Notre espérance devant la croix
La Parole de Dieu
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »
Évangile selon saint Marc, chapitre 15, verset 34.
La méditation
Jésus s'est identifié aux fils d'Israël au point d'assumer leur sentiment d'abandon. Il s'est reconnu en tout homme délaissé, afin que chacun ait en retour une chance, par grâce, de se reconnaître en lui. Tout homme éprouvé est concerné par le destin de Jésus, car le silence de Dieu à la croix s'accompagne d'un vaste mouvement d'abandon par les hommes : les disciples sans courage, les autorités religieuses et civiles. Ces désaffections recoupent ce que vit tout homme trahi, même s'il n'invoque pas Dieu. Dans la passion de Jésus convergent ainsi nos propres épreuves, afin que nous puissions reconnaître qu'il porte nos souffrances avec la puissance de les convertir. Cependant, le cri d'abandon ne concerne pas seulement les abandonnés, mais aussi les acteurs de ces expériences mortifères de solitude forcée. Tant les bourreaux que les victimes sont invités à reconnaître en Jésus brisé leur Sauveur. La déclaration du centurion est révélatrice : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ». Sans posséder les clés juives de l'identité du Christ, il reconnaît en lui un véritable fils de Dieu. Chez Marc, sa déclaration est même la seule réponse humaine à la révélation initiale du Père au baptême : « Tu es mon Fils bien-aimé ». Ce Romain appartient au cercle des oppresseurs ; il est pourtant retourné par le cri de Jésus. L'identification de Jésus avec l'abandonné a donc le pouvoir d'interpeller et de convertir jusqu'aux acteurs de la violence faite aux abandonnés. Telle est notre espérance devant la croix.
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