Le gouvernement n’arrive pas à défendre les chrétiens
Selon l'archevêque de Mossoul (Irak), Mgr Georges Casmoussa, le gouvernement et les forces de sécurité en Irak n'arrivent pas à protéger les chrétiens des menaces de militants décidés à les chasser du pays.
L'évêque a parlé d'une possible collusion entre les terroristes antichrétiens et certains partis politiques marginaux, et a critiqué les autorités, en disant qu'elles sont « trop occupées à organiser des rencontres » pour garantir la sécurité des minorités.

Les catholiques ne sont pas la seule minorité ciblée par les islamistes. Sur notre photo, des parents transportent le cercueil de l'une des quelque 60 victimes d'une attaque dirigée contre les shiites de la capitale, le 23 avril dernier.
Photo CNS/Stringer via Reuters
Dans un entretien à l'association internationale Aide à l'Eglise en détresse (AED), qui apporte son aide aux chrétiens persécutés et souffrants, l'évêque syro-catholique a fait part de ses craintes d'un échec du travail de coordination entre l'armée, la police et le gouvernement irakien qui, selon lui, serait « une porte ouverte » pour les terroristes.
Mgr Casmoussa, qui a demandé l'intervention des Nations unies pour défendre les chrétiens, a confié ses impressions à l'AED au retour d'une visite à l'hôpital auprès de personnes, notamment des jeunes blessés dans l'attaque de dimanche contre un convoi d'autobus bondés d'étudiants chrétiens (cf. ZENIT, 4 mai 2010).
Cet attentat est le dernier d'une série d'attaques antichrétiennes depuis 2004, qui feraient partie d'un plan visant à mettre fin à la présence de l'Eglise la plus ancienne de l'Irak, qui remonte aux origines du christianisme.
« Nous sommes très en colère pour ce qui est arrivé, et sommes plein de tristesse pour tous ceux qui ont tant souffert », a déclaré Mgr Casmoussa. « Nous sentons que le pays n'a pas de gouvernement central. Les autorités sont trop occupées à organiser des rencontres et ce qui est fait n'est pas suffisant ».
« L'armée n'est pas proche du gouvernement, et le gouvernement n'est pas proche de la police, a-t-il déploré. Il y a des personnes qui ont des responsabilités, mais elles ne sont pas coordonnées dans leurs actions, et ceci est une porte ouverte pour les terroristes ».
« Certains politiques sont impliqués dans les agissements des terroristes et il arrive que des meurtres soient commis au nom de partis politiques », a-t-il ajouté.
L'archevêque a ensuite critiqué le fait que le gouvernement ne parvienne pas à présenter les terroristes devant la justice. « Nous voyons que les personnes qui ont tué des chrétiens sont en prison, mais aucune procédure juridique n'est en cours contre elles ». « Nous demandons au gouvernement central de trouver les responsables, de les juger, de leur faire un procès sur la base du droit international ».
« Ce jugement doit être public et connu de tous », a-t-il conclu. « Nous demandons aux Nations unies - et aux Etats-Unis qui sont les maîtres de la situation - d'aider les minorités, surtout les chrétiens ».







