L’Église d’Angleterre autorise l’ordination des femmes évêques
Selon le quotidien virtuel Libérartion.fr, l’Église anglicane serait au bord du schisme. Le vote de la grande majorité des 468 membres du Synode général —l’autorité suprême de cette Église— favorables à l’ordination des femmes évêques pourrait provoquer l’implosion de la Communion ecclésiale. Depuis que cette possibilité a été soulevée en Grande Bretagne, une polémique virulente a éclaté entre les adhérents à la tradition à cet égard et les tenants de la libéralisation.

L'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, accueillera le 16 juillet la Conférence de Lambeth, une réunion de l'Église anglicane qui est tenue à tous les dix ans.
photo CNS/Michael Swan, Catholic Register
Ainsi, quelques jours avant le vote tenu mardi, selon l’auteur de la dépêche de Libération, Sabine Limat, «plus de 1 300 prêtres anglicans, parmi lesquels de nombreux évêques, avaient préalablement écrit au chef de l’Eglise anglicane, Rowan Williams, l’archevêque de Canterbury, et à l’archevêque de York, George Sentamu, pour leur annoncer qu’ils quitteraient l’Église anglicane, vraisemblablement pour rejoindre les rangs de l’Église catholique, si l’ordination des femmes évêques était confirmée».
Toujours selon la correspondante du magazine virtuel français à Londres, la débâcle risque d’être plus grave encore à l’étranger où libéraux et conservateurs sont en conflit croissant depuis plusieurs années. L’Angleterre compte quelque 26 millions seulement de fidèles anglicans sur les 77 millions dans le monde, dont 37 millions sont Africains et 2,3 millions épiscopaliens américains. Le conflit entre les deux positions a atteint un premier sommet en 2003 lors de l’ordination épiscopale de Gene Robinson, un Américain ouvertement homosexuel, qui s’est marié civilement avec un autre homme en juin de la même année. Le même mois, deux prêtres anglicans convolaient en «justes noces» à Londres, ce qui était largement interprété dans les milieux traditionalistes comme un signe d’une décadence galopante de l’Église d’Angleterre.
En octobre 2007, selon CNS (Catholic News Service), trois paroisses irlandaises ont rejoint un groupe d’anglicans traditionalistes de 12 pays d’Afrique, d’Amérique du Nord, d’Asie et d’Australie pour demander au Vatican de les recevoir dans une pleine communion à l’Église catholique. Ce qui représente un total de 400 000 fidèles. Et le mouvement, semble-t-il ne fait que s’amorcer. Le mois dernier, quelque 300 évêques traditionalistes se sont rassemblés à Jérusalem, sans autorisation de l’archevêque de Canterbury, pour discuter de l’avenir de l’Église anglicane et refuser que «l’identité anglicane passe nécessairement par la reconnaissance de l’archevêque de Canterbury». Paradoxalement, ces évêques décrits dans les médias comme ultra traditionalistes, se distançaient d’une tradition qui remonte à la fondation de l’Église d’Angleterre par Henri VII au XVI siècle.
C’est sur cet arrière fond de crise que l’archevêque de Canterbury, s’apprête à accueillir à Londres dans quelques jours Conférence de Lambeth. L’événement du 16 juillet verra plus de 800 évêques du monde entier censés célébrer l’union anglicane par-delà les frontières faire face à l’éventualité du fractionnement dramatique d’une Église déchirée par l’idéologie libérale.
Le cardinal Walter Kasper, préfet du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, estime que la décision anglicane «constitue une rupture de la tradition apostolique respectée par toutes les Églises du premier millénaire. Elle dresse donc un nouvel obstacle à la réconciliation entre les Églises anglicane et catholique.»
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