« Une place pour la Bible dans chaque maison »
La Bible est le livre le plus imprimé et le plus lu au monde. Par ailleurs, peu de gens réalisent à quel point elle est également appréciée par les enfants et les adolescents. Les parents, désirant une éducation chrétienne pour leurs enfants, connaissent les éditions de la Bible qui s’adressent aux jeunes de façon à allumer leur curiosité.
L’une de ces Bibles rencontre un très grand succès populaire : la Bible de l’enfant,
« Dieu parle à ses enfants », de l’Aide à l’Église en Détresse (AED). Publiée pour la première fois il y a 30 ans, elle existe maintenant en 157 langues et dialectes, et a un tirage d’environ 47 millions d’exemplaires.
La publication, forte de 112 pages, contient les passages essentiels des Saintes Écritures dans un langage accessible aux enfants. Les textes des récits ont été adaptés par la théologienne allemande Eleonore Beck, et les magnifiques illustrations en couleur contenues dans le livre sont de l’artiste espagnole Miren Sorne.
La Bible de l’enfant est une initiative du fondateur de l’AED, le Père Werenfried van Straaten. En 1979, les Nations Unies ayant déclaré une « année de l’enfant », il distribua les premiers exemplaires à l’occasion de la rencontre des évêques sud-américains avec le pape Jean-Paul II, dans la ville mexicaine de Puebla. Le Père Werenfried se conforma ainsi à un souhait du Pape : apportez la Parole de Dieu aux plus faibles, les enfants, qui souffrent de la pauvreté et de la détresse dans de nombreux pays, et sont « si pauvres qu’ils ne peuvent s’offrir aucun livre », indiquait le père Werenfried.
Se nourrir de la Parole en pays de persécution : un défi et un devoir
La Bible de l’enfant veut nourrir la foi, particulièrement dans les pays où les chrétiens sont une minorité, font face à l’incompréhension, ou même rencontrent l’hostilité et la persécution. C’est le cas dans certains pays islamiques, par exemple au Pakistan, où les chrétiens de toutes les confessions sont considérés comme des citoyens de seconde classe. Bien que la loi les mette sur un même pied que leurs compatriotes musulmans, ils sont, dans les faits, tout au plus tolérés dans leur patrie.
Il y a aussi de la violence contre les chrétiens au Nigeria, l’État le plus peuplé d’Afrique ; mais ici les chrétiens ont aussi pris les armes contre les fidèles d’autres religions. L’archevêque de Jos, Mgr Ignatius Kaigama, a déclaré en octobre 2008 : « Si on en arrive à des conflits ethniques ou politiques, alors même les hommes qui partagent la Parole et l’eucharistie peuvent prendre les armes les uns contre les autres. C’est une honte. »
L’archevêque a invité fortement les chrétiens à vivre de manière conséquente : à s’efforcer d’en apprendre plus sur le prochain, à approfondir leur propre foi et à lire quotidiennement les Saintes Écritures. Celui qui agit ainsi se laisse guider par les valeurs bibliques et contribue au développement politique, social et économique. « Il devrait y avoir une place pour la Bible dans chaque maison », indique Mgr Kaigama.
Une opinion qui est également défendue par Mgr Deng Majak Rudolf, évêque de Wau au Soudan. Selon lui, la Bible de l’enfant joue un grand rôle afin de soutenir ce désir : « Le livre est une grande aide dans notre travail pastoral. Les gens, [ainsi que] nos enfants, sont carrément assoiffés de la Parole de Dieu qui sauve. Bien plus encore en ce temps d’oppression. »
Dieu parle dans la langue maternelle de chacun
Dans une lettre adressée à l’AED, Mgr Boutros Mouallem, ancien archevêque de Haïfa, de Nazareth et de Galilée, explique ainsi le succès de la publication : « À peine trois mois après la réception des 1000 Bibles de l’enfant en arabe, presque la moitié a déjà été distribuée. Il est particulièrement remarquable que les adultes et les parents s’intéressent tout autant que les enfants au petit livre - sinon plus - parce que souvent ils ne connaissent pas la Bible : ils entrent ainsi en contact avec elle pour la première fois. »
Par ailleurs, avec « Dieu parle à ses enfants », beaucoup de jeunes et d’adultes tiennent pour la toute première fois un livre dans leurs mains – et cela dans leur langue maternelle : la langue dans laquelle, enfants, ils ont appris à prier. Pour plusieurs, la petite Bible est en même temps le premier, et parfois même le seul livre de lecture ; par ailleurs, les illustrations qui accompagnent les récits bibliques sont très attrayantes auprès des plus jeunes.
Afin de la rendre davantage accessible, l’AED fait traduire « Dieu parle à ses enfants » en des langues de plus en plus nombreuses. Par exemple, en arabe ainsi qu’en d’autres dialectes qui sont usuels dans des États marqués par l’Islam ou dans des pays ayant une forte proportion de population musulmane – par exemple le Sindh et l’Ourdou au Pakistan ou le Hausa, l’Igbo, le Tiv et le Yoruba au Nigeria, ainsi que le Toposa au Soudan.
Au cours des dernières années, ce sont 2,6 millions de Bibles pour enfants qui ont été distribuées aux catholiques dans des pays à majorité musulmane. Des musulmans ont même aidé à la distribution du livre au Soudan et au Pakistan – un signe encourageant de dialogue et de tolérance.












