Branlebas de combat à Port-au-Prince
Aujourd’hui la journée a été assez difficile. Beaucoup d’efforts, beaucoup de ressources disponibles, mais trop peu de réalisations. On se rend compte à quel point la coordination peut être difficile quand on a plus nos moyens habituels de communication.
Je fais équipe avec un collègue du Secours Catholique français dans le programme d’eau et assainissement. En quittant le bureau de Caritas Haïti, ce matin, nous avions pour objectif d’installer deux réservoirs souples de 15 m3 chacun sur le site d’un grand camp de déplacés situé sur le terrain de golf du Pétionville Club Hotel où on estime que se sont installés de 30 000 à 50 000 personnes, sans eau potable ni assainissement. La veille, nous en avions installé un à la paroisse Ste Marie, à Canapé Vert, et espérions qu’il pourrait desservir les quelques milliers de déplacés regroupés dans au moins deux camps de fortune.
Après maints préparatifs pour obtenir le matériel et la main d’œuvre requise nous nous sommes rendus sur le site pour apprendre que déjà une autre organisation avait ciblé le même site… Heureusement ces personnes déplacées seront bientôt servies en eau potable… Entretemps, la livraison d’eau promise à Ste Marie n’a pas eu lieu. Pour quelle raison? On ne le sait mais on l’apprendra demain à la réunion de coordination. Pourtant tout avait été mis en place.
On est rentrés au bureau bredouilles, déçus et avec l’impression d’avoir manqué à notre devoir alors que les besoins sont si grands. Les ratés sont fréquents dans ce genre de situation et cela démontre l’importance d’une bonne préparation et d’une coordination sans faille. Les contraintes sont nombreuses et il faut trouver le moyen de les surmonter. Une bonne dose de patience, un bon travail d’équipe et on y arrivera. Demain on repart au combat.

André Charlebois
Développement et Paix












