Le pape accusé de complaisance envers un pédophile
N.D.L.R. Cet article est tiré de la prochaine édition du Nouvel informateur catholique (Le Nic) datée du 11 avril 2010. Il nous apparaît important, dans le contexte actuel des diffamations orchestrées par les médias, de devancer la publication papier en le publiant immédiatement sur ce portail de l'Internet.
Les médias diffusent à une vitesse effarante un autre scandale sexuel qui éclabousse, cette fois, Benoît XVI directement. On accuse le pape d’avoir couvert les abus d’un prêtre pédophile américain alors qu’il était préfet de Congrégation pour la doctrine de la foi. La remise en cause du Chef visible de l’Église catholique, qui a fait saliver la presse du monde entier, était publiée dans le «New-York Times» du 25 mars. On y rapportait des faits réels mais en dénaturant leur sens.

À la suite de la publication de l'article du New York Times, des victimesont manifesté sur la place St-Pierre, pour réclamer que toute la lumière soit faite autour des abus sexuels par des prêtres catholiques.
Photo CNS/Alessandro Bianchi, Reuters
Le jour même de la publication du reportage diffamatoire, le Vatican défendait sa décision, remontant à 1998, de ne pas avoir laïcisé un prêtre du Wisconsin qui a abusé d’enfants atteints de surdité. Et ceci, en dépit des recommandations de l’archevêque du diocèse de Milwaukee de l’exclure du sacerdoce.
Selon le reportage du journal newyorkais, la décision du Vatican de ne pas procéder à un procès canonique qui aurait pu aboutir à la laïcisation serait survenue après que le prêtre aurait lancé un appel à la miséricorde dans une lettre adressée personnellement au cardinal Ratzinger.
Un officiel du Vatican, interrogé par CNS, «Catholic News Service», sur les dessous de l’affaire, a soutenu que le reportage du «New York Times» était injuste parce qu’il n’a pas tenu compte du fait qu’à l’initiative du cardinal Ratzinger lui-même, de nouvelles procédures pour traiter les cas de prêtres abuseurs ont été mises en place en 2002, incluant des mesures facilitant leur laïcisation.
«De tels cas seraient traités différemment aujourd’hui, sur la base de la jurisprudence et de l’expérience, a-t-il fait valoir. Mais vous ne pouvez accuser des gens de ne pas appliquer en 1998 des principes établis en 2002.»
Les circonstances
Le cas relevé par la publication newyorkaise concerne l’abbé Lawrence C. Murphy, qui a travaillé dans une école pour sourds à Milwaukee de 1950 à 1974. Au début des années 1970, de multiples plaintes d’abus sexuels étaient signalées à la justice civile. Mais après enquête de la police, les allégations n’aboutissaient pas à des accusations formelles. Le prêtre a alors été suspendu de ses fonctions par l’autorité diocésaine pendant un certain temps puis rétabli dans son ministère pastoral à Superior, Connecticut jusqu’en 1993.
Le reportage du «New York Times» affirme, sur la foi de documents obtenus des avocats impliqués dans une poursuite contre l’archidiocèse de Milwaukee, que l’archevêque d’alors, Mgr Rembert Weakland, avait embauché un travailleur social pour interviewer le père Murphy. Ce dernier a admis qu’il avait abusé près de 200 garçons durant les quelques 25 années de son emploi à l’école de sourds et ne semblait pas éprouver de remords. À la suite de ce rapport, le prêtre était retiré du ministère.
En 1996, l’archevêque Weakland écrivait au cardinal Ratzinger pour l’informer du cas parce qu’il impliquait des «sollicitations au confessionnal», un péché qui, en raison de sa gravité, réclamait l’intervention de la Congrégation romaine (contrairement aux autres délits sexuels qui sont ordinairement traités au niveau diocésain).
Plus tard la même année, la Congrégation demandait aux évêques du Wisconsin d’intenter un procès canonique contre le père Murphy. Mais le processus était arrêté à la suite de la lettre de Murphy au cardinal Ratzinger.
Le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a expliqué que par le temps que la Congrégation de la doctrine de la foi a été informée du cas en 1996, le prêtre incriminé était devenu vieux et malade. En 1998, «à la lumière du fait que le père Murphy était très vieux et de santé fragile, qu’il vivait en reclus et qu’aucune allégation d’abus n’avait été rapportée en plus de 20 ans, la Congrégation pour la doctrine de la foi a suggéré à l’archidiocèse de Milwaukee de tenir compte de la situation, par exemple, en restreignant le ministère public et en exigeant du père Murphy qu’il accepte la pleine responsabilité de la gravité de ses actes.»
Le journal du Vatican, «L’Osservatore Romano», commentait à la Une de son édition du 25 mars l’article du «New-York Times», alléguant qu’il prenait part à une campagne des médias contre le pape. Il défendait le pape Benoît en faisant valoir «sa transparence, sa fermeté et sa sévérité en mettant en lumière divers cas d’abus sexuels commis par des prêtres et religieux», comme le démontre sa récente lettre aux catholiques irlandais.
«Mais la tendance dominante des médias consiste à ignorer les faits et à déformer les interprétations de manière à décrire l’Église catholique comme la seule institution responsable des abus sexuels, une image qui ne correspond pas à la réalité».
La stratégie, a-t-il ajouté, reflète «l’évidente et honteuse tentative de frapper à tout prix le pape Benoît et ses plus proches collaborateurs»(source CNS - John Thavis).







