Irak: la situation continue à se dégrader pour les chrétiens
Mgr Jean Sleiman, archevêque de la petite communauté catholique de rite latin d’Irak, lance un appel au gouvernement pour qu’il agisse afin d’arrêter la vague grandissante d’enlèvements, spécifiant que les chrétiens se sentent particulièrement à risque.

Au centre de notre photo, Mgr Faraj Rahho, l’archevêque chaldéen de Mossoul, mort en captivité en mars 2008.
Photo AED
Affirmant avec fermeté que les médias et le gouvernement sont peu disposés à faire face au problème, l’archevêque de catholique de rite latin a déclaré que le nombre d’enlèvements de chrétiens est «incalculable».
Dans une entrevue accordée à l’Aide à l’Église en Détresse, de sa résidence de Bagdad, Mgr Sleiman a indiqué: «Nous avons plus de problèmes, spécialement les enlèvements. Les médias ignorent cette question», estime-t-il, ajoutant: «C’est important de demander au gouvernement de porter attention à ces faits et pas seulement à la situation politique générale.»
Selon les informations de l’archevêque, l’argent est le principal motif pour les enlèvements, mais l’extrémisme religieux est souvent un facteur important, spécialement quand il s’agit d’enlèvement de chrétiens.

Une église détruite par un attentat en Irak.
Photo AED
Amertume
Dans les deux dernières semaines, l’archevêque a rencontré un homme chrétien dont le beau frère et le fils ont été enlevés et ont été retrouvés morts un mois plus tard. À peine 24 heures plus tôt, il avait reçu la visite d’une dame le suppliant de lui donner de l’argent afin de payer la rançon de 20000 dollars américains demandée par les ravisseurs de sa fille de 19 ans.
«Ce ne sont pas seulement les chrétiens qui sont visés» a indiqué Mgr Sleiman (un carme libanais). «Par contre, jusqu’à présent, les chrétiens ont vécu l’injustice de la situation avec amertume parce qu’ils n’ont jamais pris part au conflit intérieur du pays», estime encore l’archevêque.
Le problème n’est pas seulement confiné à Bagdad. En juillet, des informations indiquaient que des chrétiens du nord de l’Irak ont formé des milices dans le but d’améliorer la sécurité.
L’archevêque n’est pas le seul à demander au gouvernement d’agir pour résoudre le problème des enlèvements. En mai dernier, Lord Carey of Clifton, archevêque émérite de Canterbury (anglican), a produit une vidéo dans laquelle il demandait la libération de cinq hommes britanniques (4 gardes de sécurité et un expert en informatique) qui avaient été enlevés à Bagdad un an auparavant. En avril, un journaliste britannique, Richard Butler, a été libéré après deux mois de captivité dans le sud-est de l’Irak, à Bassora. (Par John Pontifex et Mario Bard, AED)











