Panorama des Continents
NDLR. L'Agence Fides a dressé une liste des agents pastoraux, prêtres, religieux, religieuses et laïcs assassinés durant l'année 2008 par Continents. Nous vous la présentons intégralement ci-dessous.
Asie
En analysant par continent la liste des agents pastoraux tués en 2008, l’Asie figue cette année aussi à la première place : 1 Archevêque, 6 prêtres, 1 volontaire laïque, tués en Irak, en Inde, au Sri Lanka, aux Philippines et au Népal.
La mort de Mgr Paulos Faraj Rahho, Archevêque Chaldéen de Mossoul en Irak, revêt un caractère particulièrement tragique : enlevé au terme du Chemin de Croix, à la sortie de l’église du Saint-Esprit, la même église où, un an auparavant, le 3 juin 2007, avaient été tués le curé et trois diacres, on a retrouvé ensuite son cadavre. « Mgr Rahho a pris sa croix et a suivi le Seigneur Jésus, et il a contribué ainsi à apporter le droit dans son Pays meurtri et dans le monde entier, en rendant témoignage à la vérité. Il a été un homme de paix et de dialogue » a déclaré le Pape Benoît XVI à son sujet.

Funérailles des deux pères Jésuites assasinés en Russie en octobre dernier: Otto Messmer et Victor Betancourt.
Photo CNS/Janez A. Sever, SJ
Parmi les prêtres tués en Inde, notons l’Abbé Bernard Digal, de l’Archidiocèse de Cuttack-Bhubaneshwar, dans l’Etat d’Orissa en Inde : il est le premier prêtre catholiques assassiné lors de la campagne de violence antichrétienne en Orissa, qui a fait, selon les données fournies par la Conférence Episcopale Indienne, 81 morts, 22.236 réfugiés accueillis dans les camps dressés par le gouvernement, et plus de 40.000 qui ont fui le district de Kandhamal ; 450 villages touchés par les violences ; 5 prêtres catholiques et 15 pasteurs protestants frappés violemment, une religieuse violée et humilié en public. L’Abbé Bernard a été agressé et maltraité le 25 Août début de la vague de violence, et il est mort deux mois parce qu’il avait été blessé grièvement : « Pendant sa vie le père Bernard a fait preuve de détermination et de courage pour témoigner du Christ et mourir pou lui. Il est mort en vrai chrétien, et, aussitôt après l’agression, il a pardonné aussitôt à ses persécuteurs » a déclaré le père Mrutyunjay Digal, prêtre de ce même Archidiocèse.
En Inde toujours, dans l’Etat d’Andra Pradesh, le Père Carme Thomas Pandippallyil, a été assassiné alors qu’il se rendait dans un village pour célébrer la Messe. Mgr Marampudi Joji, Archevêque de Hyderabad, a rejeté énergiquement l’accusation de « prosélytisme et de conversions forcées » dont on avait accusé le père Thomas. Pour l’Archevêque le crime a été le résultat du climat de « jalousie envers l’Eglise catholique » coupable seulement de travailler pour le développement des régions les plus pauvres et les plus abandonnées du Pays, et qui travaille à soutenir et à aider tous ceux qui sont victimes de violences et d’oppressions.
Dans l’Etat de Uttarakhand (Inde septentrionale) on a retrouvé les cors sans vie d’un prêtre catholique l’Abbé Samuel Francis et d’une volontaire laïque, Mercy Bahadur, qui avaient choisi une vie érémitique dans un « ashram », monastère hindou adapté à la tradition chrétienne. D’après la Conférence Episcopale de l’Inde, l’homicide semble être la conséquence d’une tentative de vol, car l’endroit a été saccagé et pillé.
Au Sri Lanka, à Ambalkulam dans le diocèse de Jaffna, dans un territoire qui est une terre d’affrontements entre l’armées et les rebelles tamouls, l’Abbé Mariampillai Xavier Karunaratnam, curé de la paroisse de Vannivi'laangku'lam, a été assassiné ; il était un artisan du dialogue et de la réconciliation, fondateur et président de l’Organisation « North East Secretariat on Human Rights » qui avait dénoncé les violations et les abus de la guerre, et aidé psychologiquement les populations victimes du conflit.
Le Père Jesus Reynaldo Roda, OMI (Missionnaires Oblats de Marie), a été tué par des coups d’armes à feu à Tabawan aux Philippines, où il dirigeait une petite station missionnaire, en s’occupant de l’activité pastorale pour une communauté catholique d’une trentaine de personnes, par des programmes d’instruction et de dialogue interreligieux. Alors qu’il dirigeait le Chapelet, un groupe d’agresseurs a tenté de l’enlever, et, face à sa résistance, il a été roué de coups et tué. D’après la Conférence Episcopale des Philippines, le prêtre avait déjà reçu des menaces de la part de dissidents islamiques liés au groupe Abu Sayyaf, mais il avait refusé toute protection.
La petite communauté du Népal compte son premier prêtre assassiné, le Père Johnson Moyalan, Salésien. En pleine nuit, un groupe d’hommes armés a pénétré dans la Mission salésienne de Sirsia, à une quinzaine de kilomètres de la frontière entre l’Inde et le Népal, et a tué le missionnaire de deux coups d’armes à feu. Parmi les raisons de l’assassinat, le vol et une tentative d’extorsion, on considère aussi la possibilité qu’il soit le fait d’un groupe d’extrémistes hindous qui sévit dans la région et qui, dans le passé, avait menacé les communautés chrétiennes et musulmanes.
Amérique
5 prêtres on été tués en Amérique: 2 au Mexique, Et 1 au Mexique, au Vénézuéla, et au Brésil.
Au Mexique, l’Abbé Julio Cesar Mendoza Acuma a été assassiné et est mort à l’hôpital des suites de l’agression dont il avait victime dans son presbytère la nuit précédente ; de même, l’Abbé don Gerardo Manuel Miranda Avalos, a été tué d’un coup de revolver alors qu’il entrait à l’Institut « Fray Juan de San Miguel » dont il était Directeur.
Au Vénézuéla, on a trouvé le cadavre de l’Abbé Pedro Daniel Orellana Hidalgo, dans son habitation, à Caracas. Son corps portait des traces d’étranglement, il avait les mains liées et était bâillonné, et portait plusieurs blessures. On avait volé dans son appartement des objets personnel,
Dans le nord-est de la Colombie, le Père Jaime Ossa Toro, de l’Institut des Missions Etrangères de Yarumal, a été assassiné à coups de couteau. On a retrouvé son corps dans son appartement près de l’église d’Emaús dont il était le curé.
Au Brésil, l’Abbé Nilson José a été tué à coups de couteau, dans l’Etat de Paranà, et son corps a été jeté dans un talus le long de la route, au milieu de la paille et des feuilles ; il a été victime d’un vol.
Afrique
3 prêtres, 1 religieux, et 1 volontaire laïc, ont été assassinés au Kénya, en Guinée Conakry, au Nigéria, et en République Démocratique du Congo.
Au Kénya, 3 prêtres ont été assassinés: l’Abbé Michael Kamau Ithondeka, Directeur du « Senior Seminary » de Tindinyo, et le Père Brian Thorp, des Misionnaires de Mill Hill, trouvé mort dans le presbytère de sa paroisse à Lamu dans l’Archidiocèse de Mombasa. Le Père Michael a été tué à un barrage illégal établi par des jeunes armés, sur la route de Nakuru à Eldama, dans la Rift Valley, la région où les affrontements et les vengeances à fond ethnique sont les plus violents ; le Père Brian semble avoir victime d’un vol à main armée dans la nuit.
En Guinée-Conakry, Frère Joseph Drouet, des Frères de l’Instruction Chrétienne de Saint Gabriel, a été assassiné à Katako, dans le collège qu’il avait fondé. Alors qu’il priait, il a été assailli par des brigands qui l’ont lié, et lui ont mis un sac sur la tête, et l’ont ainsi étouffé, dans le but probablement de le voler.
Au Nigéria, dans l’Etat du Delta, l’abbé John Mark Ikpiki a été assassiné à Isioko, non loin d’un poste de la police locale, par des voleurs qui voulaient lui prendre son auto, qui a été retrouvé ensuite abandonnée.
En République Démocratique du Congo, le volontaire laïc Boduin Ntamenya, originaire de Goma dans le Nord Kivu, a été assassiné alors qu’il travaillait dans la région où se déroulent les combats. Il travaillait pour l’ONG italienne AVSI, et faisait partie d’une équipe de formateurs qui aidait et soutenait les enseignants et les étudiants qui travaillaient et étudiaient dans les régions des combats. Depuis des années, avec courage, générosité et passion, il travaillait pour donner l’espérance à son Pays et à ses frères, en n’hésitant pas à pénétrer dans les collines et les forêts du Congo, dans les régions où les rebelles étaient les maîtres.
Europe
2 prêtres ont été assassinés en Russie. Le Père Otto Messmer et le Père Victor Betancourt, tous deux Jésuites, ont été assassinés dans leur habitation à Moscou. Les moyens russes d’information ont publié la nouvelle de l’arrestation de l’assassin, qui a tout avoué. Il s’agit d’un psychopathe, déjà bien connu de la police, parce qu’il avait été arrêté auparavant pour d’autres délits.
Une liste jamais close
A cette liste provisoire dressée chaque année par l’Agence Fides, on doit toutefois ajouter la longue listes des nombreux « soldats inconnus de la foi » don t on n’aura jamais de nouvelles, et qui, dans toutes les parties du, monde, souffrent et paient aussi de leur vie, leur foi au Christ.
« Vivre dans la foi en Jésus Christ, vivre la vérité et l'amour implique des renoncements quotidiens, implique des souffrances. Le christianisme n'est pas la voie de la facilité; il est plutôt une ascension exigeante, cependant éclairée par la lumière du Christ et par la grande espérance qui naît de Lui ». (Benoît XVI, Audience générale, 5 novembre 2008)
Pour plus de détails, voir le document préparé par l'agence Fides: Quelques données biographiques et circonstances de la mort
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