Benoît XVI accusé par la presse d'avoir défendu un pédophile?
La campagne anti-pape recommence, affirme le journaliste-bloggeur Patrice de Plunkett. A l'approche de la Passion, ils se déchaînent contre le Pape peut-on lire sur le blog Salon Beige. Et Jeanne Smith parle de Manipulation, déformation et haine de l'Église. En effet, le New York Times accuse le pape (anglais), alors qu'il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi d'avoir couvert les abus d'un prêtre américain pédophile. Or ce n'est pas la réalité. Monsieur de Plunkett va même jusqu'à dire que c'est un "faux scoop". C'est sûrement pour cette raison que le Vatican s'est empressé de réagir à l'article qui fait le tour de la planète et, du coup, justifie et donne prise aux détracteurs de l'Église catholique.
Selon le New York Times, Joseph Ratzinger se serait abstenu de poursuites contre un prêtre accusé d'avoir violenté environ 200 enfants sourds d'une école du Wisconsin (nord des Etats-Unis) entre 1950 et 1974.
Le père Federico Lombardi, responsable des communications au Vatican, souligne notamment que la Congrégation n'a été saisie "pour la première fois" qu'"à la fin des années 90, après que plus de deux décennies se soient écoulées" depuis la révélation des abus aux responsables du diocèse et à la police.
Selon les agences de presses, "les documents provenant d'une action en justice sur cette affaire font état à ce sujet d'une correspondance adressée directement par le prêtre Lawrence C. Murphy au cardinal Joseph Ratzinger en 1996. Murphy a travaillé dans cette école de 1950 à 1974. Cette affaire comprend des actions en justice contre l'archevêché de Milwaukee, entreprises par cinq hommes dont les avocats ont transmis au journal ces documents tenus longtemps secrets. Un procès secret devant un tribunal ecclésiastique contre Murphy avait été stoppé après qu'il eut écrit à Joseph Ratzinger le suppliant d'arrêter cette procédure, ajoute le Times. “Je veux simplement vivre le temps qui me reste dans la dignité de mon sacerdoce”, avait alors écrit le révérend Murphy au cardinal Ratzinger. “Je demande votre aide dans cette affaire” poursuit le religieux américain. Aucune réponse de Joseph Ratzinger ne figure dans les documents, et Murphy est mort deux ans plus tard (4 mois selon le Vatican) en 1998 alors qu'il était toujours prêtre, ajoute le New York Times. Les documents du Wisconsin, poursuit le Times, montrent que trois archevêques de l'Etat savaient que Lawrence Murphy abusait d'enfants mais cela n'a jamais été rapporté aux autorités civiles. Le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, a déclaré au New York Times que cette nouvelle affaire était "tragique", estimant que le révérend Murphy abusait d'enfants "particulièrement vulnérables", soulignant la notification tardive au Vatican et que de préalables enquêtes à ce sujet avaient été écartées.
Est-ce que le New York Times (et tous les autres qui les suivent à la trace) ne confondrait pas ici les roles et responsabilités des autorités civiles avec celles des autorités ecclésiastiques? De plus, le père Lombardi nous informe que les autorités civiles américaines ont enquêté sur le père Murphy dans les années 70, suite aux accusations de ses victimes, mais que ces enquêtes ont été abandonnées. Donc, même au civil on a abandonné les charges!
"Il est important de souligner que la question canonique présentée à la Congrégation n'avait aucun lien avec une quelconque procédure civile ou pénale contre le père Murphy", souligne le texte, selon lequel le Vatican n'a été saisi que parce qu'il s'agissait d'"une violation du sacrement de la pénitence", certains abus ayant été commis dans un confessionnal.
"Etant donné que le père Murphy était vieux, en mauvaise santé, qu'il vivait en réclusion et qu'il n'y avait eu aucune information sur d'éventuels abus au cours des 20 dernières années, le Congrégation pour la doctrine de la foi a suggéré à l'archevêque de Milwaukee d'envisager de restreindre les activités religieuses du père Murphy et de demander au religieux d'accepter la pleine responsabilité pour la gravité de ses actes", poursuit le Vatican.
Je cite quelques éléments de réflexion éclairants proposés par Patrice de Plunkett:
"- cette lettre est restée sans réponse du cardinal Ratzinger : on ne voit donc pas en quoi ce dernier aurait « couvert » quelque chose ;
- il s'agit d'une affaire des années 1960, comme la quasi-totalité de celles qui sont sous les projecteurs depuis quelques mois : il n'y a donc pas de « nouveau scandale au Vatican » (il n'y a d'ailleurs pas de précédents scandales au Vatican) ;
- le scandale Murphy a été couvert non par le Vatican, mais par des diocèses : honte contre laquelle Benoît XVI sévit de façon indiscutable ;
- Murphy mentionnait dans sa lettre qu'il était atteint d'une maladie mortelle à un stade avancé ;
- L'interprétation anti-pape du NYT (et des médias français dans la foulée) est sans fondement. Mais cette relance de la campagne confirme ce que chacun voit depuis des semaines : sa cible est la papauté en tant que telle. Peu importe le mal-fondé de certains scoops : l'opinion publique est un peu plus persuadée chaque jour que le pape est impliqué dans la pédophilie. Accusation monstrueusement injuste ? Oui, mais le mal est fait."
"La campagne actuelle, continue monsieur de Plunkett, est menée par des médias partisans des moeurs ambiantes et hostiles au spirituel, donc mal placés pour mener cette bataille ; mais là aussi, peu leur importe : puisque c'est eux qui contrôlent le son et l'image – donc l'opinion publique, ils sont en position d'ajouter, au scandale devant l'abomination (réelle) des prêtres pédophiles d'hier, une offensive contre le pape de 2010 et toute papauté en soi. Car c'est bien là l'objectif."
Et le Salon Beige en remet: "Ils se moquent éperdumment des victimes, ils veulent salir l'Eglise, déstabiliser le Pape, le renverser. La preuve : ils ignorent totalement les autres actes de pédophilie commis en dehors de l'Eglise catholique. La lettre du Pape aux catholiques irlandais les a désarmé un moment. Ils repassent aujourd'hui à l'offensive."
Daniel Hamiche a bien raison de citer Bill Donohue qui dit que "Les mauvaises nouvelles sur l’Église catholique font la une, mais les bonnes nouvelles sont généralement ignorées. À ceux qui disent qu’ils n’y a aucune différence de traitement avec d’autres groupes, qu’ils considèrent ce qui suit. L’Associated Press signale aujourd’hui qu’un rabbin accusé d’avoir violé une fillette de 7 ans à New York voici dix ans, a été arrêté hier alors qu’il sortait de sa synagogue en Arizona. À part un très bref article dans le Daily News de New York, aucun quotidien de New York ou d’Arizona – ou de n’importe où ailleurs – n’a pris la peine de le publier."
Ceci dit, on ne souhaite de scandale à personne... Seulement dénoncer la mauvaise (et fausse) presse.








