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Les actualités - Le Samedi 31 Juillet 2010

Nigéria: L'archevêque de Jos pleure les morts

 Aide à l'Église en Détresse - International (AED)
Par Aide à l'Église en Détresse - International (AED)
International
Mercredi 10 Mars 2010

Une grande messe est prévue au Nigeria pour le vendredi 19 mars – fête de Saint-Joseph (patron du Canada), afin de prier pour victimes des violences des derniers jours qui ont fait au moins 500 morts, dont 100 à 150 personnes dans les villages entourant la ville de Jos. Appel à la prière solidaire.

En entrevue dimanche à l’Aide à l’Église en Détresse (AED), l’archevêque de Jos, Mgr Ignatius Kaigama, a appelé tous les chrétiens du monde à prier, en solidarité avec le Nigeria et son peuple, le 19 mars prochain. Il a également raconté ce qu’il a entendu concernant les tueries de la fin de semaine.


L’archevêque de Jos, Mgr Ignatius Kaigama : Photo AED

L’archevêque de Jos, Mgr Ignatius Kaigama

Photo AED

« Tout ce que je sais, c’est qu’hier (dimanche 7 mars), à deux heures du matin, un groupe de personnes – dont nous ne connaissons pas l’identité – a encerclé le village [de Dogo-Nahawa] et l’a attaqué », a indiqué Mgr Kaigama. Ils ont même tué les femmes et les enfants. « Habituellement dans un conflit, on protège les enfants », estime-t-il, « mais ils n’ont eu aucune pitié, pas même pour les tout petits ».

Les assaillants ont utilisé des fusils, des couteaux, des machettes et des armes semblables, faisant plusieurs blessés. Après avoir tué et blessé les habitants du village, ils se sont déplacés vers trois villages voisins. Le prêtre de la paroisse Saint-Thomas Shen a tout d’abord estimé qu’entre 100 et 150 personnes ont été « tuées » durant « l’assaut ».

Selon l’archevêque, on croit presque sans aucun doute que les attaques sont reliées aux violents affrontements qui se sont déroulés un peu plus tôt en janvier cette année, lesquels ont fait plus de 200 morts. On pense également que les assaillants sont venus d’un État voisin, et qu’ils ont été capables de déjouer les services de sécurité qui avaient été mis en place dans la région de Jos, toujours sous couvre-feu militaire depuis janvier.

Décrivant les tueries de la fin de semaine, Mgr Kaigama a estimé que cet événement est « très tragique » et « que tout le monde est très triste à ce propos ». Différentes informations suggèrent que les violences aient été motivées par des tensions concernant les terres servant au pâturage, et la perte de bétail un peu plus tôt cette année.

Conflit religieux? « C’est trop simpliste »

Un peu plus tôt cette année, le président du pays, Umaru Yar’Adua, (présentement gravement malade, et hospitalisé à l’étranger, selon le journal La Croix), avait constitué un comité de paix, de 26 personnes, comprenant d’ex-gouverneurs, d’ex-généraux, des responsables religieux et des Anciens représentants différentes tribus , dans le but de faire face aux tensions qui enflamment régulièrement ces régions.

Le comité pour la paix s’est d’ailleurs réuni pour la première fois hier, lundi 8 mars, afin de faire le point sur les plus récentes violences. La rencontre était présidée par le Chef Solomon Lar, le premier gouverneur civil de l’État du Plateau, et co-présidé par Mgr Kaigama.

« Cela montre qu’ils sont sérieux », estime Mgr Kaigama. « C’était un signe de solidarité, toutes les personnes qui se sont exprimées étaient vraiment bouleversées. »

Pour Mgr Kaigama, il faut « chercher des solutions. C’est trop simpliste de dire que ce n’est qu’une bataille entre chrétiens en musulmans, que c’est une guerre religieuse. Nous avons besoin de regarder au-delà, nous ne pouvons pas seulement dire que c’est religieux : nous avons besoin d’une solution politique et sociale », estime encore l’archevêque de Jos, des propos qu’il d’ailleurs tenus lors de cette rencontre.

« Nous allons nous réunir, mais les gens ont besoin de prier, par-dessus tout. S’il vous plaît, souvenez-vous de nous le 19 mars », a finalement imploré Mgr Kaigama. La messe sera célébrée à la paroisse St. Jarlath de Bukuru, localité qui durement souffert durant les dernières attaques.

Bilan différents pour la police et l’Église

Par ailleurs, la police a démenti aujourd’hui (mercredi 10 mars), les informations selon lesquelles il y aurait eu 500 morts. Le bilan officiel serait de 109 morts. Un chiffre qualifié d’« authentique » et d’ « incontestable » par le responsable de la police de l’État du Plateau, M. Ikechukwu Aduba. Selon l’Agence France Presse, 49 personnes ont été arrêtées, tous de l’ethnie peule. Selon les forces policières, ils auraient tous participés aux tueries.

Par contre, les services d’Information de l’AED ont reçu aujourd’hui un rapport qui dément les chiffres de la police, puisque Mgr Kaigama y affirme que plus de 114 personnes seraient mortes dans les violences (sans compter les personnes qui manquent toujours à l'appel), qui seraient directement liées à celles du mois de janvier, ce qui pourraient laisser croire à un acte de vengeance.

(Par John Newton, AED Royaume-Uni, traduction et adaptation, AED Canada)

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