L’Inde va-t-elle se ré-enflammer?
Le meurtre d’un chrétien en Orissa, dans l’est de l’Inde, a ravivé la peur d’une autre vague de violence, et ralentit le retour à la maison des chrétiens déplacés lors des vagues de violences précédentes.
L’onde de choc a rapidement traversé le district de Kandhamal (Orissa), il y a deux semaines, avec la découverte du corps de Hrudyananda Nayak, 45 ans. Selon les informations, il était gravement défiguré et il y avait des taches de sang sur tout le corps.
Dans une entrevue accordée à l’Aide à l’Église en Détresse (AED), le père Madan Singh (porte-parole de l’Archevêque de Cuttack-Bhubaneswar, Mgr Raphael Cheenath), a indiqué que les chrétiens sont maintenant terrifiés par l’idée qu’une attaque ne soit de nouveau lancée contre eux. Plus de 10 000 personnes du Kandhamal vivent encore dans des camps de déplacés, plus de six mois après l’une des pires manifestations de persécution antichrétienne de leur histoire, et ils sont maintenant plus effrayés que jamais à l’idée de retourner à la maison.

Des chrétiens constatent les dégâts à la suite des violences anti-chrétiennes en Inde (archives)
AED
« Les personnes des camps de déplacés sont retournées petit à petit dans leurs villages », explique le père Singh. « Mais après cet incident, la peur a doublé, les déplacements sont surveillés et la suspicion a augmenté. Les gens ont maintenant peur de retourner dans leurs villages », affirme-t-il.
Début d’une nouvelle phase de persécution?
Monsieur Nayak a été vu pour la dernière fois mercredi soir le 18 février dernier, après avoir quitté son village de Rudangia; il accompagnait sa sœur plus âgée dans son village de Bandeau. Il n’est jamais revenu. Un témoin a affirmé avoir vu monsieur Nayak être arrêté par un groupe d’extrémistes hindous. Approximativement 24 heures plus tard, son corps était retrouvé parmi des rochers dans la forêt.
Un voisin de monsieur Nayak, qui a donné une description de ses blessures, est convaincu que c’est un meurtre. Jusqu’à maintenant, la police a refusé de confirmer à l’épouse et la famille s’il s’agit ou non d’un meurtre.
Rudangia, un village principalement chrétien situé à environ 260 km de la capitale de l’État, Bhubaneswar, porte le poids de la violence qui a éclaté dans le Kandhamal à Noël 2007 ainsi qu’à la fin du mois d’août dernier. Quatre-vingt personnes avaient été tuées alors que les extrémistes s’étaient livrés à des violences dans près de 300 villages, détruisant près de 6000 maisons et près de 300 églises. Depuis cette violence, l’AED n’a reçu la confirmation que d’un seul incident violent contre les chrétiens, l’incendie de deux épiceries dans un village situé tout près de la ville de Monsadore. Par contre, plusieurs chrétiens ont encore peur de retourner à la maison, et ce, en dépit des tentatives de l’Église de leur assurer qu’il est sécuritaire de le faire.
Les extrémistes hindous avaient attaqué les maisons des chrétiens et l’église locale de Rudangia le 30 septembre dernier à la suite de la mort de Swami Laxmanananda Sarwati, un membre éminent du « Vishwa Hindu Parishad Party », le parti nationaliste hindou.








