Bienheureux Bernardo de Hoyos
NDRL.: Cet article est tiré de la dernière édition du magazine Le NIC (Le Nouvel informateur catholique).
Le père Bernardo Francisco de Hoyas. s.j. est un bienheureux que les Espagnols vénèrent comme le premier apôtre de la dévotion au Sacré Coeur de Jésus. Il a été béatifié le 18 avril 2010 à Valladolid, Espagne. Lors de la première semaine des JMJ, jours pendant lesquels les jeunes de notre archidiocèse logeaient à Valladolid, j’ai eu le bonheur de me retrouver au Centre de spiritualité où Bernardo avécu pendant ses quatre années de formation à la prêtrise.
Bernardo de Hoyos est né à Torrelobaton, une municipalité située dans la province de Valladolid en Espagne, le 21 août 1711 —300 ans jour pour jour avant la grande veillée et la messe de clôture des JMJ célébrée à Madrid, en Espagne. Voilà ce qui explique pourquoi les organisateurs des JMJ de Madrid ont demandé au Saint-Père de consacrer les jeunes du monde entier au Sacré-Coeur, ce qu’il fit à la fin d’une veillée de prière et d’adoration eucharistique plutôt tempétueuse.
Le jeune Bernardo fait ses études au collège jésuite de Medina del Campo. Il se sent tellement attiré par la vie spirituelle des jésuites que, dès l’âge de 14 ans, il demande la permission d’entrer dans la Compagnie de Jésus. Son admission ne se fait pas sans difficultés étant donné son jeune âge et son apparence plutôt chétive. Malgré tout, Bernardo est accepté et entreprend son noviciat en 1726. Pendant les deux années qu’il passe au noviciat, deux «petits jeunes», comme on aime les appeler affectueusement, Louis de Gonzague et Stanislas Kostka, sont canonisés. Un troisième «petit jeune», Jean Berchmans, dont le procès de canonisation est en cours, l’inspire beaucoup. De jeunes saints —malgré leur jeunesse, on ressent qu’ils sont imprégnés d’une surprenante maturité spirituelle, d’une profonde et divine sagesse qu’ils tiennent de Dieu.
Cela s’est manifesté très certainement en Bernardo de Hoyos qui, en 1732, à l’âge de 21 ans —l’âge où la plupart de nos jeunes hommes et jeunes femmes vivent encore leur adolescence— était déjà capable de dire à son directeur spirituel «Je vois que mon coeur est tout en mouvement vers son Dieu, comme le fer est attiré par l’aimant. Il aime Dieu seul, il cherche Dieu seul, il aspire à Dieu seul.» Le 3 mai 1733, Bernardo sent que le Seigneur lui confie une mission: «Je te confie la tâche de diffuser à travers toute l’Espagne la dévotion à mon Coeur Sacré.» Dès ce moment, cette mission est devenue l’objectif premier dans la vie de Bernardo.
Il constitua d’abord une équipe de collaborateurs dévoués qui s’efforceront de transmettre aux autres l’essentiel de ce qui devait constituer le culte du Sacré-Coeur. La dévotion au Sacré-Coeur peut prendre plusieurs formes qui peuvent nous aider dans notre vie spirituelle: inclure une prière au Sacré-Coeur dans notre prière du matin, participer à la messe et recevoir la sainte communion le premier vendredi de chaque mois, offrir ses souffrances pour le bien de l’Église —le corps mystique du Christ (Colossiens 1.24).
Bernardo diffusa des textes et des images un peu partout et fonda des confraternités et des associations en honneur du Sacré- Coeur. Cependant, la recette principale de son succès à diffuser la dévotion au Sacré-Coeur réside dans sa propre sainteté, dans sa piété et dans son témoignage personnel de l’amour du Christ. Le 2 janvier 1735, Bernardo fut ordonné
prêtre, mais moins d’un an plus tard, il mourut du typhus —le 29 novembre suivant. Très jeune, Bernardo connaissait déjà le mystère qui se logeait dans son coeur. De nos jours, alors qu’il nous semble que beaucoup de nos jeunes sont distraits par les nombreux attraits, parfois éphémères, que le monde leur présente, il est bon de se rappeler la vie de ces saints — sainte Thérèse de Lisieux, la bienheureuse Kateri Tekakwitha, les bienheureux Pier Giorgio Frassati et Bernardo de Hoyos— des jeunes, qui sont tous décédés à l’âge de 24 ans, et qui vivaient dans un état de sainteté. Ces jeunes se sont laissé aimer par le Sacré-Coeur de Jésus. Cet amour les a transformés et les a conduits à la sainteté. Prions le Seigneur de répandre cette même grâce sur nos jeunes d’aujourd’hui.
Voir la revue associée à cet article






