ONU : la Jordanie doit agir pour mettre fin à la violence contre les femmes
La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, Rashida Manjoo, a exhorté jeudi la Jordanie à prendre des mesures supplémentaires pour éradiquer la violence contre les femmes et pour assurer l´égalité des genres. Dans une déclaration faite à Amman à la fin de sa visite de deux semaines au Moyen Orient, Mme Manjoo a mis en garde les autorités jordaniennes qu´une approche purement juridique ou programmatique ne suffira pas à régler le problème à cause des rôles traditionnels qu´occupent les femmes.
« Les femmes doivent avoir accès à des opportunités et un environnement ouvert pour parvenir à des résultats égaux », a déclaré la Rapporteuse spéciale en appelant à des mesures spéciales telles que des systèmes de quotas et de traitement préférentiel, afin d´intégrer les femmes dans la vie économique et politique, ainsi que dans l´éducation et le marché du travail.
« L´inscription de l´interdiction explicite de la discrimination basée sur le genre et le sexe de la Constitution donnerait un outil efficace aux femmes pour remettre en cause les inégalités et servira à informer et sensibiliser l´ensemble de la société jordanienne », a souligné Mme Manjoo suite à la décision d´un comité de révision constitutionnelle de refuser d´inclure une référence à la discrimination basée sur le genre dans un amendement.
« La Jordanie a fait de grands progrès dans le domaine de l´éducation des femmes et des filles. Malheureusement, et malgré ces progrès, les femmes ne représentent que 14% de la force de travail du pays », a-t-elle ajouté en encourageant plus d´incitations pour créer davantage d´emplois pour les femmes dans le secteur privé.
Mme Manjoo a également évoqué le problème de harcèlement et violence sexuelle. Malgré le fait que la plupart de ses interlocuteurs ont déclaré que cela n´est pas un problème en Jordanie, « il est nécessaire de prendre acte que la violence et le harcèlement sexuel existe à l´intérieur comme à l´extérieur des familles dans toutes les sociétés », a-t-elle rappelé.
« Le fait que certains sujets soient considérés tabous dans une société que se dit elle-même traditionnelle, conservatrice, patriarcale voire tribale, peut expliquer le silence des femmes au sujet des manifestations de cette violence », a indiqué la Rapporteuse spéciale.
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