Les actualités - Le Dimanche 12 Février 2012

Un cas français montre l'importance de la décision de Jean-Paul II

Le bien fondé du transfert de la compétence des cas de pédophilie à Rome

Par ZENIT.org
Italie
Samedi 17 Avril 2010

Un cas français où l'évêque n'a pas « dénoncé » lui-même un prêtre de son diocèse - dénoncé par les victimes -, ré-apparaît dans la presse. Le Vatican réagit en manifestant le bien fondé de la décision de Jean-Paul II en 2001 de transférer ces cas à Rome.

A propos d'une lettre du cardinal Castrillon Hoyos, alors préfet de la Congrégation romaine pour le Clergé, à l'évêque de Bayeux-Lisieux, en date du 8 septembre 2001, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi a fait ce soir la déclaration suivante :

« Ce document prouve combien est opportune l'unification du traitement des cas d'abus sexuels sur des mineurs de la part de membres du clergé, sous la compétence de la congrégation pour la Doctrine de la Foi, pour en garantir une conduite rigoureuse et cohérente, comme il est advenu effectivement avec les documents approuvés par le pape en 2001 ».


La difficulté pour un évêque de dénoncer un prêtre de son « presbyterium » a provoqué la réforme de Jean-Paul II : tous les cas devaient être désormais transférés à la compétence de la Doctrine de la foi, à Rome. C'est ce qu'indique le motu proprio "Sacramentorum sanctitatis tutela" du 30 avril 2001.

Pour que les coupables rendent compte de leurs actes devant les tribunaux, l'Eglise encourage les victimes à les dénoncer et à porter plainte, tout en demandant aux coupables de se remettre eux-mêmes à la justice.

Récemment, la copie d'une lettre adressée par le cardinal Castrillón Hoyos à Mgr Pierre Pican, évêque de Bayeux-Lisieux, a été publiée dans la presse : l'évêque n'avait pas « dénoncé » lui-même un prêtre de son diocèse, tenu par le « secret professionnel ».

Mgr Pican a été pour cela à l'époque mis en examen, et dans une déclaration du 7 septembre 2001, il avait annoncé son choix de ne pas faire appel de sa condamnation pour épargner un nouveau procès aux victimes et au diocèse.

« Après avoir pris le temps de réfléchir, j'ai décidé de ne pas faire appel de la décision du tribunal correctionnel de Caen, en date du 4 septembre 2001, qui m'a condamné à trois mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d'atteintes sexuelles sur mineurs ».

Il souligne que ce qui est en cause est le secret « professionnel » : « Ce procès extrêmement complexe dépassait ma propre personne. Essayant de prendre de la distance par rapport à ce que j'éprouve, je constate qu'ont été réaffirmés des principes de première importance touchant le respect des personnes, à travers l'option de conscience et le secret professionnel des ministres du culte ».

Il regrette cette « restriction du champ du secret professionnel qui ne laisse pas d'inquiéter » et estime qu' « une telle remise en cause -même partielle- de la jurisprudence admise et constamment réaffirmée jusqu'ici » demanderait qu'il fasse appel.

Il songe alors aux victimes et à ses diocésains : « Je ne saurais oublier l'épreuve subie par les victimes de l'abbé Bissey. Même si certains ne l'ont pas perçu, j'ai constamment été habité par l'ampleur de leur drame, et les souffrances qui se sont exprimées lors des procès m'ont marqué en profondeur. Aussi ai-je voulu manifester ma volonté d'apaisement à l'égard des parties civiles et ne pas raviver les blessures, au cours d'un nouveau procès qui se déroulerait devant la cour d'appel de Caen. J'ai aussi beaucoup pensé à mon diocèse, à l'Eglise, à toutes celles et ceux qui, de bien des manières, ont été affectés par cette situation ».

La lettre du cardinal Castrillón Hoyos date du lendemain de cette déclaration, le 8 septembre : ce n'est donc pas un encouragement a priori ou une ligne de conduite avant l'affaire. C'est une réaction au choix de Mgr Pican et à sa déclaration.

L'assemblée plénière des évêques français à Lourdes, en novembre 2000, avait abordé ouvertement le problème de la pédophilie de certains prêtres.

Mgr Louis-Marie Billé, archevêque de Lyon - devenu ensuite cardinal - et alors président de la Conférence épiscopale, avait publié une déclaration affirmant que « les prêtres qui se sont rendu coupables d'actes à caractère pédophile doivent répondre de ces actes devant la justice ».

La conférence épiscopale a ensuite publié une brochure intitulée « Lutter contre la pédophilie, repères pour les éducateurs » que l'on peut télécharger en ligne en cliquant sur le lien hypertexte.

Anita S. Bourdin

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Messe à Saint-Pierre pour le président polonais Lech Kaczynski

Le cardinal doyen Angelo Sodano préside la célébration

ROME, Jeudi 15 avril 2010 (ZENIT.org) - Le cardinal Angelo Sodano, doyen du Collège des cardinaux a présidé ce soir, à 17 h, en la basilique Saint-Pierre une messe de suffrage pour le défunt président polonais Lech Kaczynski et les autres victimes de la catastrophe aérienne de Smolensk de samedi dernier.

Le corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège ou d'autres organismes internationaux à Rome et une délégation du gouvernement italien ont assisté à la célébration, ainsi que de nombreux Polonais présents à Rome.

Le cardinal Sodano était entouré de plusieurs cardinaux, dont le cardinal français Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, ancien « ministre des Affaires étrangères » de Jean-Paul II, mais aussi les cardinaux Angelo Comastri, archiprêtre de la basilique vaticane, Edmund Szoka, Giovanni-Battista Re, préfet de la Congrégation des évêques, et Bernard Law, archiprêtre de Sainte-Marie Majeure.

Anya Artymiak, journaliste polonaise, a confié à Zenit ses impressions à l'issue de la célébration qui a eu lieu à l'autel de la Chaire de Saint-Pierre. Elle a ressenti une grande émotion, mais en même temps beaucoup de sérénité. Elle a cité notamment une religieuse polonaise qui travaille au Vatican à l'atelier de restauration des tapisseries, les larmes aux yeux d'avoir pu participer à une telle célébration en une telle occasion.

Le cardinal Sodano s'est adressé aux « frères et sœurs » de Pologne dans leur langue, citant Jean-Paul II et son fameux « N'ayez pas peur ». Il a aussi exhorté à la foi et à l'espérance en soulignant que les personnes qui ont disparu dans la catastrophe ne sont pas « perdues » mais que leurs vies sont « transformées ».

Désormais, a dit en substance le cardinal doyen, les peines, les fatigues les difficultés sont finies pour ces défunts, mais leurs bonnes œuvres les suivent et leurs survivent. Et les Polonais, dont la patrie a une longue histoire de souffrance, peuvent compter sur l'amour de Dieu aussi dans cette épreuve.

L'accident ayant eu lieu la veille de la grande fête de la Miséricorde divine, le cardinal Sodano n'a pas manqué de confier les défunts « aux mains de la Miséricorde de Dieu ».

Faisant allusion au fait que la délégation polonaise se rendait au lieu du massacre de plus de 22.000 Polonais par le NKVD de Staline, à Katyn, le cardinal Sodano a aussi prié pour ces autres défunts de Pologne : Katyne porte désormais le symbole de la Croix du Christ, symbole de « gloire », a-t-il souligné.

C'est l'ambassadeur de Pologne près le Saint-Siège, Mme Hanna Suchocka, qui a souhaité - elle l'a expliqué à la fin de la messe en remerciant toutes les personnes présentes - qu'une telle messe puisse rassembler tous ceux qui souhaitaient faire un geste de solidarité à l'occasion de cet accident tragique qui décapite la classe politique polonaise.

Elle a aussi souhaité que cette messe soit présidée par le cardinal Sodano, non seulement parce qu'en tant que secrétaire d'Etat il a accompagné Jean-Paul II dans ses voyages dans sa patrie, mais parce qu'il a fait aussi lui-même plusieurs voyages en ce pays. Elle a aussi remercié le cardinal Comastri qui a permis une telle célébration dans la basilique vaticane.

Le cardinal Sodano représentera le pape aux funérailles du président polonais, dimanche prochain, à Cracovie.

Anita S. Bourdin


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