Une lueur d’espoir pour les catholiques
Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka, espère que la situation des Croates catholiques s’améliore en Bosnie, après qu’il ait pu réunir le mois dernier d’importants hommes politiques de la « Republika Srpska », ainsi que les représentants des autres nationalités, afin d’attirer leur attention sur les problèmes des personnes rapatriées en Bosnie-Herzégovine.
Le gouvernement fédéral de Bosnie-Herzégovine lui a récemment garanti qu’il prenait au sérieux les propositions de l’Église catholique, et qu’il voulait en tirer les conclusions que cela impliquait, a déclaré l’évêque à l’organisme international de charité catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).
Mgr Komarica réclame instamment depuis des années de l’aide et du soutien pour les réfugiés de guerre croates qui veulent rentrer dans leur patrie. Il déplore que le pays « soit devenu une maison pour personnes âgées », et qu’aujourd’hui, il n’y ait plus que 11 600 catholiques dans les trois diocèses, alors qu’ils étaient 220 000 avant la guerre. Treize ans après la guerre, peu de Croates catholiques sont rentrés chez eux, et la plupart sont d’entre eux âgés. De plus, entre-temps, beaucoup sont morts, si bien qu’à l’heure actuelle en Bosnie-Herzégovine, les catholiques sont moins nombreux que ce qu’ils étaient juste après la fin de la guerre. L’évêque espère que désormais, « les catholiques vont enfin, eux aussi, retrouver leur juste part ». Mgr Komarica estime que jusqu’à présent, aucune volonté politique ne s’est fait sentir, aussi bien dans le pays lui-même que de la part de la communauté internationale, afin d’aider au retour des réfugiés de guerre catholiques.
À peine deux pour cent de l’aide totale internationale a profité aux Croates. « Les réfugiés n’ont plus de maisons, et s’ils rentrent quand même, ils doivent souvent vivre sans eau ni électricité. Ils ne trouvent pas de travail, et la société leur fait souvent clairement sentir qu’ils sont indésirables », relate l’évêque. Il espère maintenant que les responsables politiques vont tenir leurs promesses.

Une société à réconcilier après une guerre dévastatrice.
Photo AED
Une Église qui se veut pourtant ouverte
En Bosnie-Herzégovine, l’Église catholique s’efforce, par exemple au travers des Écoles européennes (qui acceptent les écoliers de toutes les confessions et de toutes les nationalités), « de faire quelque chose pour le bien de tous les Hommes en Bosnie, et de contribuer à la réconciliation du pays », estime Mgr Komarica. L’AED soutient ce projet de réconciliation depuis déjà plusieurs années, et considère l’aide à l’Église catholique de Bosnie-Herzégovine comme une priorité en Europe de l’Est.
La guerre en Bosnie-Herzégovine a eu lieu entre 1992 et 1995, à la suite de la dislocation de la Yougoslavie. Dans le conflit, 243 000 personnes ont perdu la vie, et deux millions de personnes ont été déplacées à la suite du redécoupage de la République. En 2008, le soutien des bienfaiteurs de l’AED a permis de développer des projets pastoraux pour un total de plus de 1 700 000 dollars canadiens. (Par Eva-Marie Kolmann, AED-International)
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