Un don contre une trahison
La Parole de Dieu
« La nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain. »
Première lettre de saint Paul aux Corinthiens, chapitre 11, verset 23.
La méditation
L'Eucharistie du Seigneur : un don contre une trahison. Aussi précaire et menacée soit sa vie, déjà livrée par l'un des siens, Jésus fait de ses derniers moments un don et un testament. Il anticipe l'offrande de son corps livré et de son sang versé, témoignant ainsi de la conversion inespérée de la violence subie en un amour sans réserve. Ce soir, les gestes de Jésus miment et dévoilent ce qu'il accomplira demain par sa propre offrande, tout fixé à la croix qu'il sera. Son corps sera livré comme il donne déjà au monde affamé l'aliment le plus nécessaire, le pain de vie ; son sang sera répandu comme il offre déjà aux vivants un breuvage de joie et de fête, le vin du royaume. Ce faisant, il se dépouille de toute parure, il se lie d'un linge de service, il s'abaisse enfin au plus bas de ses disciples pour prendre soin de leurs pieds salis et fatigués.
Les gestes de nourrir, de réjouir, de laver et de rafraîchir sont universels ; nous en avons tous besoin dans notre fragilité et nous sommes tous appelés à les poser. Or voilà précisément ce qu'il opère dans l'extrême discrétion de l'Eucharistie, donnée et répandue pour la multitude, en écho anticipé de la fécondité sans frontière de sa Pâque. Ces gestes eucharistiques demeurent pour nous un signe et un testament. Il nous enjoint de les reproduire en mémoire de lui dans la célébration eucharistique et dans le soin concret de nos frères les plus menacés.
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