Le pape inaugure une cathédrale
Le Pape a célébré ce matin la messe en la cathédrale d'Albano restaurée, tout près de sa résidence de Castelgandolfo, au cours de laquelle il a reconsacré le maître-autel. A l'homélie, Benoît XVI a dit que "l'amour du Christ, la charité qui n'aura jamais de fin, est l'énergie spirituelle qui unit ceux qui participent au même sacrifice et se nourrissent du pain unique rompu pour le salut du monde"."Est-il possible -s'est-il demandé- de communiquer avec le Seigneur si nous ne communiquons pas entre nous? Comment pouvons nous alors nous présenter devant l'autel de Dieu divisés, éloignés les uns des autres?".
Ensuite, le Saint-Père a dit aux fidèles que l'autel qu'il allait consacrer devait être "une invitation constante à l'amour. Approcherez-vous toujours de lui avec le cœur disposé à accueillir l'amour du Christ et à le diffuser, à recevoir et à accorder le pardon... Chaque fois donc que vous vous approcherez de l'autel pour la célébration eucharistique, que votre âme s'ouvre au pardon et à la réconciliation fraternelle, prêts à accepter les excuses de ceux qui vous ont blessés, et prêts à votre tour à pardonner".
Puis il a rappelé que "chaque célébration eucharistique anticipe le triomphe du Christ sur le péché et sur le monde et montre dans ce mystère l'éclat de l'Eglise, épouse immaculée de l'Agneau immaculé, épouse que le Christ a aimée et, pour elle, s'est donné lui-même afin de la sanctifier".
Le Pape a exhorté les membres de la communauté diocésaine d'Albano à "grandir dans la charité et à se consacrer à leur apostolat et leur mission. En réalité -a-t-il dit-, il s'agit de témoigner par votre vie de votre foi dans le Christ et de la totale confiance que vous mettez en lui. Il s'agit aussi de cultiver la communion ecclésiale qui est surtout un don, une grâce, fruit de l'amour libre et gratuit de Dieu, quelque chose en fait de divinement efficace, toujours présent et à l'œuvre dans l'histoire, au-delà de toute apparence contraire".
Après avoir relevé que "la communion ecclésiale est aussi un devoir confié à la responsabilité de chacun", le Saint-Père a conclu en demandant que "la communion vécue soit toujours plus convaincue et opérante, en collaboration et avec une responsabilité à tous les niveaux: entre prêtres, consacrés et laïcs, entre les différentes communautés chrétiennes de votre territoire, entre les différents groupes de laïcs".
Après la messe et avant de regagner Castelgandolfo, Benoît XVI a salué quelques donateurs et personnes ayant patronné les oeuvres d'art restaurées de la cathédrale d'Albano.
Oeuvrer pour le Seigneur
A son retour d'Albano, Benoît XVI a récité l'angélus avec les pèlerins réunis dans la cour du palais de Castelgandolfo. A cette occasion il a commenté la parabole du maître de la vigne qui appelle ses ouvriers à travailler à différents moments de la journée et qui, suscitant la protestation de ceux qui ont été appelés en premier, donne à la fin de la journée la même paie à tous, ainsi que le rapporte Matthieu dans l'Evangile du jour.
Après avoir rappelé que lors de son élection, il s'était présenté comme "un ouvrier de la vigne du Seigneur", Benoît XVI a expliqué que la pièce d'argent dont parle l'Evangile représente "la vie éternelle, un don que Dieu réserve à tous. Ainsi, ceux qui sont considérés comme les derniers, s'ils l'acceptent, deviennent les premiers, alors que les premiers risquent de finir derniers".
"Le premier message de cette parabole est dans le fait que le maître ne tolère pas, pour ainsi dire, le chômage: il veut que tous soient engagés dans sa vigne. Et, en réalité, le fait d'être appelé est déjà une première récompense: pouvoir travailler dans la vigne du Seigneur, se mettre à son service, collaborer à son oeuvre, constitue en soi une récompense inestimable qui répare toute fatigue. Mais seulement celui qui aime le Seigneur et son règne comprend cela; celui qui travaille au contraire uniquement pour la paie ne se rendra jamais compte de la valeur de cet inestimable trésor".
L'apôtre Matthieu, a ajouté le Pape, a vécu en personne cette expérience parce que, comme publicain, collecteur d'impôts, "il était considéré comme un pécheur public, exclu de la vigne du Seigneur", mais quand Jésus l'appelle, "il devient immédiatement disciple du Christ. De dernier, il se retrouve premier, grâce à la logique de Dieu, qui - par bonheur! - est différente de celle du monde".
"Saint Paul dont nous célébrons une année jubilaire particulière, a expérimenté la joie de se sentir appelé par le Seigneur pour travailler dans sa vigne" et "il a bien compris qu'œuvrer pour le Seigneur est déjà une récompense sur cette terre".
Le Saint-Père a conclu en disant que la Vierge Marie "est le sarment parfait de la vigne du Seigneur. C'est d'elle qu'a germé le fruit béni de l'amour divin: Jésus, notre sauveur".
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