Une laïque accède au poste de sous-secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix
Le pape Benoît XVI a nommé une femme laïque au poste de sous-secrétaire au Conseil pontifical justice et paix, le 21 janvier dernier. La nomination de Flaminia Giovanelli constitue une première, en plus de 20 ans.
Giovanelli succède à Mgr Frank J. Dewane de Venice, Floride, au poste resté vacant depuis 2006. Diplômée en science politique, elle a œuvré au sein du Conseil pontifical Justice et Paix depuis 1974 où elle a assumé la responsabilité des dossiers touchant au développement, à la pauvreté et au travail dans l’optique de la doctrine sociale de l’Église.
Dans un communiqué émis le 21 janvier, le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical concerné, a déclaré que la nomination de Giovanelli «démontre le souci de l’Église de promouvoir la dignité et les droits des femmes dans le monde.»
Selon Carol Glatz, correspondante de «Catholic News Service» à Rome, cette nomination est un «signe que le Vatican évolue lentement mais régulièrement dans ses efforts pour modifier son image d’enclave réservée aux hommes.»
John Thavis, rédacteur en chef de CNS, rappelle quant à lui que Giovanelli est la troisième femme qui accède à une haute fonction de la Curie romaine. Dans un vidéo de H2O News, il explique que le poste de sous-secrétaire vient en troisième dans la hiérarchie des dicastères romains, sous celui de secrétaire et de président. En raison d’un article du Droit canon, il s’avère actuellement impossible, pour une femme ou pour un homme laïc, d’accéder aux deux premiers postes de d’un dicastère. Car «le pouvoir de prendre des décisions contraignantes au sein de la Curie est lié au pouvoir de gouverner conféré par les ordres sacrés.» Une règle qui réserve obligatoirement ces hautes fonctions aux cardinaux et aux évêques.
Bien que le nombre des femmes travaillant à la Curie n’a cessé d’augmenter au cours des 30 dernières années et soit passé de 11% à 22% du personnel, «il n’atteint toujours pas les hautes sphères, note Carol Glatz, et donc les femmes ne jouissent pas d’une grande visibilité. Par exemple, il est rare de voir une employée du Saint-Siège participer à une conférence de presse.»
Au cours des dix dernières années pourtant, s’empresse-t-elle d’ajouter, «on a assisté à de vrais changements. En 2004, Jean Paul II a nommé pour la première fois deux femmes à la Commission théologique internationale. La même année, Mary Ann Glendon, professeur de droit à Harvard, a été nommée présidente de l’Académie pontificale des Sciences sociales.»
Il y a deux ans, enchaîne John Thavis, Benoît XVI a battu un record en nommant un grand nombre de femmes parmi les experts et les consulteurs au Synode des Évêques sur la Parole de Dieu. Les choses sont donc en train de changer. Et beaucoup de responsables de l’Église, que ce soit au sein de la Curie ou au dehors, se demandent s’il n’est pas possible d’aller plus loin. Un évêque africain est allé jusqu’à suggérer de nommer des femmes cardinales laïques (naturellement non ordonnées), qui pourraient donner des conseils au pape et participer au conclave.»
Et le journaliste de conclure qu’à ce jour, l'idée n’a pas été retenue.
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