Vers un moratoire sur les embryons congelés ?
Le Figaro consacre un article au "choix délicat des parents" face à leurs embryons congelés. Issus de l'Assistance médicale à la procréation (AMP), ces embryons dits "surnuméraires" étaient, selon les derniers chiffres disponibles, au nombre de 176 523 en 2006 pour 49 618 couples, ce qui représente une augmentation de 25% par rapport à 2005.
Ce "sur-stock" ne va pas sans poser de problèmes, à la fois pragmatiques et éthiques. Et ce, d'autant plus, que les parents sont de plus e plus nombreux à abandonner leurs embryons congelés au cours des cinq années de conservation prévues par la loi. Ils étaient 83 407 en 2006. Parmi ces abandons, 37 435 étaient le fruit d'un choix délibéré des parents. Restent les 45 972 autres pour lesquels les 13 263 parents ne répondent pas au formulaire annuel leur demandant quelle option ils choisissent : donner leurs embryons à la recherche (en 2006, cela concernait 9 319 embryons), les donner à d'autres couples (en 2006, ce fut le cas pour 10 239 embryons) ou les détruire (option choisie pour 17 877 embryons en 2006).
Pour le Dr Jean-Marie Kunstmann, responsable du Cecos (Centre d'études et de conservation des œufs et du sperme) à l'hôpital Cochin (Paris), outre les désaccords intraconjugaux, les séparations, les déménagements, les veuvages, un autre facteur explique ce défaut de réponse parentale : "de plus en plus de parents n'arrivent pas à se prononcer. C'est difficile, il s'agit du sort des frères et sœurs potentiels de leur enfant. La responsabilité d'une telle décision est trop lourde, ils préfèrent la laisser au Cecos".
Face à ces "choix impossibles" auxquels sont confrontés les parents, le délégué général de l'Alliance pour les droits de la vie (ADV), Tugdual Derville, estime que la science est en partie fautive en masquant "les enjeux de la congélation et les dilemmes cornéliens qu'elle pose en se présentant seulement comme la réponse concrète à leur douloureux problème de stérilité".
Or, ce problème est loin d'être résolu, les résultats de l'AMP étant meilleurs avec des embryons "frais", les candidats aux fécondations in vitro (FIV) étant de plus en plus nombreux et les parents choisissant, lorsqu'ils désirent un autre enfant, de recréer des embryons plutôt que d'utiliser leur "stock".
Depuis hier, cette question des embryons congelés fait l'objet d'une demande de moratoire pour dénoncer l'utilisation de l'embryon humain "comme matériel de laboratoire".
http://www.genethique.org/revues/revues/2009/mai/20090512.1.asp












