Irak: Explosion d’une voiture piégée devant une église à Kirkuk
Des attaques ont débuté à 6h ce matin, quand une voiture piégée a explosé devant l’église syriaque catholique de la Sainte Famille à Kirkuk, dans le nord de l’Irak.
Bilan actuel : 23 blessés
Le bilan de ces attaques fait actuellement état de 23 blessés parmi lesquels des femmes et des enfants - dont deux gravement - ainsi que le curé de la paroisse, le Révérend Imad Yalda. L’explosion a également fait éclater les portes, les fenêtres et le mobilier de l’église sans compter les dommages causés à plusieurs voitures et maisons dans le quartier.
À la suite de cette explosion, la police a découvert deux autres voitures remplies d’explosifs au centre-ville de Kirkuk, l’une près de l’église Saint-Georges (Mar Gorguis) et l’autre près d’une église anglicane avoisinant une école. Notons que Kirkuk est située à 250 kilomètres au nord de Bagdad et compte 600 000 habitants.
Même s’il s’agirait, selon le Père Imad Hanna, l’un des prêtres de la paroisse, de la première fois que cette église est la cible d’une attaque, les chrétiens irakiens ont tout de même fait l’objet de plusieurs attentats en 2010.
Rappelons particulièrement le massacre survenue le 31 octobre 2010, lors d’une attaque terroriste à la cathédrale syriaque catholique Notre-Dame-du-Salut, à Bagdad. Les assaillants avaient alors fait irruption au cours d’une messe pour abattre les prêtres et les fidèles, laissant sur leur passage au moins 52 morts.
Diminution importante de la population chrétienne
Bien sûr, tous ces événements ont une influence énorme sur l’exode des chrétiens. D’ailleurs, selon les rapports des Nations Unies en 2010, jusqu’à 40 % des 1,6 million de réfugiés irakiens à l’étranger sont chrétiens.
De plus, dans le rapport publié par l’Aide à l’Église en Détresse (AED) en 2011, intitulé Persécutés et Oubliés?, on apprend que, selon certains des principaux évêques irakiens, le nombre de chrétiens dans le pays serait passé de 900 000 à moins de 200 000 au cours de la dernière décennie.
« Ce déclin est beaucoup plus abrupt que ce que suggèrent les données officielles. En 2011, certaines sources ont publié des données encore plus sombres quant au nombre de chrétiens en Irak. Aucune solution aux problèmes n’est envisageable et l’émigration chrétienne se poursuit », précise le rapport de l’AED.
Toutefois, le Révérend Haithem Akram, prêtre de l’une des paroisses attaquées, reste convaincu que, même si les chrétiens irakiens représentent une cible facile à atteindre compte tenu du manque de protection militaire, ils ne fuiront pas malgré les attaques terroristes.
«Les terroristes veulent nous faire fuir l’Irak mais ils échoueront. […] Nous resterons dans notre pays », conclut-il.












