Les actualités - Le Vendredi 25 Mai 2012

Agents pastoraux, prêtres, religieux, religieuses et laïcs

Les chrétiens engagés assasinés en 2008

www.fides.org
Mardi 30 Décembre 2008

Rome – Comme chaque année, l’Agence Fides publie la liste des agents pastoraux qui ont perdu la vie de manière violente durant l’année 2008. D’après les informations en notre possession, cette année, sont été assassinés Mgr Paulos Faraj Rahho, Archevêque chaldéen de Mossoul en Irak, 16 prêtres, 1 religieux et 2 volontaires laïcs.


Photo CNS/Reuters

Devoir de gratitude et encouragement à témoigner notre foi de manière toujours plus courageuse

Ces dernières années, la liste de l’Agence Fides ne concerne plus seulement les missionnaires “ad gentes” au sens strict, mais tous les agents pastoraux morts de mort violente, non expressément « par haine de la foi ». Nous n’utilisons pas la parole «martyrs», si ce n’est dans sa signification étymologique de « témoin », pour ne pas entrer dans le domaine du jugement que l’Eglise pourrait éventuellement donner sur chacun d’eux, et en raison aussi du peu de nouvelles que, dans la plus grande partie des cas, nous parvenons à recueillir sur leur vie, et même sur les circonstances de leur mort.

Nous les proposons au souvenir et aux prières de tous, en nous souvenant de ce qu’a rappelé le Pape Benoît XVI à ce sujet :« Se rappeler et prier pour nos frères et nos sœurs - évêques, prêtres, religieux, religieuses et laïcs -, disparus en 2007 alors qu'ils assuraient leur service missionnaire, est une devoir de gratitude pour toute l'Eglise et une invitation pour chacun de nous à témoigner de façon toujours plus courageuse de notre foi et de notre espérance dans Celui qui, sur la Croix, a vaincu pour toujours le pouvoir de la haine et de la violence par la toute-puissance de son amour » (Regina Coeli, 24 mars 2008).

Aujourd’hui encore, le Christ a besoin d’apôtres prêts à se sacrifier eux-mêmes; il a besoin de témoins e de martyrs comme saint Paul

“…comme aux commencements, aujourd'hui aussi le Christ a besoin d'apôtres prêts à se sacrifier eux-mêmes. Il a besoin de témoins et de martyrs comme saint Paul: autrefois violent persécuteur des chrétiens, lorsque sur le chemin de Damas il tomba à terre ébloui par la lumière divine, il passa sans hésitation du côté du Crucifié et il le suivit sans regret. Il vécut et travailla pour le Christ; pour Lui, il souffrit et il mourut. Combien son exemple est aujourd'hui d'actualité! (Benoît XVI, homélie, Saint-Paul Hors-les-Murs, 28 juin 2007)

En cette Année de Saint Paul 2008/2009, le Pape Benoît XVI a demandé à toute l’Eglise de tourner son esprit et son cœur vers l’Apôtre des Nations, « le plus grand missionnaire de tous les temps », car « Paul n'est pas pour nous une figure du passé, que nous rappelons avec vénération. Il est également notre maître, pour nous aussi apôtre et annonciateur de Jésus Christ. Nous sommes donc réunis non pour réfléchir sur une histoire passée, irrévocablement révolue. Paul veut parler avec nous - aujourd'hui ». (Homélie, 28 juin 2008, Saint-Paul Hors-les-Murs).

En regardant les brèves notes biographiques de ces frères et sœurs tués en 2008, on ne peut ignore que tous ont consacré leur vie, dans des situations et dans des contextes différents, selon leurs propres charismes et aptitudes, et dans les limites de leur nature humaine, à l’unique mission d’annoncer et de témoigner de l’amour du Christ, mort et ressuscité pour tous le salut des hommes. Sans héroïsme, et sans déclarations solennelles, ils n’ont pas hésité à mettre en jeu chaque jour leur propre vie, dans de nombreuses situations de souffrance, de pauvreté, de tension, pour ne pas laisser ceux qui les entouraient, le souffle vital de l’espérance chrétienne, parce que « …le présent, même un présent pénible, peut être vécu et accepté s'il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce terme est si grand qu'il peut justifier les efforts du chemin » (Spe Salvi, 1). Avec le simple témoignage de leur vie, ils dont ainsi indiqué à leurs frères la grandeur du but qui justifie la difficulté du chemin : « Parvenir à la connaissance de Dieu, le vrai Dieu, cela signifie recevoir l'espérance » (ibid. 3).

Beaucoup ont été tués lors d’apparentes tentatives de vol, surpris chez eux par des hommes sans scrupules qui pensaient y trouver qui sait quels trésors cachés, ou sur les routes qu’ils parcouraient pour accomplir leur ministère, dans le but simplement de s’emparer de leur voiture. D’autres ont été éliminés seulement parce qu’ils opposaient avec ténacité l’amour à la haine, l’espérance au désespoir, le dialogue à la force violente. D’autres encore ont été surpris alors qu’ils priaient pour trouver nourriture et force spirituelle afin de faire avancer leur mission ; et, ainsi, ils sont passés de l’adoration à la rencontre avec le Père.

Face à tant de vies vécues dans la privation des commodités humaines, et dans le sacrifice devenu une règle de vie par amour du Christ et de son Evangile, on ne peut manquer d’évoquer la figure de Saint Paul et les difficultés qu’il rencontra sur sa toute pour annoncer la Bonne Nouvelle. « …Dans l'apostolat de Paul, les difficultés ne manquèrent pas, qu'il affronta avec courage par amour du Christ. Il rappelle lui-même avoir connu "la fatigue... la prison... les coups... le danger de mort...: trois fois j'ai subi la bastonnade; une fois, j'ai été lapidé; trois fois, j'ai fait naufrage...; souvent à pied sur les routes, avec les dangers des fleuves, les dangers des bandits, les dangers venant des juifs, les dangers venant des païens, les dangers de la ville, les dangers du désert, les dangers de la mer, les dangers des faux frères. J'ai connu la fatigue et la peine, souvent les nuits sans sommeil, la faim et la soif, les journées sans manger, le froid et le manque de vêtements, sans compter tout le reste: ma préoccupation quotidienne, le souci de toutes les Eglises" (2 Co 11, 23-28).

Dans un passage de la Lettre aux Romains (cf. 15, 24.28) transparaît son intention de pousser jusqu'à l'Espagne, à l'extrémité de l'Occident, pour annoncer partout l'Evangile, jusqu'aux extrémités de la terre connue jusque là. Comment ne pas admirer un tel homme? Comment ne pas rendre grâce au Seigneur de nous avoir donné un Apôtre de cette envergure? Il est clair qu'il ne lui aurait pas été possible d'affronter des situations si difficiles et parfois désespérées, s'il n'y avait pas eu une raison de valeur absolue, face à laquelle aucune limite ne pouvait être considérée comme infranchissable. Pour Paul, cette raison, nous le savons, est Jésus Christ… » (Benoît XVI, audience générale du 25 octobre 2006).

Aujourd’hui encore, deux mille ans plus tard, Paul continue à marcher sur les routes du monde, de notre époque, sur les mille fronts de la Mission, par l’intermédiaire des Evêques, des prêtres, des religieux, des religieuses, et de manière toujours plus grande, des laïcs, qui, à cause de l’Evangile sont emprisonnés, maltraités, mis à mort ; qui affrontent des voyages exténuants, les dangers des fleuves, des brigands, de la ville, du désert, et de la mort, la fatigue, la faim, la soif les jeunes, le froid et la nudité, jusqu’à donner leur témoignage suprême par une mort violente. Mais leur sang toutefois, comme celui de Saint Paul « Le sang des martyrs n'invoque pas vengeance, mais il réconcilie. Il ne se présente pas comme une accusation, mais comme une "lumière dorée", selon les paroles de l'hymne des premières Vêpres: il se présente comme force de l'amour qui dépasse la haine et la violence, en fondant ainsi une nouvelle ville, une nouvelle communauté » (Benoît XVI, homélie, 29 juin 2008).

Le même amour qui poussa Saint Paul à affronter toutes ces situations que nos pourrions déclarer avec un euphémisme, « incommodes » - « L’amour du Christ nous pusse… pour que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux » (2 Corinthiens 5, 14-15), pousse aujourd’hui encore des homes et des femmes, sous toutes les latitudes, à aller au-devant de leurs frères au nom du Christ, Sauveur et Rédempteur de l’homme. Du reste, les succès apostoliques et missionnaires que Paul remporta, ne sont certes pas dues à ses capacités humaines, mais à son dévouement total au christ, qui ne craignit pas les risques, les difficultés, et les persécutions. « Nous pouvons en tirer une leçon plus que jamais importante pour chaque chrétien. L'action de l'Eglise est crédible et efficace uniquement dans la mesure où ceux qui en font partie sont disposés à payer de leur personne leur fidélité au Christ, dans chaque situation. Là où cette disponibilité fait défaut, manque l'argument décisif de la vérité dont dépend l'Eglise elle-même ». (Benoît XVI, homélie, Saint-Paul Hors-les-Murs, 28 juin 2007)

Pour plus de détails sur les personnes décédées, voir le document préparé par l'agence Fides: Quelques données biographiques et circonstances de la mort


http://www.fides.org/aree/news/newsdet.php?idnews=21707&lan=fra


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