Les actualités - Le Vendredi 18 Mai 2012

Benoît XVI parle du relativisme… qu’est-ce que c’est?

Gérard Desrochers, C.Ss.R.
Par Gérard Desrochers, C.Ss.R.
Canada
Vendredi 17 Avril 2009

Question: Le mot «relativisme» me paraît difficile à comprendre; c’est un mot devenu populaire. Je le vois souvent utilisé, même par le pape. Paraît-il que le relativisme représente un grave danger pour l’Église. Si c’est vrai, j’aimerais savoir en quoi consiste ce danger?

Réponse: À tous les siècles de l’histoire, l’Église a affronté des difficultés, elle a dû réfuter des erreurs, elle a semé le bon grain de la Parole de Dieu, alors que l’ennemi de tout bien jetait de l’ivraie. Ne soyons pas surpris qu’il en soit de même aujourd’hui. L’Esprit Saint nous est donné pour nous aider à trouver la vérité, le vrai chemin qu’est Jésus (Jn 14.6); il nous fait découvrir la vérité qui libère la liberté, autrement égocentrique.


Le pape Benoît XVI en compagnie du Cardinal Carlo Maria Martini : Photo CNS/L'Osservatore Romano

Le pape Benoît XVI en compagnie du Cardinal Carlo Maria Martini

Photo CNS/L'Osservatore Romano

Les menaces qui détruisent ou polluent la doctrine ont divers noms. Nous entendons parler de sécularisme, de laïcisme, d’hédonisme, de matérialisme, d’indifférentisme, d’agnosticisme, pour désigner les dangers fondamentaux, ceux de mettre de côté le Seigneur Jésus, l’Esprit Saint, la vie divine, le monde invisible.

Le pape Benoît XVI, dès le début de son pontificat, en avril 2005, résumait toutes ces forces nocives, dans l’expression «relativisme». Qu’est-ce donc que le relativisme, cette menace qui se dresse comme un spectre?

Le relativisme n’a pas surgi soudainement au temps de Benoît XVI; il existe comme une gangrène qui s’est répandue ces dernières années. Le relativisme s’oppose à l’absolu.

Le relativisme, affirmait Sean O’Malley, archevêque de Boston, est la religion des mass media et du système éducationnel. L’idolâtrie de la liberté nous conduit à la croyance que nous pouvons choisir nous-mêmes notre propre vérité, sous le fallacieux prétexte que la vérité comme un absolu est trop confinée et donc à rejeter. Nous vivons une crise de la foi. La religion est réduite à la fausse spiritualité du Nouvel Âge, à des opinions confuses et floues, à une petite voix intérieure personnelle, à un simple rituel («Catholic Register», February 2004, p. 12).

Le relativisme, qu’est-ce à dire? C’est une affirmation que toutes les religions se valent; beaucoup de gens ne savent même pas ce qui les distingue. S’il y a du bon dans les autres grandes religions, il ne faut pas conclure qu’elles sont égales. Pour le relativisme, elles le sont et rien n’est absolu et définitif.

Dans nos sociétés «relativistes», nous sommes tentés par la culture relativiste, par un style de vie complètement séculier, comme si Dieu n’existait pas.

Nous, chrétiens catholiques, nous savons au contraire que Jésus est unique, qu’il est Dieu, qu’il est notre seul Sauveur; ce qu’il nous a enseigné est absolu et ne dépend pas des pays ni des siècles. Notre foi est la même que celle de nos ancêtres. La foi ne se métamorphose pas selon les individus et les époques. Elle n’est pas une foi caméléon. Elle n’est pas relative à mon moi, à ma façon de penser et d’agir, à la façon de penser et d’agir du monde contemporain, de la majorité, des mass media, de la mode, du sécularisme ambiant. Je ne suis pas la norme de ce qu’il faut croire ou faire. Dieu est l’Absolu qui nous a parlé; la foi ne peut s’adapter aux erreurs modernes de l’avortement, de l’euthanasie ou des mariages homosexuels, ni aux pratiques comme le clonage et la recherche sur les cellules-souches embryonnaires, ces «armes de destruction massive» (Benoît XVI), etc.

Si nous nous attachons à l’absolu plutôt qu’au relatif, nous ne sommes pas pour autant des réactionnaires, nous ne sommes pas rétrogrades. Nous préservons tout simplement la pureté de la foi, qui est un don de Dieu.

Ce qui ne nous empêche pas de vivre notre foi dans la société d’aujourd’hui, une société qui évolue à un rythme accéléré. En ce sens, affirmait le cardinal Carlo Maria Martini, s.j., il existe une forme légitime de relativisme chrétien, qui nous presse de bien lire les signes du temps («The Tablet», 14 May 2005, p. 35).

Cette affirmation du cardinal Martini n’affaiblit en rien la pensée du cardinal Joseph Ratzinger, exprimée 24 heures avant son élection comme pape: la dictature du relativisme consiste à suivre sa volonté propre et à être une girouette allant dans toutes les directions selon tous les vents. À la lumière de l’éternité, tout prend sa clarté, et nous n’écoutons plus les applaudissements ou les huées, mais le Seigneur.

Dès le début du pontificat de Benoît XVI, le patriarche Alexis II, chef de l’Église orthodoxe de Russie, a fait appel aux responsables des Églises catholique et orthodoxes pour lutter contre les tendances antichrétiennes en Europe, pour qu’elles défendent les valeurs chrétiennes contre le relativisme moral.

Cette lutte pour réprimer le relativisme aura-t-elle comme effet d’être un ferment d’union entre les Églises?


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