Les actualités - Le Jeudi 24 Mai 2012

Colombie : Malgré la libération d’Ingrid Betancourt, le peuple souffre

Même si la libération d’Ingrid Betancourt, qui a été reçue lundi dernier par le Pape Benoît XVI, est un motif de joie et d’espérance, le quotidien en Colombie continue d’être marqué par la violence. C’est ce qu’a déclaré Mgr Pablo Salas, évêque d’Espinal, au bureau Allemand de l’œuvre internationale de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse.


Un aspect toujours troublant : les enfants soldats (ici en Colombie). : Photo AED

Un aspect toujours troublant : les enfants soldats (ici en Colombie).

Photo AED

En raison du climat de violence, les gens vivent dans une peur permanente et ne peuvent avoir de vie normale. « En plus de l’organisation terroriste FARC bien connue, il y a encore d’autres groupes armés d’extrême gauche et d’extrême droite qui soumettent les gens à des pressions, à la violence et à la mort », ajoute Mgr Salas. « Presque chaque Colombien, ou tout au moins un membre de sa famille, a déjà vécu la violence ». Dans son diocèse, « les prêtres assassinés et les églises détruites par des bombes à gaz donnent un triste témoignage de cette souffrance », rapporte l’évêque âgé de 51 ans. De nombreuses personnes se voient contraintes d’émigrer.

« En plus du combat contre la violence, l’engagement contre l’injustice sociale et la pauvreté qui en résulte devrait être la priorité des politiciens. Trop de monde continue d’avoir trop peu de terres ou ne possèdent pas les moyens d’en vivre », estime Mgr Salas. Il ajoute dans son communiqué « qu’il n’y a pas de routes dans son diocèse et que les paysans travaillent dur. Souvent, ils n’ont pas d’outils pour faire la récolte ou pas de charrette pour la transporter, ou alors il n’y a pas de routes pour les charrettes. Cela décourage beaucoup les paysans et les met en colère. Leur situation s’est encore détériorée au cours des ces dernières années. »

Selon Mgr Salas, le « devoir de l’Église est d’être un instrument de paix et une voix prophétique pour la justice et la vérité, une voix avant tout pour les pauvres et ceux qui souffrent. La paix en Colombie ne devrait pas être une paix des cimetières, mais une paix vivante à laquelle chacun puisse participer. » L’évêque d’Espinal conclue son message en indiquant que « le message de l’Église est certes respecté, mais les gens font trop la sourde oreille » (Par Mario Bard et Eva-Maria Kolmann).

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