Un commissaire d’école pose un geste public
Le commissaire d’école, Michel Choquette, élu à la Commission scolaire des Draveurs, a attiré l’attention des médias régionaux vendredi dernier. En effet, c’est dans un geste public qu’il retiré sa fille de 8 ans pour la première fois, du cours d’éthique et culture religieuse (ECR). Le commissaire et son épouse, Céline Rochon, ont pris cette décision après avoir vérifier mercredi, le contenu des manuels scolaires utilisés pour ce programme. Pourtant, ce commissaire affirme haut et fort n’être l’adepte d’aucune religion. Il confirme que son épouse transmet la foi catholique à ses enfants. Mais lui, non.
Quand on connaît le milieu politique des commissions scolaires, on sait qu’il va certainement passer un mauvais quart d’heure! Sa carrière de commissaire est peut-être même en jeu? Alors, pourquoi agir de la sorte? Quelles sont ses motivations?
Rejoint au téléphone, monsieur Choquette a expliqué que, pour lui, ce n’est ni plus, ni moins une question de libre choix. Et rien d’autre. Il n’est pas contre le cours, mais contre le fait qu’on l’impose, qu’on brime les droits des parents en prescrivant une vision d’État. «La nature obligatoire du cours s’apparent à une tentative de l’État québécois et des partis politiques au pouvoir de véhiculer une vision intégriste de la culture en imposant cette vision à nos enfants» a-t-il affirmé dans son communiqué de presse.
Et c’est au nom de tous ceux qui ne peuvent agir qu’il a décidé de passer aux actes. Comme commissaire, il représente les parents. Ceux-ci ont des réalités quotidiennes qui ne leur permettent pas facilement de retirer leur enfant du cours en guise de protestation: ils sont confinés dans leurs bureaux et ne peuvent pas se présenter à l’heure prévue du cours. C’est donc pour eux et pour réveiller ceux qui n’ont pas conscience du débat qui se joue, qu’il a choisi d’entrer dans la mêlée.
Monsieur Choquette estime que, contrairement à ce qui est véhiculé par certains groupes et par les médias, ce n’est pas et ne devrait pas être un débat religieux. C’est une question de libre choix tout simplement, et doit rester une option personnelle qui revient de droit aux parents. «Une telle imposition s`inscrit dans la liste sans cesse grandissante de l`ingérence des gouvernements dans la vie privée des citoyens», affirme le communiqué émis. «La nature obligatoire du cours est un flagrant manque de respect du gouvernement du Québec pour l`autorité parentale et de notre liberté de conscience en matière de religion et de valeurs. Tout comme le serait une éducation imposée à tous les Québécois par une seule religion.»
«Le personnel permanent, comme les professeurs, a le mandat de dispenser l’instruction telle que prescrite dans le régime pédagogique.» On ne peut pas leurs demander d’en déroger pense-t-il. S’ils le faisaient, «ce serait inquiétant», explique le commissaire. Ça signifierait qu’ils peuvent enseigner n’importe quoi.
«J’ai l’intention de continuer jusqu’au bout!» affirme-t-il sans ciller.
De son côté, la commission scolaire a refusé de commenter son geste.








