Les actualités - Le Mercredi 22 Février 2012

L’amour en béton

Sophie Bouchard
Par Sophie Bouchard
Canada
Dimanche 22 Janvier 2012

La vie est belle ! N’est-ce pas ?

Non, je n’ai pas la tête dans le sable. Je sais bien qu’il y a des souffrances horribles sur notre terre. Les gens sont affamés : certains privés de nourriture et d’autres en manque d’amour et de goût de vivre…


Photo CNS/Parth Sanyal, Reuters

Je sais tout cela. Mais je dis quand même que la vie est belle ! Elle est belle quand on est amoureux. Je ne parle pas d’un amour rose, mièvre, affectif, fusionnel. Mais d’un amour vrai. En béton. Du solide, fondé sur le roc (voir notre dossier en pages 18-28).

Je pense à mère Teresa. Une femme très simple qui a renoncé à l’amour conjugal pour aimer « les plus pauvres des pauvres ». En elle habitait un amour où le don sans condition trône en maître. Un amour qui se tient dans le coeur, mais qui fait réagir les bras, les jambes et les yeux. Un amour qui s’est répandu dans le monde par d’autres personnes qui n’ont pu résister à l’appel à suivre cette petite femme sur le chemin d’un amour décapé, purifié. Un amour qui a cloué le bec à ceux qui n’ont que l’amertume à la bouche. Un amour où perdre sa vie pour l’autre est un avantage… C’est tout à fait le contraire d’un amour qui cherche à être aimé et qui demeure toujours insatisfaisant.

Je pense aux parents de familles nombreuses qui, en faisant le choix de donner la vie avec générosité, renoncent quotidiennement à la recherche du confort, une recherche qui, aujourd’hui, n’a jamais de fin et qui, en définitive, ne comble personne. Chaque nouvel enfant, malgré les difficultés qu’il peut traverser, porte en lui la beauté inestimable de la vie. Il est joie pour les parents, les frères et soeurs et tous ceux qui les côtoient.

Je pense à cette femme que son mari a trompée, médusé par une envie irrésistible, mais somme toute décevante. Avec tristesse d’abord, puis avec joie, elle a offert son pardon avec largesse à celui qu’elle avait promis d’aimer « pour le meilleur et pour le pire ». Le meilleur étant certainement ce pardon donné sans rancune (pages 6-9).

Je pense à Maximilien Kolbe, ce prêtre qui, dans le camp de concentration d’Auschwitz, s’est porté volontaire pour prendre la place d’un père de famille qui avait été condamné à mourir dans les bunkers de la faim. Ses bourreaux ne pouvaient pas supporter les cantiques qu’il a chantés jusqu’à la fin. Et celui qui a été préservé de cette mort atroce a insisté pour témoigner de façon officielle devant l’Église en racontant le martyr d’amour du prêtre qui avait pris sa place.

Je pense aussi à Celui qui, chaque jour, vient me dire combien il m’aime sans rien exiger de moi. Je parle de celui qui, en offrant sa vie, a donné un sens à la mienne. En s’incarnant dans un pays, dans un monde où règnent la guerre et la haine, il me démontre qu’il m’aime jusque dans mes tiraillements, mes égoïsmes et mes faiblesses. Qu’il n’a pas dédain de moi, de nous. Au contraire, en bon pasteur, le Christ veut nous montrer le vrai chemin de l’amour jusque dans les tout petits détails. Avec Lui, la croix de chaque jour devient glorieuse, c’est-à-dire qu’elle redonne vie à celui qui la porte.

« Soyez toujours dans la joie » (1 Th 5,16), car vraiment, la vie est belle… Nous sommes aimés !


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