19 mars: Fête à l'Oratoire
Depuis plusieurs années, je préside une eucharistie à l'Oratoire Saint-Joseph le 19 mars. Maintenant que le frère André est canonisé, je le ferai avec une joie particulière, m'émerveillant de voir comment Dieu peut bien faire les choses.
Quand le frère André est entré dans la Congrégation de Sainte-Croix, qui aurait prédit qu'il serait un jour officiellement inscrit au répertoire liturgique des saints et des saintes? Et quand Joseph, l'époux de Marie, vivait sur terre, qui aurait pu penser au culte qui lui serait un jour rendu? Dieu « élève les humbles », a chanté Marie dans son Magnificat. Comme elle a raison!
Les premières indications que nous possédons concernant l'existence d'un culte à saint Joseph se situent aux alentours de l'an 800. Nous trouvons en effet son nom inscrit dans un martyrologe du Nord de la France qui date de cette époque. Le martyrologe, on le sait, est ce livre dans lequel sont recueillies de brèves indications concernant les saints et les saintes qu'on célèbre ou dont on fait mémoire au long de l'année liturgique.
C'est au XVe siècle que le culte à saint Joseph prit pleinement et largement son essor. En 1481, le pape Sixte IV fit inscrire son nom au missel romain et, en 1621, Grégoire XV étendit sa fête à l'Église universelle.
Il est intéressant de noter qu'à peine quelques années plus tard – en 1624 – les Récollets du Canada reconnurent saint Joseph comme patron et protecteur spécial du Canada. Il faut aussi savoir que les missionnaires baptisaient souvent les Indiens en les nommant Joseph, et que les parents catholiques étaient vivement encouragés à donner à leurs fils le nom de Joseph comme premier patronyme au baptême.
En 1870, longtemps après avoir été adopté comme patron du Canada, saint Joseph fut proclamé patron et protecteur de l'Église universelle par le pape Pie IX. D'autres honneurs lui furent accordés par la suite. En 1955, Pie XII institua la fête de « saint Joseph travailleur », célébrée le jour de la fête des travailleurs, le 1er Mai. Moins de dix ans plus tard, Jean XXIII choisit Joseph comme patron du concile Vatican II, et, avant même que le concile soit achevé, il demanda que son nom soit introduit dans le canon de la messe.
Le nom de Joseph se trouve aujourd'hui dans la première prière eucharistique de la messe, et saint Joseph est patron principal ou secondaire de quatre diocèses canadiens : Mackenzie-Fort Smith, Ottawa, Winnipeg et Rouyn-Noranda.
À Montréal, nous nous réjouissons d'être le diocèse dans lequel a été construite la plus grande basilique du monde dédiée à saint Joseph.
† Jean-Claude Turcotte
Archevêque de Montréal












