Retour sur le Congrès eucharistique de juin 2008
Le Congrès eucharistique de Québec a été un succès historique. Les 14000 pèlerins venus de tous les coins de la planète ont envahi la vieille capitale durant une semaine et ont exprimé leur foi en la Sainte-Eucharistie dans un enthousiasme débordant.
Plusieurs conférenciers de haut niveau comme Jean Vanier et Nicolas Buttet se sont succédé pendant ce congrès. Ils ont bouleversé les participants avec des témoignages choc qui vont sûrement passer à l’histoire.
Cette apothéose de la foi a été marquée par l’ordination sacerdotale de 12 jeunes très fidèles à l’Église de Rome, dont 8 sont issus de la Famille Marie-Jeunesse de Sherbrooke, une nouvelle communauté où abondent les vocations. Depuis plusieurs années, c’est la première fois qu’un nombre aussi élevé de nouveaux prêtres est ordonné en même temps au Québec. Une véritable bouffée d’air frais dans notre société en pleine tourmente !
La messe de clôture, avec ses 70000 participants malgré le temps maussade, a permis au Pape Benoît XVI grâce à la technologie, de rendre un vibrant hommage « aux hommes et aux femmes qui ont fondé et développé l’Église catholique au Canada ».
Le Saint-Père n’a pas eu peur de réaffirmer encore une fois les valeurs fondamentales du christianisme auxquelles nous devrions tous adhérer. Il a répété haut et fort que le fœtus est une personne humaine et que la vie doit être préservée de la conception jusqu’à la mort naturelle. Durant cette semaine de grâces abondantes, les médias n’ont pas été à la hauteur de cet événement en projetant une image plutôt négative de ce Congrès.
Le très sérieux journal Le Devoir du 14 juin 2008 a parti le bal des dissidents en titrant en première page de son cahier Perspectives : « Un congrès qui sent le schisme. Le Vatican contre-attaque avec ce Congrès, disent plusieurs prêtres, religieux et théologiens ». ( sic )
Une grande photo couleur d’une femme récitant son chapelet illustrait habilement cette propagande biaisée ; et pour expliquer le sens de cette photo, Le Devoir a inscrit en dessous : « On veut imposer ici un modèle d’Église qui n’a plus de sens » croit le théologien Louis Rousseau.
Mais, qui sont tous ces prêtres, religieux et théologiens dissidents ?
« Une vingtaine de groupes et réseaux religieux québécois allant des Journées sociales du Québec au Forum André-Naud, puis, de Développement et Paix aux Sœurs de la Congrégation Notre-Dame ont publié un fascicule de 17 textes de réflexion pour critiquer cet événement », nous disait Le Devoir du 14 juin 2008.
Nos contestataires rebelles ont sorti la même vieille cassette usée jusqu’à la corde. Ils affirment représenter une très forte majorité de croyants.
Ils veulent moderniser l’Église en mettant au rancart l’ancien imaginaire religieux (chapelet, adoration, confessions, processions, apparitions, congrès eucharistiques, dogmes, morale traditionnelle, structures ecclésiales, etc…).
Ils revendiquent le droit à l’avortement, à l’euthanasie, au mariage religieux homosexuel, au sacerdoce des femmes, au divorce, etc…
Ils aimeraient bien une réécriture de la Bible adaptée au monde moderne, etc…
Le Pape et le Magistère leur occasionnent une épouvantable crise d’urticaire dont ils voudraient bien se débarrasser au plus tôt.
Dans ce contexte, ils nous annoncent qu’on se dirige tout droit vers un schisme au Québec, entre les partisans du conservatisme (le Pape, le Vatican, le Cardinal Ouellet, etc…) et les « bons » catholiques qui exigent une Église très ouverte sur le monde moderne.
Un des grands malaises des dissidents, c’est que « l’Église propose trop une démarche centrée sur l’adoration du pain consacré », affirme le Jésuite Guy Paiement, qui ajoute : « nous sommes en face d’une théologie tournée vers le passé. Elle est orientée vers la remise en place d’un monde clérical et rituel fortement remis en question aujourd’hui ».
Dans le même sens, le dominicain Guy Lapointe ridiculise la procession dans les rues de Québec en ces termes : « Quand je vois un char où le Saint-Sacrement est exposé d’un côté, avec le Cardinal Ouellet de l’autre côté, je me demande ce qui se passe. J’ai envie de sourire. Mais au fond cela me blesse ».
Pour le théologien Louis Rousseau, professeur à l’UQAM, le Vatican vit encore au Moyen-Âge quand il affirme dans son document de base du Congrès que « l’eucharistie contient l’essentiel de la réponse chrétienne au drame d’un humanisme qui a perdu sa référence constitutive et qu’il faut réévangéliser le dimanche ».
Pour lui, tout cela, ainsi que « la revalorisation de la confession, du mariage, du sacerdoce masculin et du célibat c’est une attaque en règle du Pape par l’intermédiaire de son principal relais, le Cardinal Ouellet ; c’est le rouleau compresseur, le retour au Concile de Trente ; ça n’a plus aucun sens ». Et il ajoute en affirmant ex-cathédra : « que dans dix ans, il n’y aura plus de prêtres au Québec, car c’est impossible pour une personne normale de jurer qu’elle
va rester célibataire ». Et il conclut que « l’église va bientôt frapper le mur et que son modèle est suicidaire et régressif ». ( sic )
Le 18 juin 2008, Le Devoir continue sa charge contre le Congrès eucharistique en publiant une longue lettre du rédacteur en chef de la revue Relations des Jésuites, Jean-Claude RAVET ; celui-ci accuse l’Église de « fuir le monde » et d’avoir « peur » du modernisme. Pour lui, l’adoration, la messe et l’eucharistie, c’est très secondaire. La priorité, « c’est le pauvre, l’opprimé, l’humilié, l’exclu, etc… ».
La pratique du culte a très peu d’importance face aux grandes valeurs de solidarité avec les pauvres, de justice sociale et d’humanisation. Alors, les luttes sociales et politiques pour un monde plus humain doivent passer en tout premier lieu.
Enfin, tous nos dissidents semblent s’être retrouvés, nous informait le Devoir, dans « une messe alternative » dans le Vieux-Québec, où le Pasteur Gérald Doré de l’Église Unie a accueilli tous ceux et celles qui se sentent exclus de l’Église catholique.
Le Devoir y a rencontré Nicole Hamel qui en 2002 a perdu son emploi d’animatrice de pastorale parce qu’elle avait quitté la foi catholique pour l’Église Unie.
Maintenant, « amoureuse d’une femme et partisane du sacerdoce féminin » ( sic ), Mme Hamel se dit très heureuse dans sa nouvelle religion.
Dans un souci de « bien » informer la population à la fin de ce Congrès eucharistique, l’Émission Second Regard du 22 juin 2008 à Radio-Canada a envoyé à Paris son journaliste vedette Alain Crevier pour interviewer le populaire philosophe français Frédéric Lenoir.
Voici la grande question existentielle qui lui a été posée : « où en est le christianisme dans le monde ? »
Frédéric Lenoir qui se décrit comme un catholique croyant et non pratiquant résume en ces termes sa position : Il trouve « très étonnants » et plutôt démodés les Congrès eucharistiques, « un genre d’happening religieux d’une autre époque ».
Pour lui, le Christ était un activiste, un contestataire et un anticlérical. Il prônait la démolition des structures religieuses de son époque. Il dénonçait le pouvoir du clergé.
Aujourd’hui, il faut faire la même chose avec l’Église de Rome. Le message évangélique se résume aux valeurs de liberté, de fraternité, d’amour du prochain et d’un humanisme tous azimuts.
À ses yeux, l’institution Église catholique doit disparaître, car « elle ne serait pas à la hauteur du Message de Christ ». ( sic )
Il se déclare en faveur d’une religion à la carte, car « toutes les religions sont d’égales valeurs » ( sic ) et le Christ n’aurait fondé aucune religion. Son Message se retrouve dans toutes les religions, et même chez les athées et les communistes.
Lenoir enseigne qu’on n’a plus besoin de structures et de bâtiments religieux. Il fait également la promotion du relativisme moral et religieux comme une intéressante nouvelle valeur de notre temps.
Pour l’avenir, il voit les structures de l’Église catholique s’écrouler lamentablement. Il n’y aura plus bientôt ni paroisse, ni temple. Les dogmes et les commandements vont disparaître, car les fidèles refusent maintenant de se faire écraser. La morale doit s’adapter aux nouvelles réalités du monde moderne. La foi, pour lui, c’est quelque chose de personnel.
« Actuellement, dit-il, l’Église institution est un obstacle pour aller à Dieu ». ( sic )
Donc, il souhaite que toute la structure s’écroule au plus vite, afin de « mieux se concentrer sur le Message évangélique ». ( sic )
Après avoir suivi tous ces événements dans les médias, j’en suis arrivé à la conclusion suivante : contrairement au Journal Le Devoir qui annonce qu’un schisme pointe à l’horizon au Québec, je constate plutôt que ce schisme est déjà une véritable réalité qui se vit ici depuis plusieurs années dans notre Église locale.
Nous avons plusieurs prêtres, évêques, diacres, religieux, théologiens et laïcs très fidèles à l’enseignement du Magistère. Ils respectent le Pape, les dogmes, la morale et la saine doctrine. Ils suivent les réformes du Concile Vatican II sans les déformer. Ils donnent à l’eucharistie l’importante place qui doit lui revenir, etc… De plus, cette fidélité à Rome ne les empêche pas d’être très accueillants avec tout le monde, tout en oeuvrant très fort auprès des pauvres et des plus démunis de notre société. L’un n’exclut pas l’autre.
Malheureusement, nous avons de l’autre côté un nombre grandissant de féroces contestataires, des rebelles militants, qui occupent de plus en plus des postes de commande et qui ont comme objectif de tout démolir de l’intérieur.
Tous ces grands ténors qui rêvent en couleurs sont déjà « officieusement » en rupture avec Rome, même s’ils se disent toujours catholiques.
Tous ces pourfendeurs devraient plutôt avoir le courage et l’honnêteté de quitter officiellement l’Église de Rome et de rejoindre une autre Église, comme l’Église Anglicane ou l’Église Unie ; cette saine démarche leur permettrait de répondre à leur nouvelle orientation théologique.
Il y a des limites à être incohérent, à se dire catholique et à afficher ouvertement une dissidence tous azimuts.
Au Congrès eucharistique de Québec, les participants n’étaient pas là pour des « bondieuseries » !
Ils ont eu le courage d’affirmer et d’afficher publiquement leur foi et leur fidélité indéfectible envers l’Eucharistie et envers l’Église Catholique officielle.
N’ayons pas peur, même si beaucoup de dissidents et de rebelles dits catholiques nous méprisent, nous ridiculisent et nous pointent du doigt.
Il faut garder courage et résister à ce déferlement diabolique, car la barque de Pierre ne coulera pas. Je préfère faire partie d’un petit reste impopulaire sur la place publique, mais fidèle au Successeur de Pierre, que de suivre la parade à la mode, esclave d’une certaine intelligentsia et des sondages d’opinion.
Les fossoyeurs de l’Église catholique romaine sont très loin d’avoir atteint leur objectif.
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