Quelques nouvelles brèves du service Gènéthique
Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, contre l'euthanasie
Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a réaffirmé son opposition à la légalisation du suicide assisté ou de l'euthanasie. Il a répété qu'il s'opposerait fermement à tout projet de loi visant à légaliser ces pratiques en Angleterre. "Je pense que nous devons faire en sorte que l'importance de la vie humaine soit reconnue", a-t-il ajouté. Pour lui, il est absolument nécessaire de pas mettre en place une législation qui agirait de telle sorte qu'elle pourrait contraindre certaines personnes âgées ou malades à accepter une mort assistée, considérant que c'est la seule chose que notre société attendent d'elles.
"Traitement" de la fertilité et cancer
Une récente étude suggère que les femmes ayant recours au clomiphene (utilisé dans le "traitement" de la fertilité) auraient trois à quatre fois plus de chances de développer quatre types de cancer dont celui des poumons et de l'utérus.
Le Préambule de la Constitution française ne sera pas révisé
Le 17 décembre dernier, le comité Veil s'est prononcé contre une révision de la Constitution. Souhaité par le Président de la République et présidé par Simone Veil, ce comité de réflexion sur le préambule de la Constitution avait pour mission de proposer une rédaction du préambule qui intégrerait, si nécessaire, des "principes nouveaux" notamment pour "répondre aux défis de la bioéthique".
Dans le domaine particulier de la bioéthique, le comité note qu'"il existe en la matière un immense corpus juridique accumulé essentiellement au cours des dix dernières années" et que "cet arsenal, de nature législative et jurisprudentielle, apparaît constituer la voie la plus efficiente dans un domaine en constante évolutivité".
Seul aménagement des textes proposé par le comité Veil : "l'introduction à l'article 1er de la Constitution de la reconnaissance du principe d'égale dignité de chacun".
A propos de la sélection d'embryons dans certains cas de cancers
Alors que devrait naître dans les prochains jours le premier bébé britannique sélectionné par diagnostic préimplantatoire (DPI) afin qu'il ne soit pas porteur d'un gène accroissant les risques qu'il développe un cancer du sein, l'Agence de la Biomédecine a rappelé, vendredi 26 décembre dernier, que la sélection d'embryons par DPI dans certains cas de cancers familiaux est autorisée en France.
Ainsi, en France, selon le bilan d'application de la loi de bioéthique de 2004, entre janvier 2000 et juin 2007, 22 DPI associés à un risque de cancer "ont conduit à la naissance de 6 enfants indemnes des formes héréditaires de cancer ou de maladie associée recherchée".
Contraception orale : disponibilité versus oubli
Porte-parole du Royal College of General Practitioners, le Dr Sarah Jarvis est revenue sur l'étude menée à Londres autorisant certaines pharmacies à délivrer la pilule contraceptive sans ordonnance afin de réduire le nombre de grossesses non désirées (cf. Synthèse de presse du 10/12/08). Pour le Dr Jarvis, le problème ne réside pas dans la disponibilité de la pilule mais plutôt dans le fait que les femmes oublient de la prendre. Ainsi, ce projet du gouvernement d'autoriser la délivrance de la pilule sans ordonnance n'enrayera-t-il pas, selon elle, le taux de grossesses des adolescentes britanniques (le plus élevé d'Europe). Le Dr Jarvis s'appuie, pour affirmer cela, sur des études qui montrent que près de la moitié des femmes qui prennent une contraception orale l'oublie au moins une fois au cours du cycle et que près du quart l'oublie deux fois ou plus.
Rappelons que le gouvernement britannique a investi 26,8 millions de £ pour l'année 2008-2009 dans le but d'améliorer l'accès à la contraception et d'aider à réduire le nombre de grossesses non désirées.
Vers un encadrement des tests génétiques sur Internet?
On estime aujourd'hui à un millier le nombre de tests génétiques disponibles via Internet (Alzheimer, cancers du sein, du colon, de la prostate, glaucome, diabète, dégénérescence musculaire...), ce qui représente une augmentation de 300% entre 2001 et 2007. Ce nouveau marché - porteur de gros enjeux, notamment financiers (un test coûte entre 200 et 4 000 euros) - n'est pas sans poser de nombreux problèmes : fiabilité des résultats, confidentialité, utilité, impact sur l'utilisateur et sa capacité à en interpréter les résultats, sont autant de questions qui demeurent en suspens.
"Tous ces tests sont empreints d'un degré très important d'incertitude", alerte Arnold Munnich (centre de génétique médicale, hôpital Necker, Paris). Pour la généticienne Ségolène Aymé, "beaucoup de tests actuellement proposés sont de l'arnaque". Responsable de la division infrastructure de la recherche clinique à l'Inserm, Georges Dagher confirme : "en dehors des questions éthiques, la question de la validation de ces tests fondamentales". Pour le moment, la grande majorité de ces tests n'auraient fait l'objet d'aucune validation par les instances publiques... Et, si les Etats se sont pour la plupart dotés d'une réglementation sur le sujet, Internet permet aisément de les contourner.
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