Colombie: Des poules garantissent le travail pastoral et caritatif!
La capitale de la Colombie a un problème : le nombre de ses habitants a doublé depuis la fin des années 70 – un phénomène également observé dans d’autres métropoles d’Amérique du sud. Environ 7 millions de personnes vivent aujourd’hui à Bogotá, et beaucoup d’entre elles survivent dans des quartiers misérables en périphérie de la ville, comme dans le quartier Bosa, situé dans le sud-ouest de la ville.
C’est aussi ici que se trouve le « Monasterio de la Visitación de Bosa » (Monastère de la Visitation de Bosa). Il est habité par 38 religieuses cloîtrées qui, conformément à la règle de Saint-François-de-Sales, consacrent leur vie à la prière et à la contemplation. L’évêque de Genève avait fondé l’ordre en Suisse au début du 17e siècle avec la noble française Sainte-Jeanne-Françoise de Chantal. En Colombie, elles sont présentes et agissent depuis plus de 100 ans!
« Nous sommes le seul couvent au sud de la ville, là où les gens doivent vivre dans des conditions extrêmes », déclare Sœur Rosa de Maria dans une lettre adressée à l’organisme international catholique de charité Aide à l’Église en Détresse (AED). Cette religieuse, supérieure du couvent, ajoute : « Les pauvres sont le trésor de l’Église. Actuellement, environ 120 familles sans abri ni ressources viennent chez nous. Nous leur procurons entre autres des aliments, des produits pour se laver, des médicaments et des vêtements. »
De plus, ces femmes aident non seulement matériellement, mais aussi – comme il est écrit dans la suite de la lettre – spirituellement : « Nous travaillons dans l’enseignement religieux, assurons une préparation au baptême et à la confirmation, et ouvrons le couvent afin que les fidèles puissent assister à la messe. »
Subvenir à ses propres besoins : oui mais…
Sœur Rosa ne cache pas que les religieuses doivent aussi se battre pour leur propre subsistance. Elle rapporte que pendant des années, elles se sont efforcées de moderniser le monastère. Elles suivent en cela la règle de l’ordre selon laquelle la communauté doit subvenir à ses propres besoins ainsi qu’à ceux des personnes qui leur demandent de l’aide.
Sœur Rosa de Maria indique que le couvent touche des revenus de plusieurs spécialités; d’une part, dans les domaines typiquement religieux tels que la fabrication d’hosties, de nappes d’autels et de vêtements pour les besoins de la messe ; d’autre part, et avant tout, grâce à l’élevage et à la vente de poules pondeuses, à l’élevage de poussins, ainsi qu’à la vente d’œufs.
Actuellement, le couvent élève 3 500 animaux adultes et 1 500 poussins dans deux bâtiments. Un troisième bâtiment pour les animaux doit bientôt s’ajouter, avec une capacité comparable. Toutefois, les investissements nécessaires pour le bâtiment, les installations techniques et l’achat de la volaille dépassent les possibilités financières des religieuses. C’est pourquoi elles se sont adressées à l’Aide à l’Église en Détresse. L’investissement sert à garantir la survie du couvent, et donc l’engagement pastoral et caritatif durable des religieuses dans le quartier de Bosa, un des quartiers de Bogotá les plus densément peuplés et les plus pauvres.
L’engagement des religieuses est d’une valeur inestimable pour le diocèse de Soacha, dont fait partie le quartier – c’est un témoignage de foi chrétienne vécue, dans un environnement marqué par la misère et la violence.
(Par Reinhard Backes, AED-International)
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