Népal : Les chrétiens menacés de mort
Depuis l’attentat à la bombe de mai dernier contre l’église de l’Assomption, qui a fait trois morts et une quinzaine de blessés graves, les institutions chrétiennes reçoivent régulièrement des menaces téléphoniques de l’Armée de Défense du Népal (Nepal Defense Army, NDA), groupuscule extrémiste hindou.
Le NDA, qui avait revendiqué l’attentat du 23 mai, s’était également reconnu responsable en 2008 de l’assassinat du prêtre salésien John Prakash Moyalan et d’un autre attentat à la bombe meurtrier dans une mosquée, ainsi que d’autres attaques en 2007, dont l’une dirigée contre le quartier général des maoïstes à Katmandou. Formé d’anciens soldats, de policiers de l’ancien régime et de victimes de la guérilla maoïste, ce groupe armé affirme être prêt à commettre d’autres attaques, y compris des attentats suicides, contre les chrétiens, les musulmans et les communistes, afin de rétablir un Etat hindou. « Le NDA a menacé les prêtres et les religieuses (…) et leur a laissé un mois pour quitter le pays », a déclaré Mgr Sharma. Toutes les institutions catholiques ont été prévenues et la police exerce désormais une surveillance autour des principaux lieux susceptibles d’être de nouveau la cible des terroristes, comme le centre pastoral de Godavari.
Ces menaces de mort ne sont pas une situation nouvelle pour les chrétiens du Népal : déjà en 2008, juste après l’assassinat du P. Prakash Moyalan, le NDA avait averti les communautés religieuses de s’attendre à une vague d’attentats s’ils ne quittaient pas le pays.
Aujourd’hui, comme les années précédentes, les chrétiens du Népal ne sont toujours pas décidés à « se laisser intimider » et affirment que ce temps d’épreuve les « rapproche davantage de Dieu ». Balann Joseph, 41 ans, originaire du nord de l’Inde, a perdu sa femme et sa fille dans l’explosion du 23 mai. Lui-même grièvement blessé, il a témoigné auprès de la communauté catholique endeuillée de Katmandou, des « grâces reçues » dans l’épreuve et du pardon qu’il a donné à l’instigatrice de l’attentat.
A l’heure actuelle, malgré les promesses du gouvernement népalais, les victimes et les parents des personnes décédées dans l’attentat à la bombe du 23 mai dernier n’ont toujours pas été indemnisées. C’est l’Eglise qui a payé les soins des victimes à l’hôpital et assuré le soutien des familles.
Selon des sources ecclésiastiques locales, on compte aujourd’hui environ 1,5 million de chrétiens au Népal, dont près de 8 000 catholiques dans un pays à très forte majorité hindoue.
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