Irak: "Nous n'abandonnerons pas"
Après l’attaque survenue hier à Shaterloo, un quartier pauvre et très peuplé au nord de Kirkuk en Irak, Mgr Louis Sako a souligné le courage des fidèles. Malgré la bombe qui a explosé juste à l’extérieur de l’église syriaque catholique la Sainte Famille, l’évêque a déclaré que lui et ses fidèles « ne cesseront jamais de rendre témoignage au Christ. »
Des dégâts qui auraient pu être pires
L’explosion, ayant éclaté tôt hier matin, était si percutante que les gens qui dormaient dans les maisons voisines ont été blessés par des éclats de verre et d’autres débris. Selon les rapports reçus par l’Aide à l’Église en Détresse (AED), parmi la quinzaine de blessés, il y aurait un bébé âgé de vingt jours et le curé de la paroisse, le Père Imad Yelda. Tous ces blessés, à l’exception d’un homme âgé, ont été libérés de l’hôpital après avoir reçu les traitements appropriés.
L’explosion a été d’autant plus considérable que le véhicule piégé a explosé à côté d’un générateur électrique situé à proximité de l’église. Ainsi, l’explosion a endommagé plusieurs maisons - dont certaines plus sérieusement - et percé un trou dans un mur de l’église.
Dans une entrevue accordée à l’AED, Mgr Sako a dit que les dégâts auraient pu être plus graves si deux autres voitures remplies d’explosifs au centre-ville de Kirkuk, l’une près de l’église Saint-Georges (Mar Gorguis) et l’autre près de l’église anglicane de Kirkuk, n’avaient pas été désamorcées, comme le rapporte le Christian Post.
Mgr Sako s’est dit très choqué qu’un lieu saint tel qu’une église soit attaqué, « d’autant plus, précise-t-il, que cette attaque a eu lieu pendant la sainte période du Ramadan. Cela rend le crime encore plus grave. »
Puis, il insiste en disant que : « Malgré ce qui s’est passé, nous n’abandonnerons jamais. Nous continuerons notre mission. Nous ne cesserons jamais de rendre témoignage au Christ. »
Condamner les atrocités
Il a expliqué que l’attaque s’était passée au milieu d’un séminaire présenté à la Cathédrale de Kirkuk - séminaire consacré pendant l’été à des étudiants s’intéressant à divers sujets dont la religion -. « À la veille de l’attaque, précise-t-il, il y avait 150 personnes lors de ce séminaire. Après l’événement, je leur ai demandé s’ils reviendraient pour continuer et ils ont répondu par l’affirmative. Cela est un grand signe d’espoir. »
Il a ajouté qu’il devait rencontrer aujourd’hui des leaders musulmans – sunnites et chiites – afin d’inciter les imans des mosquées de Kirkuk à condamner les tueries, les enlèvements et toutes les atrocités, se disant certain de leur collaboration.
Il pense que, même si l’identité des malfaiteurs est inconnue, les motifs sont probablement d’ordre politique. Il croit que, même si cela est le cas, il n’y a pas de raisons de cibler les chrétiens. « Les chrétiens n’ont pas d’impact et ne sont pas dangereux politiquement. Tout le monde sait que nous sommes fragiles, pacifiques et que nous voulons dialoguer », affirme-t-il.
Kirkuk, qui a une population de 900 000 habitants, est au centre d’une lutte politico-ethnique entre Arabes, Turkmènes et Kurdes. Ces derniers veulent que la ville soit annexée au Kurdistan alors que les Arabes et le Turkmènes souhaitent qu’elle reste sous le contrôle du gouvernement central irakien.
Enfin, soulignons que l’AED, qui vient en aide aux chrétiens persécutés et souffrants dans le monde, a souvent privilégié l’aide à l’Irak en fournissant diverses installations pour la cathédrale de Kirkuk, en plus de soutenir les sœurs, les séminaristes, les offrandes de messe ainsi que l’aide aux réfugiés et aux personnes déplacées.
(Par John Pontifex, AED Royaume-Uni, adaptation Robert Lalonde, AED Canada)












