Méditation du lundi 30 mars 2009
La Parole de Dieu
« Je vous en conjure, par tout ce qu'il peut y avoir d'appel pressant dans le Christ, de persuasion dans l'amour, de communion dans l'Esprit, de tendresse compatissante. »
Lettre de saint Paul aux Philippiens, chapitre 2, verset 1.
La méditation
Je ne sais plus quel philosophe reprochait au monde moderne de fabriquer des hommes « au coeur dur et à l'intelligence molle ». Et lui de souhaiter « des esprits fermes et des coeurs tendres »…
En français, le mot tendresse est celui qui permet le mieux de rendre compte du mot dont use la Bible pour désigner les sentiments de Dieu pour son peuple. Ce mot hébreu, rahamim, désigne d'abord le sein maternel, siège des sentiments de la mère pour l'enfant qu'elle a porté : ses entrailles « frémissent » pour lui. Mais c'est également vrai pour le père de l'enfant prodigue. Cela n'a rien à voir avec la pitié (c'est la traduction habituelle des Bibles modernes), parce qu'on ne saurait l'attribuer à la fiancée du Cantique des cantiques lorsque s'approche son bien-aimé (Cantique des Cantiques, chapitre 5, verset 4) !
C'est une sensibilité d'ordre musical : elle se cultive, mais elle peut surtout disparaître lorsque nous « durcissons notre coeur », « fermons notre main » comme dit le livre du Deutéronome (chapitre 15, verset 7) et « regardons méchamment » le frère qui a besoin de nous. Le contraire même de la tendresse du Christ.
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