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Les actualités - Le Samedi 4 Septembre 2010

Revue de presse concernant la manifestation pour la vie du 14 mai 2009 à Ottawa

Par Revue de presse
Canada
Vendredi 15 Mai 2009

NDLR: Nous vous présentons ci-dessous quelques articles qui reviennent sur la marche pour la vie qui a eu lieu hier à Ottawa et qui soulignait le malheureux 40e anniversaire du Bill omnibus.

À remarquer: aucun des articles des médias francophones ne mentionne que les manifestants ont bravé la température: pluie et vents à écorner les boeufs. On ne s'entend pas non plus sur le nombre de manifestants (entre 4000 et 5000). Par contre, on fait grand état d'une autre manifestation pro-choix qui s'est tenue à Montréal avec un nombre de 100 participants seulement!

Du côté anglophone, il n'y a pas grand-chose de plus. À part le nombre de participants qui varie entre 10 000 et 12 000. À la fin de cette revue de presse, nous avons inclus l'article de Deborah Gyapong de l'agence Canadian Catholic News pour ceux qui lisent l'anglais.


Cardinal Marc Ouellet : Photo CNS

Cardinal Marc Ouellet

Photo CNS

Quelques milliers de pro-vie manifestent à Ottawa

Le Devoir, Alec Castonguay, Édition du vendredi 15 mai 2009

Ottawa - Des coalitions pro-vie de tout le pays s'étaient donné rendez-vous hier midi devant le parlement fédéral pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme un manque d'information du public en ce qui a trait à l'avortement.

Le cardinal Marc Ouellet et plusieurs députés -- presque tous conservateurs -- ont participé à l'événement, qui a rassemblé entre 3000 et 5000 personnes. «Les gens ne savent pas qu'il y a un risque à l'avortement. Il y a un manque d'information flagrant. La population ne sait pas que le statu quo n'est encadré par aucune loi et que tout est permis, même les avortements très tardifs», a dit Rod Bruinooge, député conservateur de Winnipeg-Sud et président du caucus pro-vie.

Le caucus pro-vie réunit des députés et sénateurs de tous les partis politiques fédéraux. Mais dans les faits, il est composé d'une forte majorité de conservateurs et de quelques libéraux. Le NPD et le Bloc québécois affirment qu'aucun de leurs députés n'est membre de ce caucus non partisan.

Ironiquement, alors qu'il dénonce le manque d'information et une certaine forme de «censure» qui viendrait des médias, Rod Bruinooge a refusé de dire combien le caucus pro-vie compte de membres et de quels partis politiques ils proviennent. «C'est à eux de se faire connaître s'ils le souhaitent», a-t-il dit. Ce malaise des députés à s'identifier montre bien à quel point il est difficile de s'afficher pro-vie au Canada, selon M. Bruinooge.

Le gouvernement Harper a affirmé à plusieurs reprises qu'il n'a pas l'intention de toucher au statu quo qui permet l'avortement au Canada. Rod Buinooge a dit en être bien conscient. «On se concentre sur un message général de liberté d'expression», a-t-il dit, refusant de dire s'il tente de pousser son gouvernement dans une autre direction.

Toute la journée, des porte-parole se sont relayés au micro installé devant le parlement pour haranguer la foule. Depuis que la loi omnibus a décriminalisé l'avortement, il y a 40 ans, près de 3,2 millions de bébés n'ont pas vu le jour, ont-ils notamment affirmé. Selon eux, des restrictions à cette pratique devraient s'appliquer.

«Il y a un avenir sans avortement», a déclaré Angelina Steenstra, coordonnatrice de la Silent No More Awareness Campaign, basée à Toronto. «Dès le moment de la conception, on a affaire à un humain en devenir. L'effet psychologique est dévastateur sur les femmes qui se font avorter.» Mme Steenstra, qui s'est fait avorter dans sa jeunesse, dit regretter que le gouvernement actuel juge ce sujet «trop délicat» pour s'y attaquer.

Les sondages montrent qu'une majorité de Canadiens soutient le droit à l'avortement, mais qu'une très forte minorité voudrait qu'il soit mieux encadré. Selon un coup de sonde Angus Reid effectué en juin 2008, 49 % des Canadiens estiment que l'avortement devrait rester légal en toutes circonstances, contre 42 % qui affirment que cela devrait être le cas seulement en «certaines circonstances».

Le Québec, l'Alberta, l'Ontario et la Colombie-Britannique sont les provinces les plus favorables à des avortements en toutes circonstances, alors que le Manitoba, la Saskatchewan et les provinces atlantiques sont plus tièdes.

Un droit

À Montréal, une centaine de contre-manifestantes ont souligné le 40e anniversaire du «bill Trudeau». Adopté le 14 mai 1969, le projet de loi omnibus décriminalisait l'avortement thérapeutique.

«Nous ripostons aux antichoix. Nous voulons contrebalancer [ce qu'ils disent]», a indiqué Mahée Lamoureux, porte-parole du collectif féministe pro-choix La Riposte. «Notre corps, notre choix», ont-elles martelé.

Les manifestantes, qui ont réitéré le droit des femmes à l'avortement, se disaient notamment préoccupées par une résolution du Parti conservateur qui donne le feu vert aux députés conservateurs pour présenter à la Chambre des communes des projets de loi privés comparables au projet de loi C-484 sur les enfants non encore nés victimes d'actes criminels, relégué à la corbeille lors du déclenchement de la dernière campagne électorale.

lu sur Le Devoir.com

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Le droit à l'avortement menacé, jugent des experts

La Presse, Agnès Gruda, 15 mai 2009

Quarante ans après que Pierre Elliott Trudeau eut sorti l'État des chambres à coucher et ouvert la porte à l'avortement, la menace d'un retour de balancier est plus forte que jamais, craignent plusieurs experts et groupes féministes.

«Oui, le droit à l'avortement est menacé, je suis très inquiète», dit Johanne Fillion, porte-parole de l'Association du Québec pour le planning des naissances.

Selon elle, la manifestation qui a rassemblé quelques milliers de manifestants pro-vie, hier à Ottawa, ne représente que la pointe d'un mouvement de mieux en mieux organisé et de plus en plus présent au Canada.

Les militants pro-vie sont loin de gagner toutes leurs batailles. Mais ils se battent avec de plus en plus de moyens. Depuis sept ans, des députés pro-vie libéraux et conservateurs ont déposé neuf projets de loi susceptibles de limiter le droit à l'avortement, souligne la juriste Louise Langevin. Le plus célèbre de ces projets de loi portait le numéro C-484 et s'était rendu jusqu'en deuxième lecture à la Chambre des communes.

Mais il n'y a pas que les projets de loi. Johanne Fillion énumère une série d'actions récentes signées par le mouvement pro-vie. Il y a eu les «vigiles de Carême» devant des cliniques d'avortement. La mobilisation contre l'octroi de l'Ordre du Canada au Dr Henry Morgentaler. La tentative de placarder babillards et autobus avec des photos de foetus non nés. Et une autre visant à empêcher les organisations humanitaires canadiennes de faire la promotion du planning familial à l'étranger.

Ces campagnes ont beau rater leur cible, elles sont le signe d'une montée inquiétante de la droite religieuse au Canada, dénonce Johanne Fillion.

Louise Desmarais, auteure de Mémoires d'une bataille inachevée, une histoire de l'avortement au Canada, en rajoute. Elle note qu'au Québec, l'Église catholique a cessé de s'intéresser à la question de l'avortement au début des années 80. Récemment, elle a repris sa place dans le débat. En protestant contre l'hommage au Dr Morgentaler, par exemple. Et aussi en s'associant à la manifestation pro-vie d'hier.

«La montée du conservatisme religieux remet très certainement en question le droit à l'avortement», s'inquiète-t-elle.

«Les anti-choix sont organisés au sein d'un lobby très puissant, et très bruyant. Il ne faut pas les sous-estimer», affirme Louise Langevin.

Une de ses collègues de l'Université Laval, Diane Lamoureux, s'inquiète elle aussi, au point de souhaiter que la «liberté reproductive» des femmes soit inscrite dans la Charte canadienne des droits et libertés. Selon elle, c'est la seule façon de résister aux assauts des militants pro-vie. Mais aussi d'assurer que les services d'avortement soient accessibles partout au Canada, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.

«Le lobby des intégristes chrétiens est bien placé à Ottawa, nous les surveillons de près», dit pour sa part Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Elle assure que celle-ci est prête à fourbir ses armes à la première initiative législative rappelant le projet de loi C-484.

De telles initiatives sont inévitables, prévoit Catherine Giroux, du collectif La Riposte, qui a organisé une contre-manifestation pro-choix hier à Montréal. Selon elle, le programme du Parti conservateur ouvre grande la porte à des projets de loi visant à protéger les femmes enceintes - façon détournée de s'attaquer au droit à l'avortement.

Depuis 40 ans

Le «bill omnibus» de Pierre Elliott Trudeau a reçu l'assentiment de la Chambre des communes le 14 mai 1969. Louise Desmarais enseignait ce jour-là dans une classe de fin de secondaire où la question du droit à l'avortement a soulevé des réactions timides et étonnées. «À l'époque, c'était un sujet complètement tabou», se rappelle Mme Desmarais.

Le «bill omnibus» libéralisait aussi l'homosexualité et la contraception. Son ouverture à l'avortement avait soulevé des réactions mitigées chez les féministes de l'époque.

Cette pratique restait assujettie à une série de contraintes et restrictions. Une femme désirant mettre fin à une grossesse devait obtenir l'assentiment d'un comité formé de trois médecins, par exemple. «Je refuserai de comparaître devant mes trois juges pour étaler ma misère et ma peine», avait alors clamé la journaliste Lise Payette.

Si le «bill omnibus» devait conduire «à un carnage de vies humaines» ou, dans le cas des homosexuels, à des «turpitudes sans nom, plus ignobles les unes que les autres», le gouvernement n'aurait qu'à modifier la loi, avait écrit l'éditorialiste Roger Champoux dans La Presse du 15 mai 1969.

Dans les faits, 19 ans plus tard, la Cour suprême a donné raison au Dr Henry Morgentaler et jugé que les restrictions au droit à l'avortement étaient inconstitutionnelles. Depuis, le Canada est l'un des seuls pays industrialisés à ne pas légiférer en matière d'avortement.

Courriel Pour joindre notre journaliste: agnes.gruda@lapresse.ca

Lu sur cyberpresse.ca

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Avortement: le cardinal Ouellet appelle à une nouvelle législation

La Presse, Joël-Denis Bellavance, 15 mai 2009

(Ottawa) Le Canada traverse une grave crise morale en refusant de mettre fin à l'avortement, estime le cardinal de Québec Marc Ouellet, qui dénonce du même souffle la «domination de la culture de la mort» depuis 40 ans au pays.

Alors qu'il participait à une manifestation sur la colline parlementaire visant à marquer le 40e anniversaire de la loi omnibus de Pierre Trudeau qui a décriminalisé l'avortement, le cardinal Ouellet a lancé hier un appel aux députés pour qu'ils adoptent une loi qui «protège la vie au lieu de l'éliminer».

Quelque 5000 personnes venues des quatre coins du pays ont participé à cette manifestation, «La marche nationale pour la vie», afin de réclamer une loi limitant l'avortement.

«Si notre pays est très envié dans le monde à bien des égards, il est au dernier rang pour la protection des êtres humains les plus fragiles, ceux qui ne sont pas encore nés. Nous ne pouvons pas rester silencieux devant cette injustice et cette violation du premier droit humain qui est le droit à la vie. Ce droit est bafoué chez nous plus que partout ailleurs en Occident. C'est triste, honteux et inacceptable pour la conscience morale de l'humanité et pour la réputation de notre pays», a affirmé le cardinal Ouellet à la foule.

«En tant que Canadiens, nous sommes conscients qu'un examen de conscience est nécessaire pour opérer le redressement moral qui s'impose afin de mettre fin à la domination de la culture de la mort et d'ouvrir l'avenir à la culture de la vie. Une culture de la vie qui promeut la reconnaissance de l'être humain dès le sein maternel et le respect de la vie humaine à toutes les étapes de son développement», a dit le primat.

Le gouvernement Harper a écarté l'idée de relancer le débat sur l'avortement en déposant un projet de loi sur cette épineuse question. Mais il a indiqué qu'il ne pouvait empêcher un simple député de déposer un projet de loi pour interdire ou encadrer l'avortement. Certains députés l'ont fait dans le passé, mais ces projets de loi n'ont jamais été adoptés.

Des députés ont formé un caucus pro-vie afin de relancer le débat à Ottawa. Ce groupe non partisan comprend une dizaine de députés conservateurs et une poignée de députés libéraux. Aucun député du Québec n'était présent à cette manifestation.

Le cardinal Ouellet a invité tous ceux qui croient que l'enfant à naître mérite d'être protégé à faire entendre leur voix en multipliant les pressions sur ceux qui dirigent le pays.

«Je lance un appel à nos représentants au Parlement qui ont charge d'administrer la justice et le bien commun afin qu'ils adoptent ou amendent les lois qui protègent la vie au lieu de l'éliminer. Le vide juridique en ce domaine favorise le déclin des valeurs, l'obscurcissement de la conscience morale et la prolifération de la violence. Nous le voyons dans les graves difficultés que rencontrent les éducateurs et éducatrices dans les écoles», a-t-il affirmé.

«Le temps est venu de réagir à la crise morale que traverse notre pays sur le plan des valeurs et du droit à la vie. Le temps est venu de prendre la parole et de réclamer justice pour les victimes. Le temps est venu d'agir pour un retour de la culture de la vie», a-t-il ajouté.

Interrogé au sujet de la manifestation, hier, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a affirmé que son parti appuie le droit d'une femme de choisir librement.

«Je pense que ces gens-là sont dépassés par le temps comme les réformistes en face de nous», a dit le chef bloquiste au sujet de ceux qui réclament une loi limitant le droit à l'avortement.

Lu sur cyberpresse.ca

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March for Life draws more than 12,000 to mark Omnibus Bill anniversary

Canadian Catholic News, By Deborah Gyapong, May 14, 3:58 pm

OTTAWA (CNN)—Despite driving rain and howling winds, the National March for Life May 14 drew more than 12,000 people—the largest crowd in its 12 year history, and 4,000 more than last year's record-breaking numbers.

Dubbed Exodus 2009, the March marked the 40th anniversary of Trudeau’s Omnibus Bill that decriminalized abortion, paving the way to abortion on demand.

On the steps to the Peace Tower , Cardinal Marc Ouellet, Archbishop of Quebec and Primate of Canada, called upon Parliamentarians to address the juridical void that leaves abortion permissible right through nine months of pregnancy.

He also called on all Canadians to build a culture of life that guards the family and welcomes human life. We are all responsible for the respect for human rights in our land, he said, especially the rights of the most fragile—infants in the womb, the elderly and the handicapped.

While countries are addressing a huge financial crisis, he said it is time to address the moral crisis. The time has come to find justice for victims and make a culture of life.

“The right to life is a question of justice,” said Toronto Archbishop Thomas Collins. He compared the gathering to previous movements to put an end to slavery, and to gain civil rights for black people.

“We have a right to speak in a public conversation,” he said. “We must engage in the public conversation on justice.”

Collins stressed life from conception until natural death, mentioning the growing push for euthanasia and doctor assisted suicide.

Pressure to silence pro-life voices was one of the themes of several speakers, including about a dozen members of the Parliamentary Pro-life Caucus.

“Every year they attempt to suppress us,” said Caucus chair MP Rod Bruinooge. “But 10,000 people show up on Parliament Hill to show that we are not going away.”

He said those who are uncomfortable with the pro-life position “want to suppress the truth.”

In a news conference earlier in the day, Bruinooge spoke of an “alarming increase” in cases where the pro-life groups have had their freedom of speech denied, whether through pro-life clubs being refused club status on university campuses or LifeCanada’s advertising campaign that was shut down.

Conservative MP Jeff Watson said the face of the pro-life movement is changing, witnessing a change in generations.

Born in 1971, Watson said he was the son of a teenaged girl who gave him up for adoption. “For every seven of us, three never make it out of the womb,” he said.

“My generation has paid a steep and human price,” he said.

“It is not enough to want abortion to become illegal,” he said. “We must assure that to all Canadians, abortion becomes unthinkable.”


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