D’anciens enfants soldats reçoivent le soutien de l'AED en République Démocratique du Congo
L’organisme international de charité catholique soutient présentement, par le moyen d’une aide d’urgence, plus de 1000 déplacés qui ont fui le groupe rebelle ougandais de l’Armée de Résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army – LRA), durant le raid de leurs villages dans la province du Haut-Uélé, dans le Nord-Est de la RDC.
Depuis maintenant plus de deux ans, la LRA attaquent de plus en plus de villes et de villages, enlevant les enfants et tuant la population sans aucune distinction.
Selon Mgr Julien Mbia, évêque d’Isiro-Niangara qui supervise les efforts pour les réfugiés, les enfants qui ont été enlevés sont particulièrement à risque. « Les garçons sont entraînés pour se battre alors que les filles sont forcées à devenir des esclaves sexuelles. » Le soutien d’urgence assuré par l’AED – un montant de plus de 7000 dollars canadiens – a été envoyé par le bureau britannique de l’organisation et s’inscrit dans le cadre des activités de l’Église catholique de la RDC.
Ce montant permet dès maintenant à Mgr Mbia de nourrir les survivants des attaques des LRA, de donner un abri temporaire et des couvertures à ceux qui ont dû fuir quand leurs huttes ont été brûlées. Ce montant permettra également de fournir des vêtements, alors que les familles déplacées ont dû laisser derrière elles tout ce qu’elles avaient lorsque les LRA ont attaqués, portant peu ou pas du tout de vêtements.
Le programme de Mgr Mbia prévoit également des médicaments pour soigner les blessures de ceux qui ont eu les lèvres et les oreilles coupées durant les attaques des rebelles. « En l’espace de 20 minutes, ils peuvent tout fouiller – ils pillent la nourriture et se saisissent des jeunes », décrit l’évêque.
«Ils sont passés par l’enfer»
L’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières rapporte que des patients racontent de nombreuses histoires d’enfants qui ont été forcés de tuer leurs propres parents. « Il est difficile d’imaginer la cruauté de ces jeunes garçons, drogués pour être capables de tuer leur famille », explique Christine du Coudray, responsable de projets pour l’Afrique francophone et le Soudan à l’AED. « S’ils résistent, ils sont tués devant les autres. »
Certains des enfants rescapés ont raconté comment ils ont été forcés de se battre, alors qu’on ne leur donnait qu’un seul repas par jour. Selon Mme du Coudray, cette privation de nourriture est un autre moyen pour garder le contrôle sur les enfants.
Le prêtre missionnaire Combonien Romani Segalini a raconté à l’AED : « Ils sont traumatisés, et plusieurs d’entre eux sont malades. » Le prêtre, prend soins de 22 anciens enfants soldats à la frontière ougandaise ajoute : « Ils sont passés par l’enfer, mais maintenant ils sont avec nous, et nous voulons les aider à trouver un nouvel espoir. » Le plus jeune des enfants que le missionnaire a recueilli est âgé d’à peine 10 ans… « Plusieurs d’entre eux sont blessés; ils nous ont montré leurs cicatrices, les résultats de la violence. Les filles ont toutes été violées. »
Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient l’Église de la RDC depuis des années. En 2009, plus de 2 400 000 dollars ont aidé cette Église, particulièrement dans les régions de l’Est du pays, affligée par des violences liées à l’exploitation illégale des ressources naturelles.








