Il faut poursuivre les études affirme Développement et Paix
Adoptée en juin 2008, la Loi C-33 (Loi modifiant la Loi canadienne sur la protection de l'environnement de 1999) autorise le gouvernement canadien à fixer la concentration d'agrocarburants dans l'essence vendue au pays dès 2010.
La réglementation, dont la période de consultation publique se termine aujourd’hui, fixe à 5 % le taux d’agrocarburants contenu dans l'essence d’ici la fin 2010 et à 2 % celui d’agrodiesel contenu dans le diésel d’ici 2012.
«Cette réglementation ne fait aucun sens», estime Michael Casey, directeur général de Développement et Paix. Pour l'organisme, le recours aux agrocarburants ne réduira pas du tout les gaz à effet de serre. «En fait, lorsque l’on prend en compte la déforestation et l’utilisation massive des pesticides et des engrais pour la culture des biomasses nécessaires à la production des agrocarburants, les avantages environnementaux sont nuls», ajoute monsieur Casey.
Plus inquiétant pour les populations du Sud avec lesquelles travaille l’organisme, les agrocarburants contribuent à la hausse des prix des aliments qui affecte les pays pauvres. «Plutôt que de produire de la nourriture, les terres du Sud sont accaparées par des producteurs de canne à sucre et de palme africaine pour la seule production d’agrocarburants».
La réglementation prévoit d’importer des céréales du centre des États-Unis. Or, selon un rapport de la Banque mondiale, la diminution des stocks de céréales américains redirigés vers la production d’agrocarburants est en grande partie responsable de la crise alimentaire mondiale de la fin 2008.
«Il faut garder à l’esprit que les 205 kilos de maïs nécessaires pour remplir d’éthanol le réservoir d’un véhicule utilitaire pourraient nourrir une personne durant toute une année», insiste Michael Casey.
Devant ces données, Développement et Paix estime que le gouvernement doit prolonger la période de consultation sur la réglementation concernant les agrocarburants au Canada.
«Il faut que les décisions soient prises en lien avec des études objectives et complètes des impacts sociaux et environnementaux en comparaison avec les bénéfices escomptés», ajoute le directeur général de l’organisme de coopération internationale.
Développement et Paix souhaite que la réglementation soit étudiée plus en profondeur par le Comité de la Chambre des Communes sur l’environnement et le développement durable.
Développement et Paix a mené durant toute l’année une campagne sur la souveraineté alimentaire et les difficultés qu’affrontent les pays pauvres lorsqu’ils veulent l’atteindre. La production d’agrocarburants, selon l’organisme, favorise plutôt l’insécurité alimentaire.
http://www.devp.org/devpme/fr/pressroom/2010/comm2010-06-10-fr.html
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