Un bateau mexicain, des ressources humaines, Internet et autres casse-têtes...
Depuis deux jours un cargo battant pavillon mexicain est au large de Port-au-Prince et attend qu’on le déleste de son chargement. Mille-sept-cents (1700) tonnes de dons divers provenant de la Croix Rouge Mexicaine, du Gouvernement Mexicain et d’entreprises privées. Des kits de nourriture prête à manger, de la nourriture sèche (riz, haricots), des médicaments et autres… Autant d’articles; autant de générosité. Il faut toutefois s’en occuper.
Les équipes de coordination et de logistique se mettent en branle. Plans de distribution, déchargement, entreposage, constitution des kits. Il faut développer une stratégie pour Port-au-Prince tout en pensant aux populations qui se sont déplacées dans tous les coins du pays. Selon les chiffres officiels, il y en a près de 300 000. Ils sont jusqu’à maintenant soutenus par des amis ou des proches qui les hébergent. C’est la solidarité qui leur permet de garder la tête hors de l’eau. Toutefois, la capacité des familles d’accueil seront bientôt dépassées et on risque, à moyen terme, de devoir faire face à une crise alimentaire nationale. La situation de ces gens était déjà précaire avant la catastrophe.
Pendant ce temps, un système Internet auxiliaire a été installé pour améliorer notre connexion, de nouveau grâce aux Mexicains. Depuis plusieurs jours en effet le réseau, surchargé par l’activité frénétique des délégués déployés par Caritas Internationalis, nous laissait en panne.
À Caritas Haïti l’heure est à l’embauche et à la consolidation de l’équipe de réponse à l’urgence. Engagez-vous, qu’ils disaient! Le personnel est à bout. N’oublions pas que chacun d’eux a vécu un drame personnel; que leur famille a besoin d’eux; qu’ils dorment le plus souvent sous la tente et qu’ils n’ont pas eu une minute de repos depuis le tremblement de terre.
Bien sûr, il y a aussi le problème des horaires pour les douches, de l’approvisionnement irrégulier en eau potable, le bruit incessant du groupe électrogène, de la poussière et de la saleté, des vêtements qui s’encrassent et des gorges qui piquent. Mais comment pourrait-on se plaindre?
Danielle Leblanc
Développement et Paix







