De l’aide pour les Carmélites de Montevideo
« C’est avec une grande joie et une grande reconnaissance que… » : Anabel Méndez commence sa lettre pleine d’enthousiasme. Elle est la prieure des Carmélites Déchaussées du couvent « Notre Dame du Silence et de l’Espérance » à Montevideo, la capitale de l’Uruguay, un pays situé au sud du Brésil et voisin de l’Argentine. Six religieuses vivent là bas selon la règle de leur fondatrice, Sainte Thérèse d’Avila, la mystique espagnole canonisée en 1622. Même si le nom du cloître peut paraître un peu dépassé, il est pourtant un stimulant pour ces femmes. De plus, il est aussi intemporel que la conviction des Carmélites : leur vie est un service et leur salaire la pauvreté.
Mais, la conséquence est qu’elles manquent souvent aussi du strict nécessaire, par exemple, d’argent pour assurer les soins de santé de tout le monde au couvent. En plus, les six femmes ont toutes plus de cinquante ans ; la plus vieille a même 88 ans ! Par ailleurs, leurs revenus, qu’elles cherchent à garantir par des travaux de couture pour un hôpital ainsi que par l’impression de livres et de brochures, ne sont pas suffisants pour assurer toutes les dépenses. Les religieuses n’arrivent pas à financer seules leurs cotisations aux caisses de maladie, même si elles sont rattachées à une assurance maladie de travailleurs catholiques qui leur réclame pourtant de plus faibles cotisations qu’aux autres assurés. C’est grâce à cette clause que les religieuses peuvent tout de même s’offrir une assurance santé, car l’État ne tient pas compte de la situation particulière des religieux.
« Nous avons obtenu votre soutien grâce à l’aide de vos bienfaiteurs », continue la prieure dans sa lettre adressée à l’Aide à l’Église en Détresse. Cela a permis de payer un an de cotisations aux caisses d’assurance maladie. Depuis plus de cinq décennies, l’AED soutient des paroisses et communautés catholiques ainsi que leurs initiatives dans le domaine du travail pastoral et caritatif.
Cloîtrées, mais branchées !
Les Carmélites de Montevideo se soucient tout particulièrement des « familles détruites », comme le formule Sœur Maria de l’Enfant Jésus. La raison de ces destructions : en Uruguay, beaucoup de monde souffre de la crise économique persistante. Environ un quart de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. La criminalité a nettement augmenté au cours de ces dernières années. À 88 ans, Sœur Maria de l’Enfant Jésus est la plus âgée des six religieuses. Elle écrit : « Aujourd’hui, les gens ont besoin d’une oreille qui soit prête à entendre leurs soucis. Ils nous demandent de prier pour les intentions qu’ils nous confient. » Bien que les Carmélites de Montevideo ne se manifestent guère en public, parce qu’elles mènent en toute liberté et en toute conscience une vie solitaire et contemplative, beaucoup de gens leur rendent visite afin de leur demander leur prière.
Ces femmes se réunissent quotidiennement, à heures fixes, et prient pour les soucis, les souhaits et requêtes d’hommes et de femmes, d’enfants, de jeunes et de vieux, de chômeurs et de travailleurs. Leur mode de vie est entièrement dédié à la contemplation et à la réflexion. Elles suivent ainsi la tradition pluriséculaire de leur ordre, un mode de vie qui est plus efficace qu’il ne le semble d’un point premier coup d’œil.
C’est ce que confirme Sœur Maria Guadalupe de Saint Joseph, qui fait partie des premières Carmélites ayant fondé le couvent de Montevideo en 1981. Certes, elle sait qu’il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas leur mode de vie ou le considèrent avec scepticisme. Par contre, elle écrit : « je célèbre en 2009 cinquante ans de vie religieuse. Je suis reconnaissante pour le don de cette vocation, parce que c’est une mission vers tous ceux qui, quelque part dans le monde, ont besoin de l’aide, de la prière et du sacrifice. » (Par l’équipe internationale de l’AED)








