfin, en ce qui concerne l'enfant, elle rappelle que, dans la GPA, on programme et légitime un abandon. "Cet enfant apprendra qu'il a fait l'objet d'un contrat. Comment le vivra-t-il?", s'interroge-t-elle.

Notons que selon un sondage du Figaro.fr, 64,4% des votants ne sont pas favorables à la légalisation porteuses.


http://www.genethique.org/revues/revues/2009/mai/20090511.2.asp


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