L’évêque de Bandung commente la décision favorable à la construction d’une église
“Nous accueillons avec sérénité le verdict du tribunal, favorable à la construction de l’église de Sainte Marie, dans le diocèse de Bandung, mais sans pour autant crier victoire. Nous attendons maintenant les réactions du gouvernement local de Giava Occidental qui a deux semaines pour présenter un appel devant la Haute Cour. Si l’appel n’est pas présenté, nous pourrons reprendre les travaux de construction de la nouvelle église.

Des catholiques reçoivent la communion lors d'une messe célébrée en plein air en raison des dommages subits par l'église locale causés par le tremblement de terre du 30 septembre dernier.
Photo CNS/Dylan Martinez, Reuters
«Nous sommes sereins, poursuit l'évêque, et nous voulons agir dans les limites et les droits donnés par la Constitution indonésienne.ˮ Mgr Johannes Pujasumarta est l'évêque du diocèse de Bandung et est Secrétaire de la Conférence Épiscopale de l’Indonésie. Il a commenté pour l'agence de nouvelle Fides la décision d’un tribunal de la province de Giava Occidental donnant raison à l’Église locale dans la controverse entourant la construction d’une nouvelle église dans le district de Purwakarta, dans une localité à une heure de Bandung.
L’Église avait déjà obtenu le permis de construction et avait commencé les travaux, mais l’année dernière, les protestations de groupes extrémistes islamiques ont obligé les ouvriers à arrêter les travaux, tandis que le gouvernement local, sous la pression, a retiré le permis de construire. En novembre 2009 l’Église de Bandung a décidé de mener un recours en justice, et aujourd’hui elle obtient un verdict favorable.
«Tout peut encore arriver», avance prudemment l'évêque. «Il faudra aussi s’attendre à des réactions de la part des groupes fondamentalistes qui ont fait stopper les travaux et qui, par leurs pressions, ont poussé le gouvernement à retirer le permis de construire déjà accordé. Il est aussi possible qu’il y ait des réactions isolées, mais nous sommes préparés à toute éventualité : nous répondrons par la prière et par des gestes non violents, comme le jeûne et le recueillement silencieux, qui sont les armes du chrétien en ce temps de Carême». Et l'évêque de conclure: «Nous voulons vivre et contribuer à protéger l’harmonie sociale et interreligieuse. Mais nous sommes bien conscients que l’Indonésie a une Constitution qui reconnaît nos droits, et que tous sont tenus de les respecter, même les petits groupes de musulmans radicaux».
Lors d’une rencontre récente avec des leaders religieux et des membres du Parlement Indonésien, Mgr Pujasumarta a demandé aux autorités civiles de garantir le droit et la liberté religieuse en Indonésie, en faisant remarquer la présence de groupes extrémistes musulmans qui continuent à attaquer les églises chrétiennes, à en bloquer les travaux de construction ou à faire fermer les écoles de prière. Le prélat a rappelé l’existence de deux décrets interministériels, le n°8 et le n°9 de l’année 2006, qui chargent les autorités locales des provinces indonésiennes de garantir l’harmonie interconfessionnelle. Mais souvent «de nombreuses autorités locales sont facilement influencées par des groupes musulmans extrémistes, cèdent à leurs pressions et acceptent leurs demandes», déplore l’évêque.
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