Créer des familles heureuses et saintes
Une étude américaine démontre le rôle crucial des parents pour aider leurs enfants à échapper aux expériences dommageables, même destructives pendant leur croissance. Les enfants seraient moins exposés à faire l’expérience de l’alcool, des drogues, de l’activité sexuelle prémaritale si leurs parents étaient avec eux aux moments clé de la journée: au réveil, au retour de l’école, aux repas et au coucher.
Dans son dernier livre, le sociologue canadien Reginald Bibby mentionne une recherche affirmant qu’environ 70 % des jeunes Canadiens (dont 77 % de jeunes Québécois) veulent un foyer «comme celui où j’ai grandi» («The Emerging Millennials, Lethbridge», AB: Project Books, 2009, 141-161).

Icône de la Sainte-Famille réalisée par Kiko Arguello, fondateur du Chemin Néocatéchuménal et utilisée lors de la VI rencontre des familles à Mexico.
Nous y découvrons que la plupart des adolescents canadiens rêvent encore de l’amour, du mariage et de la famille traditionnels. «À la fin, ils veulent le vieux rêve: un mariage, un engagement à long terme, la fidélité, les enfants, la famille, même si ce n’est pas ce que la plupart vivent» (p. 161).
Ainsi, le rôle des parents, pour aider leurs enfants à faire des choix sains et une sainte transition de l’enfance à l’âge adulte, ne peut pas être sous-estimé.
Le stress additionnel imposé aux familles où les deux parents travaillent de longues heures, ou dans les foyers où un parent seul porte le soutien financier et émotionnel d’un ou plusieurs enfants illustre l’importance de la fête de la Sainte Famille au temps de Noël.
Il y a plusieurs années, j’ai reçu la reproduction d’une icône de la Sainte Famille. Elle dépeint une scène de l’évangile lu cette année au dimanche de la Sainte Famille: Marie, Joseph et de leur enfant-adolescent Jésus, revenant de Jérusalem après que ses parents l’ont retrouvé au Temple.
L’image sacrée représente Joseph portant le saint enfant de 12 ans sur ses épaules. Que l’adolescent Jésus soit porté sur les épaules de Joseph indique le rôle de son père adoptif, faire entrer Jésus dans l’âge adulte. Elle souligne le rôle irremplaçable du père de famille pour aider ses enfants à devenir adultes.
Dans cette représentation iconographique, Jésus regarde vers Marie, qui lui tend un rouleau sur lequel sont écrits les premiers mots d’Isaïe 61.1, «l’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré par l’onction». Ceci indique le rôle maternel de Marie, soit de partager avec Jésus la volonté de Dieu sur lui.
La réponse de Marie à l’Annonciation –«Je suis la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole»– a fait de son obéissance à Dieu la priorité de sa vie. Malgré tout, elle ne pourra pas échapper aux luttes pour mettre de l’ordre dans les évènements apportés par la providence de Dieu dans sa vie et celle de son fils remarquable.
Saint Luc nous dit que Marie «conservait toutes ces choses en son coeur» –c’est-à-dire l’anxiété partagée par Joseph et elle pendant les jours où ils cherchaient leur fils perdu, les paroles énigmatiques que Jésus leur a dites, «Ne le saviez-vous pas? C’est chez mon Père que je dois être». Et surtout, ce qui s’est passé après: Jésus «est descendu avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis».
Rare est la famille, même aujourd’hui, qui ne s’identifie pas à la confusion et au choc éprouvés par les parents de Jésus en entendant ses paroles qui creusent une profonde brèche entre la piété filiale qu’il leur doit et l’attrait puissant qu’il ressent pour une vocation plus élevée.
Dans cette histoire, nous découvrons aussi la piété de la famille de Jésus qui, à chaque année pour la Pâque, accomplissait le pèlerinage long et ardu vers Jérusalem.
Les dispositions religieuses des enfants, nous disent les catéchistes, sont profondément influencées par le niveau de dévotion de leurs parents. Malheureusement, le bon travail accompli par les catéchistes pour ouvrir les jeunes à la foi s’effondre lorsque les parents sont incapables, ou refusent de partager avec leurs enfants l’Eucharistie dominicale.
Nous devons réaliser que, comme pour Jésus, Marie et Joseph, notre tâche est de grandir «en sagesse et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes» au long de notre cheminement de foi, à la fois en guidant et en étant guidés par nos enfants.
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