Antananarivo – La crise politique de Madagascar menace l’existence de familles toujours plus nombreuses, parce que beaucoup d’entreprises ont fermé leurs portes ou ont mis à pied leur personnel. L’incertitude politique issue du conflit politico-institutionnel entre la Haute Autorité de Transition, menée par l’ex-opposant Andry Rajoelina, et le Président démissionnaire Marc Ravalomanana, est en train de provoquer des effets désastreux sur l’économie, parce que les investisseurs étrangers (avec également la crise financière globale) ont suspendu ou réduit durement les investissements dans l’île. A ceci s’ajoute le fait que Ravalomanana est le premier entrepreneur de Madagascar (il possède une chaîne de supermarchés et des entreprises dans le secteur agroalimentaire, en plus de la radio et des télévisions), et ses usines ressentent les conséquences de la crise politique.
Les ouvriers mis en chômage technique n’ont droit ni au salaire, ni aux soins médicaux offerts par les services médicaux des entreprises. Ceci parce que, à la différence de la France, où les ouvriers en chômage technique ont droit à 60% du salaire (une indemnité payée en partie par l’État et en partie par l’usine), à Madagascar ceci n’est pas prévu par la loi. Dans la pratique, les ouvriers ont seulement comme garantie le maintien de leur poste de travail pendant 6 mois. Si après cette période l’activité productive ne reprend pas, l’employeur peut licencier l’employé, en lui payant l’indemnité du licenciement. La presse locale lance l’alarme car la limite des 6 mois est sur le point d’être dépassée et donc de nombreux ouvriers risquent d’être définitivement licenciés. Et ceci parce que différentes entreprises ont mis en chômage technique leurs employés depuis le 26 janvier, soit le premier jour des protestations lancées par Rajoelina contre le Président alors en charge, Ravalomanana.
De nombreuses familles malgaches sont ainsi forcées de vendre le peu de biens qu’elles possèdent, comme les appareils électroménagers, et surtout elles sont obligées d’avoir recours aux prêts des usuriers, qui demandent cependant un bien matériel en garantie, ce que tous ne sont pas en moyen de faire.
Pendant ce temps, le Président de la Haute Autorité de transition, Rajoelina, a entrepris un voyage à Bruxelles et à Paris pour expliquer sa propre position aux autorités de l’Union Européenne. L’Union Européenne a jugé la démission de Ravalomanana et la prise de pouvoir de Rajoelina comme un coup d’état, et elle a suspendu le démarrage de nouveaux projets de développement pour Madagascar. (L.M.)
Ce qui relaté là concerne davantage la querelle entre deux personnalités et survole la problématique sociale et économique du pays.
Le système économique de Madagascar dépend à 80% de l'informel , ce qui pose un problème au niveau de la fiscalité.
Les sociétés qui mettent la pression sur la question du licenciement sont ce qu'on appelle 'les sociétés de la zone franche' et leur participation dans le macro-économie reste très faible malgré les avantages octroyés et financés par le pouvoir publique. Elles ont aussi leur part de responsabilité dans la recherche d'issue de crise et ne doivent pas simplement brandir la menace du licenciement.
N'en demeure pas moins que, l'issue de la crise va dépendre davantage de l'offre politique portée par la nouvelle génération et non dans une démarche 'inclusive' qui ne propose que le simple retour des nostalgiques du système vomi par ce jeune peuple ; de ce fait leur démarche paraît plus à une intrusion qu'à autre chose.
c'était un coup d'état !!
par rija à 2009-07-08 04:39:22
Le fait d'envoyer des TANKs à Iavoloha et donner un ULTIMATUM au président Ravalomanana pour nous malgache est une 'menace par les armes' - ce pour cela que c'est un coup d'état.
Cette article prouve la thèse selon laquelle Vatican et la France est derrière le coup d'état contre le président démocratiquement élu Marc ravalomanana
honte à vous catholique!
honte à vous la france.
Descente en enfer prévisible
par Lalaina à 2009-07-08 06:23:23
D'aucun ne sait que la Communauté Internationale ne reconnait pas le pouvoir de la HAT, qui se vante d'être la porte-parole choisie par le peuple (ou une petite fraction du peuple!) alors que plus de 70% du budget de l'Etat sont assurés par des aides budgetaires étrangères, telles que l'UE. La HAT se prépare actuellement à recevoir le Prince Milliardaire Saoudien, un businessman de renom, qui ne sera jamais quelqu'un qui donne gratuitement et sans contrepartie! La HAT ne pourra jamais nier le risque qu'ils prennent en choisissant cette route, mais les faits & gestes, ainsi que l'ambition qu'ils ont ne leur permettront plus facilement de faire une concession. Alors qu'en ce moment, à des centaines de milliers de chômeurs s'ajouteront 100.000 autres suite à la suspension de l'AGOA (USA). Le faux-calme existant n'est que l'expression de la peur des forces spéciales ou des militaires patriotes (soit-disant) et des arrestations arbitraires ici et là. Et la population ne peut que subir l'inflation qui en suit (produits de base, produits pétroliers, la valeur de l'Ariary, l'insécurité, le chomage, ...). Comme un auteur célèbres disait : 'Quand la loi redevient celle de la jungle, c'est un honneur que d'être déclaré hors-la-loi'. C'est une nouvelle forme de 'Diviser pour régner' de la Mère Patrie (la France) qui n'admet pas qu'on touche à sa 'chasse-gardée', mais qui admet officieusement la légalité de la HAT à travers les relations médiatisées. Les Malgaches, pour l'optimiste : c'est pacifiques, pour le pessimiste : lâches!
Précisions sémantiques et socio-politiques
par Mahery à 2009-07-08 10:53:17
L'auteur voit avec effroi dans ce qu'il appelle la 'crise politique de Madagascar' une 'incertitude politique' issue d'un 'conflit politico-institutionnel entre la Haute Autorité de Transition, menée par l’ex-opposant Andry Rajoelina, et le Président démissionnaire Marc Ravalomanana'.
Il faut appeler un chat est un chat et un 'coup d'état' un 'coup d'état' ! Il n'y a pas de conflit politico-institutionnel mais une opposition irréductible entre ceux qui sont pour et contre le coup d'état militaro-civil du 17 mars 2009, entre les partisans de l'institutionnalisation a poteriori des autorités putchistes et ceux qui prônent la restauration de l'ordre constitutionnel, c'est à dire, du président de la République démocratiquement élu, Marc Ravalomanana, du Parlement et du gouvernement légal nommé par le président légal, dirigé par le premier ministre légal, Manandafy Rakotonirina. Le président Ravalomanana n'était pas démissionnaire mais a été renversé!
L'élite catholique et francophile malgache a été une composante importante de ce coup d'état. Outre Andry Rajoelina, citons Jacques Sylla, Pascal Rakotomavo, Madeleine Ramaholimihaso. Alors que près de 45 % des Malgaches ignorent l'Évangile de notre seigneur Jésus-Christ, il est regrettable que les Églises chrétiennes tant protestantes que catholiques continuent de s'investir dans la politique au lieu de remplir leur mission première, faire de ces Malgaches non-chrétiens des disciples du Christ et les baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Un rappel ferme de cette mission prioritaire à la hiérarchie catholique de Madagascar de la part de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI serait salutaire.
Les catholiques n'ont pas à avoir honte
par fafah à 2009-08-02 11:44:34
Si vraiment, les catholiques étaient pour quelque chose dans le départ ou la démission de l'ancien président Ravalomanana, ils doivent mériter un applaudissement, au contraire de ce que Rija dit. Mais les catholiques n'ont rien à voir avec le départ de ce monsieur. Sinon, comment accepter qu'un monsieur qui a tout fait pour appauvrir les Malgaches reste au pouvoir ? C'est un crime de le maintenir là, un crime contre le pays tout entier. Quelques exemples de ces méfaits : la détaxation à tout va de 2003 a fait bondir l'inflation pour la porter à 2 chiffres depuis 2004 et le résultat n'est pas beau à voir car les Malgaches sont devenus de plus en plus pauvres. Il y a aussi les monopoles de Tiko (farine, riz importé, produits laitiers, huile alimentaire etc.). Dès que Tiko a perdu de sa puissance, les prix de ces produits ont tous amorcé une baisse significative et c'est en faveur des ménages les plus vulnérables. En pleine crise, on voit baisser les prix de l'huile, des produits laitiers etc. C'est inouï ! Il y a beaucoup à dire sur les méfais que Ravalomanana a perpétrés pour détruire le pays et les Malgaches. Alors, que les catholiques ou quelques autres confessions ont participé à son départ, tant mieux. Mais je répète une fois de plus que les catholiques n'ont rien à voir avec la démission et l'exil de ce sinistre monsieur. Doit-on toujours s'accrocher aux sacro-saints principes démocratiques lorsque la population s'appauvrit, ne peut pas s'exprimer, les richesses du pays font l'objet de contrats occultes entre l'ancien président et des compagnies étrangères .... ?
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