Les actualités - Le Vendredi 25 Mai 2012

Cours d'Éthique et culture religieuse

Nouvelle dictature?

André Hénault
Par André Hénault
QUÉBEC
Lundi 9 Juin 2008

Droits démocratiques abrogés, autorité parentale bafouée, développement cognitif de l’enfant ignoré, identité québécoise traînée dans la boue, transcendance religieuse massacrée au profit d’un relativisme normatif dicté par l’État telle est la pilule que le gouvernement s’apprête à faire avaler de gré ou de force aux parents… au nom de la tolérance.


La réunion d’information sur le cours d’éthique et culture religieuse organisé par la Coalition pour la liberté en éducation qui s’est déroulée au Montmartre Canadien lundi dernier a suscité des réactions plutôt vives de la part des participants. Les conf : Photo André Hénault

La réunion d’information sur le cours d’éthique et culture religieuse organisé par la Coalition pour la liberté en éducation qui s’est déroulée au Montmartre Canadien lundi dernier a suscité des réactions plutôt vives de la part des participants. Les conf

Photo André Hénault

Voilà en substance ce qu’ont dénoncé les quatre conférenciers invités par la Coalition pour la liberté en éducation relativement au nouveau cours d’Éthique et culture religieuse que le gouvernement du Québec s’apprête à imposer dès septembre prochain dans nos écoles primaires et secondaires. L’arrogance et l’intransigeance gouvernementales n’ont d’égal que son mépris de la population, des lois et des traditions occidentales, a-t-on soutenu.

Selon le sociologue Gary Caldwell, ancien commissaire aux États généraux de l’Éducation, jamais il n’a été question, lors des États généraux, de déconfessionnalisation des écoles, quoi qu’en dise l'élite intellectuelle et politique. Elle s’est convaincue elle-même du bien-fondé de sa vision et de son droit de l’imposer aux autres.

Il est vrai, admet le sociologue, qu’il y a eu quelques voix discordantes, très marginales, dans la région métropolitaine quant à l’enseignement religieux cependant que la grande majorité des gens se félicitaient de l’activité pastorale. Toutefois, il a rappelé une vérité oubliée, cachée : l’école n’appartient pas à l’État, mais aux Commissions scolaires et aux parents. Au Québec, bon nombre d’écoles sont d’ailleurs installées sur des terrains de la Fabrique, et ce, d’un commun accord avec les parents. L’État étant par définition amoral ne peut prétendre éduquer, mais plutôt instruire. Il ne doit pas non plus se servir de l’école à ses fins propres.

Pour le Dr Jean-Morse Chevrier, le cours d’Éthique et culture religieuse ne peut que créer de la confusion chez l’enfant. Au primaire, ce dernier n’a pas la maturité intellectuelle nécessaire pour débattre des grands enjeux moraux. Comment se situera-t-il quand la poursuite du bien commun s’opposera aux principes chrétiens? Qui de la Chartre ou de l’Évangile doit être le moteur d’une véritable culture commune? Plus encore, sous le faux prétexte de mettre en évidence les célébrations en famille, le cours mène tout droit à l’invasion de la vie privée, et ce, au risque de faire vivre aux enfants une marginalisation ou des préjudices plus ou moins graves en fonction de leurs vécus religieux différents, prévient-elle.

Comment se fait-il, se demande-t-elle, s’il est vrai que l’enseignement du christianisme aura une place prépondérante dans l’enseignement religieux que les « récits marquants des religions » ne fassent aucune place au Nouveau Testament qui est pourtant l’essence même du christianisme? Comment se fait-il que dans les noms attribués à Dieu le nom de Jésus Christ soit totalement ignoré? Pour les chrétiens, Jésus est Dieu et Dieu est à la fois un et Trine.

Qui plus est, au secondaire, l’élève devra remettre en question ses propres croyances ou convictions et les justifier en groupe. Le ministère de l’Éducation n’est pas sans savoir qu’à l’adolescence la pression du groupe est particulièrement importante; il sait pertinemment que les questions existentielles trouveront leur réponse dans le “politically correct” et l’assentiment du groupe. Et dire que ce cours est sensé aider le jeune à structurer son identité, construire sa vision du monde et de développer son propre pouvoir décisionnel!

Madame Carole Cardinal rappelait pour sa part que le gouvernement avait promulgué sa Loi 95 à toute vapeur coupant ainsi l’herbe sous le pied à toute intervention susceptible de contrecarrer ses ambitions machiavéliques. Le gouvernement se targue de s’inspirer de la Chartre des droits des enfants promulguée par l’ONU. Or, il ignore totalement et volontairement l’article où il est fait mention que le droit des enfants s’exerce en lien avec l’autorité parentale.

Pour madame Cardinal, la clé de la réussite dans ce combat contre l’abrogation de nos droits parentaux réside dans la SOLIDARITÉ. La population espagnole l’a très bien compris et les manifestations monstres qui se sont déroulées un peu partout en Espagne ont fait reculer le gouvernement sur un projet antireligieux tout aussi controversé. Elle cite, à l’appui de son appel à la solidarité, le grand philosophe irlandais Edmund Burke : « La seule condition au triomphe du mal, c’est l’inaction des gens de bien… »

Enfin, Me Jean-Yves Côté a mis en lumière les préjudices graves engendrés par le cours d’Éthique et culture religieuse. Pour imposer son cours, le gouvernement a modifié sans consultation publique, l’article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Par cette modification, le gouvernement retire le droit d’exiger des établissements d’enseignement publics de fournir aux enfants un enseignement conforme aux convictions des parents. L’État peut désormais décider de ce qui est bien pour les enfants comme enseignement religieux ou moral à l’école.

«Il peut donc obliger mon enfant, continue l’avocat, à suivre des cours qui vont à l’encontre de mes principes ou valeurs familiales. Les parents ont perdu le pouvoir de décider pour leur enfant à l’école». Ce gouvernement s’appuie maintenant sur la Charte québécoise des droits et libertés de la personne pour justifier son intervention. Or comment cette Charte peut-elle encore être la référence ultime dans une société de droit quand l’État s’arroge le droit de la changer au gré de ses convoitises sans aucune consultation? Si ce n’est pas là la marque d’un État totalitaire, on s’en approche dangereusement, soutient-il.

Pour l’instant, les parents sont fortement incités à signer une demande d’exemption pour le cours Éthique et culture religieuse. Bien que la ministre se soit prononcée contre un tel processus et que les commissions scolaires aient reçu l’ordre de ne pas les accorder, la Coalition considère que c’est le seul moyen approprié à la disposition des parents, compte tenu des délais trop courts pour entreprendre une action judiciaire d’envergure. La Coalition se réserve tout de même le droit de poursuivre le combat sur d’autres fronts au moment opportun.

La Coalition dispose d’un excellent site Internet sur lequel on peut trouver des informations pertinentes pour suivre l’évolution du dossier : www.coalition-cle.org


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