Un “spécial pour filles”, petites et grandes
Il est de plus en plus difficile de trouver des romans qui conviennent à nos jeunes adolescentes et qui respectent nos valeurs chrétiennes. En faisant le tour à la bibliothèque municipale, j’ai découvert combien la jeunesse s’abreuvait d’horreur, même chez les filles: le diable par ici, la sorcellerie par là, les esprits maléfiques presque partout et l’ésotérisme à toutes les sauces. Une fois cette catégorie de livres éliminée, il ne reste plus que des livres de fifilles à l’eau de rose ou pire, de “poupounes” pas mal branchées (pour ne pas dire osées) dont les seuls intérêts sont les garçons, le magasinage et le maquillage! Beurk! Une chance qu’on peut encore piger dans les récits d’antan!
LE SECRET DE MOONACRE, ELIZABETH GOUDGE, JOSETTE CHICHEPORTICHE (TRADUCTEUR), HACHETTE, 2009, 333 PAGES.
Alors qu’elle vient de perdre ses parents, Maria Merryweather, une jeune fille à peine sortie de l’enfance est envoyée chez son oncle. Elle y découvre un monde fabuleux et féerique qui renferme des secrets mystérieux du passé des Merryweather.
L’auteur a écrit ce roman en 1946. Contrairement au film du même nom, le livre est fortement imprégné de culture protestante ou anglicane. Alors que l’oeuvre cinématographique est ennuyeuse, plate, sans intérêt, le livre, lui, fait vivre des moments d’émerveillement. Nous l’avons lu avec passion, ma fille (13 ans) et moi. Une histoire pleine d’intrigues et de personnages plus grands que nature, vraiment attachants.
L’intérêt d’une histoire écrite depuis belle lurette, c’est le fait, comme je le soulignais en introduction, que certaines valeurs, absentes de la plupart des romans d’aujourd’hui, s’y trouvent encore. Ici: dignité, intégrité, pardon, respect, honneur et persévérance. Une lecture envoûtante à laquelle on s’intègre dès le début, où l’imagination a tout ce qu’il faut pour permettre au lecteur de se représenter les décors et devenir l’ami des personnages.
Ce roman est un best-seller en Angleterre depuis des décennies. Il a été couronné du «Carnegie-Medal» en 1946, prix honorifique très prestigieux, décerné par un jury de bibliothécaires. Tous les romans d’Elizabeth Goudge séduiront certainement les jeunes filles, à partir de 12-13 ans, selon leur maturité.

ADIEU, MA PATRIE, ANGÉLIQUE RICHARD, FILLE D’ACADIE, GRAND-PRÉ, ACADIE, 1755, SHARON STEWART, TEXTE FRANÇAIS DE MARTINE FAUBERT, ÉDITIONS SCHOLASTIC, COLLECTION CHER JOURNAL, 2004, 204 PAGES.
Un beau livre, présenté comme un journal personnel de grande qualité, avec un couvert rigide, auquel est attaché un beau ruban en guise de signet et du papier ayant une finition à l’ancienne, une tranche aux bords irréguliers, comme lorsqu’on devait passer le coupe-papier entre les pages.
Une collection que je ne connaissais pas, mais qui semble vraiment intéressante et dont les thèmes sont plus souvent historiques ou même patriotiques; une occasion de sensibiliser notre jeunesse à l’importance de son identité. En voici quelques titres: Ma soeur orpheline - Seule au Nouveau Monde - Si je meurs avant le jour - Une immense terre à conquérir - Un océan nous sépare. Tous sont présentés sous forme de journal intime rédigé par de jeunes adolescentes.
Dans celui que je vous présente aujourd’hui, il est question de l’Acadie. La lutte d’une famille chrétienne pour garder son pays, ses biens, son identité, son âme! La peur des uns se comprend et le courage des autres est éloquent.
Le dur labeur quotidien de l’époque fait réfléchir à toutes nos facilités d’aujourd’hui. Encore une fois, j’aime bien penser que nos jeunes liront ces lignes, elles qui ont tout ce qu’elles veulent tout cuit dans le bec… La démarcation est impressionnante: aujourd’hui les problèmes vestimentaires se situent au niveau de l’embarras du choix dans les boutiques; à l’époque, non seulement il fallait confectionner les vêtements, même à 12 ans, mais en plus, on devait tisser le tissu ou filer la laine d’abord!
Angélique, celle qui se raconte dans les pages de ce journal, est une jeune fille au caractère tranchant. Comme c’est souvent le cas lorsqu’on est jeune, il n’y a pas beaucoup de nuance; c’est noir ou blanc, jamais gris. Une passionnée, qui a une opinion bien arrêtée sur tout ce qui l’entoure.
En rafale

TELLE UNE ABEILLE, ISABELLE GIRARD.
J’en ai déjà parlé il y a un bon bout de temps. Un premier roman d’Isabelle Girard qui se lit d’un trait. Une toute petite fille abandonnée sur un trottoir avec un bébé dans les bras, à Rio. Par instinct de survie, sans trop l’avoir prévue, elle se fait passer pour un garçon. Son histoire est touchante et bouleversante.

LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE, LAURA INGALLS WILDER.
Un autre classique. J’ai eu beau essayer, rien n’y fit. Mes filles ne se sont jamais laissé séduire par le premier livre qu’elles trouvaient ennuyeux. Pourtant, j’y avais vraiment pris goût à l’époque. J’ignore si d’autres jeunes filles pourraient apprécier…

ROUGE POISON, MICHÈLE MARINEAU
Ce livre est une recommandation de ma fille (13 ans), roman que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire, je l’avoue. Mais comme il est rare que Marie-Gabrielle apprécie les polars… Celui-ci l’a complètement subjuguée; elle n’en a fait que trois bouchées (340 pages). Ce sont trois enfants qui en sont les héroïnes, à la recherche de celui qui a empoisonné trois autres enfants avec un anticoagulant provoquant des hémorragies internes. Un roman, long, mais de toute évidence, sans longueurs.

LES CHRONIQUES DE NARNIA, C.S. LEWIS
Beaucoup de gens savent déjà que l’auteur des sept tomes de Narnia s’est converti au christianisme quelques années avant d’écrire son oeuvre. Une oeuvre qui porte la marque du christianisme: un lion, le roi des animaux, qui ressuscite…, c’est une allusion assez claire, merci. Et pourtant, ça marche avec les jeunes! Même ceux qui n’ont pas la foi. Je me dis que pour ces derniers, ça doit déposer au moins des traces d’espérances au fond de leur coeur et de leur mémoire… et qu’un jour peut-être ils seront prêts à recevoir ce message d’espérance du Christ ressuscité!

ANNE AVANT LA MAISON AUX PIGNONS VERTS, BUDGE WILSON
Un autre livre qui semble intéressant, mais dont je n’ai pas encore fait la lecture. C’est la succession de Montgomery qui a commandé le récit à madame Wilson en l’honneur du 100e anniversaire de publication du premier ouvrage de Montgomery, et qui se veut être une suite au célèbre Anne… la maison aux pignons verts. Un ouvrage accueilli par les critiques avec bonheur.
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