L'Union fait la force!
Présentement à Montréal, le père Larose Joseph, Montfortain haïtien, attend avec inquiétude des nouvelles de sa famille : son père, ses frères et ses sœurs. « C’est ma grande inquiétude; je n’arrive pas à les joindre. Ils habitent dans la communauté Sainte-Marie au Canapé-Vert. » On sait que le Palais présidentiel a été complètement détruit par la force du tremblement, ainsi que plusieurs ministères, des hôpitaux, des séminaires, des églises et la cathédrale de Port-au-Prince.

Mgr Joseph Serge Miot, archevêque de Port-au-Prince, a été tué lors du tremblement de terre du 12 janvier.
Photo AED
Pour le père Joseph, une chose est sûre : cette tragédie est une occasion à prendre pour le peuple Haïtien afin de réaliser la devise qui se trouve sur les armes du pays : L’union fait la force. « Il faut que chaque Haïtien prenne conscience : “nous avons un pays à bâtir” ». Pour lui, la question essentielle que le peuple haïtien doit se poser est la suivante : « À partir de cet événement, qu’est-ce qu’on va faire pour développer Haïti? »
Le Montfortain rappelle qu’il faut absolument mettre en place des structures, des projets en communs, et planifier. « L’un de mes confrères a cette phrase très juste : “Ne pas bien planifier, c’est planifier l’échec.” » le religieux se souvient de ce que le fondateur de sa communauté, le père Marie-Grignion de Montfort, pensait, traçant ainsi une inspiration d’avenir qui pourrait être utile aux Haïtiens : « Qu’ils s’unissent pour bâtir, car le faire ensemble c’est un défi ».
Haïti sous un mauvais sort?
De nombreuses catastrophes naturelles n’ont pas épargnées celle que l’on appelait autrefois la « Perle des Antilles ». On se souvient que les ouragans Hanna, Gustav et Ike avaient ravagé plusieurs villes et villages à l’automne 2008, faisant des dégâts matériels considérables et plusieurs milliers de morts. De plus, plusieurs régions du pays sont toujours aux prises avec un grave problème de désertification, accentuant les inondations et coulées de boue que peuvent causer les ouragans et de fortes pluies.
Est-ce que le pays est sous un mauvais sort, puni ou victime de péchés quelconques? « Ce n’est pas Dieu qui nous envoie le mal! Dieu est la première victime du mal », répond sans hésitation le père Joseph. Il revient à son idée première : le manque de volonté pour développer des infrastructures communes dignes de ce nom mine tout effort de développement, et quand il y a des catastrophes naturelles, inévitables, elles prennent une ampleur catastrophique.
Ironie du sort, le journal La Presse rapporte dans son édition d’aujourd’hui qu’il y a quelques mois, Claude Prépetit, géologue Haïtien, publiait un rapport sur « l’impréparation d’Haïti », face à un tremblement de terre, tout en rappelant la petite histoire de ceux-ci, dont le plus tragique fût enregistré il y a plus de 200 ans.
CIFOR endommagé
Par ailleurs, selon des informations qu’il avait reçues en début d’après-midi ce mercredi 13 janvier, le père Joseph nous a indiqué le Centre interinstitut de formation religieuse (CIFOR), aurait été endommagé.
D’autres instituts religieux ont été touchés. L’agence Misna rapporte que 200 séminaristes de la Congrégation des missionnaires Salésiens seraient ensevelis sous les décombres alors qu’un prêtre aurait été tué. « Selon l'agence d'information salésienne Infoans, l'œuvre Enam et l'institut annexe San Giovanni Bosco, de même que l'œuvre des Petites Sœurs de père Bonhem, confiée aux Salésiens, et la Lakay, auraient été gravement endommagés par le séisme qui a frappé la capitale haïtienne mardi soir ».
« Comme toi, j'ai appris la catastrophe »
En voyage en France, le père Jacques Beaudry, lui aussi Montfortain, a eu des nouvelles par courrier électronique, la seule manière d’entrer en contact avec Haïti présentement. « J'ai appris que le Foyer de [Charité] n'a rien (surtout aucun membre du Foyer), de même pour la chapelle ». Par contre, le religieux apprend que « l'école est complètement détruite et deux élèves y sont morts (ce doit être des élèves des cours de l'après-midi donnés aux analphabètes) ».
Il continue : « Des maisons ont été détruites aussi. Le travail de toute une vie s'écroule ainsi en bonne partie. Ce qui a été fait pour les cœurs demeure heureusement, et la famille du Foyer et notre outil de travail, la maison du Foyer, est intact pour redonner l'espérance après cette défaite matérielle... »
Rappelons que Mgr Joseph Serge Miot a été tué dans le tremblement de terre et que mercredi après-midi, il n’y avait toujours aucune nouvelle de Mgr Charles Benoît, l’un des deux vicaires généraux. Mgr Simon Saint-Hillien, le second vicaire général, est sain et sauf. Au sujet de Mgr Miot, Claire Lesegretain, Grand reporter au journal La Croix indique : « Pendant toutes ces années, Mgr Miot avait souvent dénoncé l’immense pauvreté dans son pays. Depuis mars 2008, après le départ de Mgr Ligondé à 80 ans, il était archevêque de ce vaste diocèse comprenant plus de 80 paroisses pour une population estimée à plus 4 millions d’habitants – dont 60% de catholiques. »
Avant de raccrocher, le père Joseph a une pensée pour les Canadiens : « Je remercie grandement le peuple du Canada qui est toujours d’un grand secours, un grand frère pour Haïti. »
L’AED acheminera de l’aide d’urgence et, dans quelques jours, sera capable d’indiquer l’ampleur du soutien qui sera apporté à l’Église haïtienne pour la reconstruction de ses infrastructures.
Aide à l’Église en Détresse au Canada – Soutien Haïti
514-932-0552 1-800-585-6333, info@acn-aed-ca.org, www.acn-aed-ca.org
Don par la poste :
Aide à l’Église en Détresse – Canada
C.P. 670, Succ. H
Montréal, Québec, H3G 2M6
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Aide humanitaire, Catastrophes, Séismes janvier 2010 en Haïti







